Ce Jour-là

Constantin VII Porphyrogénète

Empereur byzantin de 913 à 959

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Constantin VII Porphyrogénète (en grec : Κωνσταντίνος Ζʹ Πορφυρογέννητος, Kōnstantinos VII Porphyrogennētos), né le 3 septembre 905 à Constantinople et mort le 9 novembre 959 dans la même ville, est empereur byzantin de 913 jusqu'à sa mort, bien qu'il n'exerce effectivement le pouvoir qu'à partir de 944-945. Il appartient à la dynastie macédonienne.

Né dans un contexte de controverse religieuse sur la légitimité de l'union entre sa mère et son père, il est très tôt associé au trône. Toutefois, la mort de son père intervient alors qu'il est encore enfant, ce qui favorise la compétition pour la régence et le pouvoir. C'est l'amiral Romain Ier Lécapène qui s'impose et met en place une tutelle étroite sur le jeune Constantin. Même parvenu à la majorité, il ne peut gouverner et est cantonné à un rôle largement symbolique. Un temps concurrencé par le fils aîné de Romain, Christophe Lécapène, il finit par obtenir le pouvoir en janvier 945, après une révolution de palais qui expulse les deux autres fils de Romain, parvenus eux-mêmes au pouvoir par un coup d'état.

Durant son règne effectif, il contribue à la consolidation d'un Empire alors prospère. A l'extérieur, il s'appuie sur des généraux de premier ordre, en particulier en Orient, qui permettent à l'Empire d'envisager l'extension de ses frontières au détriment des puissances musulmanes. En Occident et dans les Balkans, il s'efforce de garder de bonnes relations avec les souverains italiens et germaniques et avec les Bulgares. A l'intérieur, il légifère dans différents domaines, en particulier celui du régime de la propriété foncière, un sujet primordial dans l'équilibre social et politique byzantin.

Surtout, son règne est souvent associé à la renaissance macédonienne, un mouvement de grande production culturelle, dont il est lui-même l'un des principaux instigateurs. Parfois dépeint comme un amoureux des arts et de la culture, au détriment de l'exercice politique du pouvoir, il est à l'origine de plusieurs ouvrages fondamentaux dans la compréhension de la civilisation byzantine, en matière d'organisation administrative, de pratiques politiques mais également de relations avec les peuples extérieurs à l'Empire. De ce fait, il est régulièrement vu comme l'incarnation de ce moment d'épanouissement intellectuel, même si les historiens modernes estiment que Constantin, tout en étant le commanditaire ou l'auteur de ces ouvrages, n'en oublie pas pour autant de gouverner l'Empire et que ces deux objectifs ne sont d'ailleurs pas incompatibles dans sa manière d'être empereur.

Le règne de Constantin VII est l'un des mieux documentés de l'histoire byzantine du Xe siècle. Les historiens disposent à la fois de chroniques narratives, de textes administratifs et diplomatiques, d'actes législatifs, de sceaux, de monnaies ainsi que d'un ensemble exceptionnel d'ouvrages produits sous le patronage direct de l'empereur et qui éclairent en partie sa personnalité autant que son règne.

Parmi les sources narratives, le recueil connu sous le nom de Théophane Continué occupe une place centrale. Composé au milieu du Xe siècle dans l'entourage impérial, il couvre l'histoire de l'Empire depuis le règne de Léon V l'Arménien jusqu'aux premières années du gouvernement personnel de Constantin VII. Son dernier livre, consacré à Basile Ier le Macédonien, constitue un véritable panégyrique dynastique destiné à légitimer la dynastie macédonienne. Cette orientation idéologique impose une lecture critique car elle implique une faible objectivité à l'égard de Constantin et de ses parents.

Le Synopsis historiarum de Jean Skylitzès, rédigé à la fin du XIe siècle, fournit quant à lui un récit détaillé des événements politiques et militaires du règne. Bien que postérieur de plus d'un siècle, il demeure l'une des principales sources narratives pour la période. Les chroniques de Jean Zonaras et de Georges Cédrène apportent des informations complémentaires, souvent issues de traditions aujourd'hui perdues. Manifestement, celles-ci sont plus hostiles envers Constantin car l'essentiel des chroniqueurs byzantins ultérieurs lui sont généralement défavorables. Ainsi, Skylitzès le décrit comme faible dans l'exercice du gouvernement mais également sévère dans sa répression, tout autant que porté sur la boisson et renonçant au mérite dans la nomination aux plus hautes fonctions. De même, Michel Psellos juge plutôt négativement son gouvernement. En revanche, les sources s'accordent à mettre en valeur sa haute culture.

Parmi les sources extérieures à l'Empire, Liutprand de Crémone, évêque et ambassadeur italien à Constantinople, est de premier ordre. Il reprend d'ailleurs l'image de l'empereur cultivé, toujours plongé dans ses livres. Les sources orientales jouent également un rôle important. Les chroniqueurs arabes, notamment Al-Mas'ûdî, Ibn Hawqal, Yahyā d'Antioche ou encore les auteurs liés aux cours hamdanides, permettent d'éclairer les relations diplomatiques et militaires entre Byzance et le monde musulman. La chronique de Michel le Syrien dénote une vision positive de cet empereur, disant de lui qu'il « était versé dans la rhétorique ; il était pacifique, et il était loué de plusieurs manières pour ses excellentes qualités ». D'autres sources plus périphériques sont mobilisables. Ainsi, pour la Rus' de Kiev, plusieurs informations proviennent de traditions slaves et de la Chronique des temps passés, rédigée au début du XIIe siècle.

Constantin VII a retenu l'attention des historiens en raison tant de l'abondance des sources utilisables pour appréhender son règne et ses réalisations que par son statut, parfois quelque peu exagéré, d'incarnation d'un âge d'or byzantin, en lien avec la renaissance macédonienne et l'expansion plus générale de l'Empire tout au long du Xe siècle. Cette association de Constantin à l'efflorescence culturelle de son siècle doit en bonne partie à l'ouvrage fondateur d'Alfred Nicolas Rambaud, l'un des premiers byzantinistes modernes, qui fait paraître L'Empire grec au dixième siècle, Constantin Porphyrogénète en 1870. Cet ouvrage constitue un événement dans la byzantinologie française alors encore naissante puisqu'il prend le contrepied de la vision alors en vogue d'un monde byzantin décadent. Malgré son titre, c'est moins une biographie de l'empereur qu'une étude plus large du Xe siècle byzantin et de son dynamisme dans de nombreux domaines. Cette perspective se retrouve dans l'ouvrage d'Arnold Toynbee, Constantine Porphyrogenitus and his World paru en 1973. Là encore, Constantin, par son règne mais surtout par les ouvrages auxquels il est associé, devient une porte d'entrée sur le monde byzantin.

L'historiographie moderne a longtemps opposé Constantin VII aux grands empereurs soldats du Xe siècle. Edward Gibbon voyait en lui un prince studieux, plus à l'aise parmi les livres qu'à la tête de l'État. Dans son Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, il écrit qu'« Il manquait de cette énergie qui eut pu le pousser à une vie active et glorieuse ; les études qui avaient amusé et honoré ses loisirs n’étaient plus compatibles avec les devoirs sérieux d’un souverain ». Cette interprétation est reprise, avec des nuances, par plusieurs historiens du XIXe siècle, jusqu'au début du XXe siècle, qui font de Constantin l'archétype du souverain érudit mais peu disposé à l'exercice du pouvoir. Georg Ostrogorsky affirme ainsi que « l'importance historique de Constantin VII n'est pas dans son action insignifiante d'homme d'État : elle est dans l'activité extrêmement intense et féconde qu'il déploya dans le domaine de la culture et de la science ». Il dit de lui qu'il vit plus dans le passé que dans le présent, n'ayant d'autre passion que l'étude et la composition d'ouvrages, ce qui expliquerait pourquoi il aurait aussi facilement accepté d'être tenu à l'écart si longtemps du gouvernement de l'Empire. Quant à Louis Bréhier, il est assez critique, y compris sur l'entreprise culturelle de l'empereur : « A la différence de Lécapène, il était peu propre à l’action et il ne pouvait d’ailleurs renoncer subitement à la vie solitaire et studieuse qu’il menait depuis si longtemps au Grand Palais [...] Un savoir aussi dispersé était forcément superficiel, comme le montrent les erreurs qu’il a commises et les fables qu’il a acceptées sans aucun sens critique », même s'il lui reconnaît son œuvre de compilation et de préservation de savoirs dispersés.

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