Ce Jour-là

Convention montagnarde

Deuxième période de l'histoire de la Convention nationale (2 juin 1793 au 9 thermidor an II (27 juillet 1794)) dominée par les Montagnards

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En France, la Convention montagnarde, du 24 juin 1793 au 9 thermidor an II (27 juillet 1794), est la deuxième période de l'histoire de la Convention nationale dominée par les Montagnards après l'éviction des Girondins. La Convention nationale a été mise en place du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795, son rôle est avant tout d'édifier une nouvelle constitution. C'est la première assemblée révolutionnaire issue du suffrage universel. Elle est partagée en 3 groupes : la Gironde, la Montagne et la Plaine. Les Montagnards vont alors voter une constitution, c’est la Constitution de l'an I.

Une constitution démocratique mais jamais appliquée

Malgré la proclamation d'une Constitution très démocratique (Constitution de l'an I, 1793), les députés montagnards, sous la pression de circonstances dramatiques — insurrections fédéralistes, guerre de Vendée, échecs militaires, aggravation de la situation économique — décident d'instaurer un État d'exception révolutionnaire dont le pouvoir exécutif est exercé par le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale. L’essentiel du pouvoir est confié à une assemblée élue au suffrage universel direct. Cela donne naissance à une nouvelle déclaration des droits de l’homme et du citoyen, garantissant des droits économiques et sociaux. Toutefois, elle ne sera jamais appliquée puisque les Montagnards repoussent son application. Pour eux, elle ne peut être mise en place avant d’avoir sauvé la République. Dès lors, elle est menacée.

Les insurrections de l'été 1793

La situation devient alors très difficile. Désormais, les frontières sont menacées de toutes parts par les armées étrangères. De plus, l’insurrection vendéenne s’étend. De par la chute des Girondins, on assiste à la naissance d’une nouvelle insurrection. Celle-ci est menée par des partisans des Girondins opposés au pouvoir exercé depuis la capitale par la Convention dont ils ne reconnaissent plus l'autorité, hostiles à l'influence des sans-culottes parisiens et aux Montagnards. De nombreuses villes s'insurgent, ce dont profitent certains royalistes.

Deux décrets rendus par la Convention, le 26 juin, tous les deux d'une importance extrême, étaient demeurés inexécutés. Le premier convoquait, du 5 au 14 juillet, les citoyens réunis en assemblées primaires pour délibérer sur le projet de Constitution qui lui était annexé ; tandis que le second enjoignait aux administrateurs des départements qui auraient fédéralisé, de se rétracter dans les trois jours sous peine d'être déclarés « traîtres à la patrie ». Les commissaires voulurent attendre encore avant de les publier. Le soulèvement général des populations escompté un instant avait échoué. Dès lors, la Constitution du 6 messidor an I paraissait devoir être acceptée partout.

Le 13 juillet 1793, la jeune normande Charlotte Corday assassine Marat qui devient un véritable martyr vénéré par les révolutionnaires.

Le gouvernement révolutionnaire

Par le décret du 10 octobre 1793, la Convention confie des pouvoirs exceptionnels à un gouvernement révolutionnaire ou de salut public jusqu’à la paix (moment où il n’y aura plus aucun danger). C’est un gouvernement provisoire et d’exception au nom de l’intérêt public.

Les institutions et leur fonctionnement

Le Comité de salut public est la commission la plus importante ; c’est elle qui « dirige le pays » dans différents domaines tels que l’économie, la politique, les milieux diplomatique et militaire. Il dépend de la Convention nationale qui est chargée de nommer, tous les mois, les membres du Comité. Ce sont pratiquement toujours les mêmes, dont Robespierre, Saint-Just et Couthon.

Le Comité de sûreté générale correspond à la police. Il a pour fonction de maintenir l’ordre, d’arrêter les suspects et de les envoyer au tribunal révolutionnaire où ils sont jugés sans appel. Ses membres sont nommés par la Convention nationale. Le tribunal révolutionnaire est le principal tribunal d’exception siégeant à Paris. On y prend des mesures telles que la guillotine. Cela permet d’avoir des procédures très rapides. Cette justice est expéditive, aucune garantie n’est respectée.

Le pouvoir concentré à Paris est relayé en province par des représentants en mission et par des comités révolutionnaires, des comités de surveillance organisés par les sans-culottes. C’est un système centralisateur et répressif dans les mains d’un groupe qui agit par la force, la peur, la répression, ce qui aboutit finalement à une dictature contraire à la Constitution de l’an I. Les comités révolutionnaires et les comités de surveillance sont composés de nombreux sans-culottes qui se montrent très présents. Un comité révolutionnaire par commune délivre des certificats de civisme aux bons citoyens, partisans de la révolution. Il est chargé de repérer les suspects, de les arrêter et de surveiller le peuple.

La période dite de la « Terreur » ou de l'état d'exception

Si la Terreur n'est jamais mise à l'ordre du jour de la Convention nationale, des sans-culottes l'exigent à plusieurs reprises. Toutefois, cette option est rejetée par les conventionnels qui souhaitent contrôler le mouvement révolutionnaire parisien. Selon l'historien Jean-Clément Martin il n'y a pas eu de « système de la Terreur » mis en place par la Convention entre 1793 et 1794.

Les mesures d'exception politique sont renforcées avec des mesures économiques dirigistes furent décidées afin d'enrayer la crise (loi sur l'accaparement, loi du maximum général, taxation du prix des grains). La levée en masse, l'instauration d'un véritable service militaire obligatoire, la mobilisation de toutes les énergies en faveur d'une véritable économie de guerre (la recherche du salpêtre pour la poudre, la mobilisation des savants, le remplacement des généraux incompétents, traîtres ou récalcitrants à adopter la stratégie offensive du Comité de salut public, remplacés par de jeunes officiers issus des rangs et clairement républicains, parmi lesquels Hoche, Jourdan, Marceau, mais aussi Pichegru ou Bonaparte) assurèrent des victoires décisives aux républicains. Mais les dissensions entre les Montagnards ne tardèrent pas à apparaître.

Cette période se révèle très meurtrière. On dénombre environ :

17 000 condamnations à mort légales, dont 3 000 par le tribunal révolutionnaire ;

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