Ce Jour-là

Constantin XI Paléologue

Dernier empereur byzantin (1448-1453)

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Constantin XI (ou XII) Paléologue, dit Dragasés (en grec : Κωνσταντίνος ΙΑʹ Δραγάσης Παλαιολόγος, Kōnstantinos XI Dragasēs Palaiologos, en serbe : Konstantin XI Dragaš Paleolog), né le 8 février 1404 ou 1405 à Constantinople, et mort le 29 mai 1453 sur les murailles de la même ville, est le dernier empereur byzantin du 31 octobre 1448 au 29 mai 1453, et par conséquent le dernier empereur romain de l'Histoire.

Il est l'un des nombreux fils de Manuel II Paléologue et un représentant de la dernière dynastie régnante, au pouvoir depuis 1261. Frère cadet de Jean VIII Paléologue, il s'illustre par sa fidélité à son frère, servant de régent à plusieurs reprises et l'aidant dans certaines de ses campagnes, notamment dans le despotat de Morée. Il gouverne celui-ci à deux reprises, avec d'autres de ses frères, et tente de renforcer cette province plus florissante que la cité impériale déclinante, mais se heurte inévitablement à la puissance de l'Empire ottoman. À la mort de Jean VIII en 1448, il s'impose comme l'héritier et se rend à Constantinople. Rapidement, il est confronté à la situation dramatique de l'Empire, considérablement affaibli. Il tente de favoriser la politique d'union entre l'église de Constantinople et la papauté, pour susciter une croisade contre les Turcs, d'autant que le nouveau sultan Mehmed II a des ambitions expansionnistes affirmées dès sa prise du pouvoir en 1451. Pour autant, il ne parvient pas à susciter l'unanimité parmi ses sujets sur la question religieuse.

Bientôt, en partie par maladresse, Constantin s'attire l'hostilité du sultan et se retrouve enfermé dans Constantinople, tentant de susciter des renforts en Occident, sans grands succès. En avril 1453, il subit le dernier siège de la Constantinople byzantine, lors duquel il mène en personne la défense de la cité. Largement inférieurs en nombre malgré quelques renforts extérieurs, les assiégés résistent plusieurs semaines et Constantin refuse de quitter la ville. Finalement, Constantinople tombe le 29 mai 1453 et Constantin périt durant les derniers combats, sans que les circonstances exactes de sa mort soient connues. Par la suite, de nombreuses légendes ont émergé à son propos, qui compliquent parfois l'analyse de son règne, son statut de dernier empereur romano-byzantin et sa mort, souvent décrite comme héroïque, lui ayant conféré une aura presque mystique. À cet égard, les historiens oscillent entre la vision d'un empereur combatif mais dénué de moyens à sa disposition et celle d'un dirigeant sans réelle dimension au regard des enjeux de son temps.

Les sources à propos du règne de Constantin XI sont nombreuses et très liées aux récits relatifs à la chute de Constantinople. Son plus proche ami et conseiller, Georges Sphrantzès, est aussi l'un de ses principaux chroniqueurs. Même s'il a tendance à valoriser chacun des actes de Constantin, il livre des détails précieux sur sa biographie et son règne, à l'exception notable de la prise de Constantinople, qui fait l'objet d'un compte-rendu laconique. À ce sujet, les historiens ont longtemps exploité une version aujourd'hui considérée comme frauduleuse de la chronique de Sphrantzès, le Chronicon maius ou Chronique majeure, écrit par un certain Pseudo-Sphrantzès, identifié comme étant Macaire Mélissène, un métropolite grec du XVIe siècle. Ce texte développe des événements intervenus à l'occasion du siège, notamment les derniers instants de Constantin, qui ne se retrouvent pas dans d'autres sources et sont rejetés par les historiens les plus récents. Parmi les autres chroniqueurs grecs de l'époque, Laonicos Chalcondyle, Doukas et Critobule d'Imbros sont les plus utiles, le dernier étant devenu proche de Mehmed II, ce qui lui a permis d'accéder à des informations supplémentaires. Il a notamment fait un portrait précis, quoique certainement romancé, de Constantin et de ses qualités. Les écrits de Gennade II Scholarios, opposant à la politique d'union des Églises et premier patriarche de Constantinople à avoir été nommé par les Ottomans, peuvent aussi être mobilisés.

Tous ces hommes ont écrit sur la chute de Constantinople, mais d'autres textes sont spécifiquement consacrés à cet épisode fondamental et terminal de la vie de Constantin. Beaucoup sont originaires d'Europe de l'Ouest, en particulier d'Italie, à l'image des chroniques de Nicolò Barbaro, de Jacopo Tedaldi ou d'Ubertino Pusculus, parfois issus d'hommes d'Église comme Isidore de Kiev, relativement favorable à l'empereur, ou Léonard de Chio, très critique du manque d'empressement de Constantin à célébrer l'union avec la papauté. Des sources plus rares émanent du monde slave, comme la chronique de Constantin d'Ostrovica, janissaire serbe engagé dans l'armée turque, ou celle attribuée à Nestor Iskander, probablement russe, qui fait de Constantin un martyr de la cause orthodoxe. Toutes ces sources permettent de croiser certains événements et apportent des perspectives variées sans pour autant lever toutes les incertitudes, en particulier celles qui pèsent sur les derniers instants de Constantin. Certaines sont assez critiques des Byzantins et donc de l'empereur, d'autres plus pondérées. Les sources turques sont plus rares et souvent postérieures à 1453, mais il faut relever les écrits de Tursun Beg ou de Saad ed-Din.

Constantin est le fils de l'empereur byzantin Manuel II Paléologue et d'Hélène Dragaš, fille du prince serbe Constantin Dragaš. Il se marie deux fois : d'abord en 1428 avec Théodora Tocco (morte en 1429), fille de Léonard II Tocco, seigneur de Zante, puis le 27 juillet 1441 avec Catherine Gattilusio (morte en 1442), fille de Dorino Ier Gattilusio, seigneur de Lesbos. La date de naissance de Constantin n'est pas exactement connue. Georges Sphrantzès écrit qu'il vient au monde en 1405, mais d'autres éléments de sa chronique plaident pour 1404, notamment quand il indique qu'il meurt à 49 ans, trois mois et vingt jours. Selon Marios Philippides, la date de 1405 serait une erreur de transcription du manuscrit originel de Sphrantzès et l'année 1404 serait donc à retenir. Il est l'un des six enfants de Manuel II et le deuxième à porter le nom de Constantin, le premier étant mort jeune. Il est particulièrement proche de sa mère, au point de faire figurer son nom, Dragasès, en complément de son patronyme. Ses jeunes années sont mal connues, mais il semble avoir reçu une bonne éducation, prodiguée par la famille Sphrantzès. Gennade Scholarios loue sa culture, mais cela relève peut-être de la flatterie courtisane.

Il ne subsiste aucune description physique précise de Constantin. Les rares pièces de monnaie de son règne qui ont survécu ne livrent pas plus qu'une esquisse de portrait sans grande valeur, de même que l'image figurant dans le manuscrit Mutinensis gr. 122 composé au XVe siècle et conservé à la bibliothèque Estense. De manière générale, il est difficile d'établir le portrait et le caractère de Constantin sur la base des jugements de l'époque, souvent influencés par les circonstances de sa disparition lors de la chute de Constantinople. Constantin montre un intérêt fort pour la chose militaire, s'illustre par ses aptitudes au gouvernement et semble peu intéressé par les affaires culturelles et théologiques, à la différence d'autres empereurs avant lui. Steven Runciman le décrit comme intègre, fidèle à son frère aîné, toujours honorable dans sa conduite et capable de susciter l'affection, voire l'admiration, quand il devient empereur, bien que ses difficultés à assurer la concorde religieuse à Constantinople semblent affaiblir cette affirmation. Dans un discours aux airs d'éloge, Jean Dokeianos, un érudit de Mistra, loue les aptitudes de Constantin au combat et à la chasse, ainsi que son éducation, tout en restant très évasif. Si les qualités de stratège voire de guerrier de Constantin sont régulièrement évoquées, il demeure difficile, sur la base des faits historiques, de déceler un réel talent en la matière, à l'image de son rôle militaire relativement effacé lors du siège de Constantinople.

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