Ce Jour-là

Conscience

Faculté mentale de concevoir sa propre existence

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La conscience est la faculté d'un individu de se connaître dans sa propre réalité et de juger celle-ci en conséquence ; il s'agit donc aussi de cette connaissance elle-même. Le terme peut faire référence à divers concepts philosophiques et psychologiques. Il peut notamment désigner la conscience morale, la conscience de soi, la conscience phénoménale, ou un état d'éveil.

Avant le XVIIe siècle, la conscience n'a qu'une seule valeur morale en français. Et c'est seulement à partir du XVIIe siècle qu'apparaît le concept philosophique (1676, Malebranche), avec le passage de la valeur morale du bien et du mal à la valeur psychologique ou métaphysique. Arrivent alors les apports anglais (Locke) et allemands (Wolff, Kant, Hegel) au concept ; au XVIIIe siècle, le mot « conscience » passe dans l'usage au sens rousseauiste de « connaissance immédiate », intuitive ; au XIXe siècle, pour Hegel et Marx, la conscience n'est plus le fruit d'une certitude naïve, mais celui d'une médiation (conscience de classe) ; au début du XXe siècle, Sigmund Freud élabore le concept psychanalytique d'inconscient et refuse de limiter le psychisme à la conscience.

Le Petit Robert définit la conscience comme la « faculté qu'a l'homme de connaître sa propre réalité et de la juger » ou « cette connaissance » elle-même. D'après Étienne Balibar, bien qu'il ait été forgé au départ par les philosophes pour les termes anciens (en grec et en latin), le concept de « conscience » est devenu « absolument populaire, dénotant le “rapport à soi-même” de l'individu ou du groupe ». Autrement dit, le mot « conscience » renvoie à « ce que le philosophe et l'homme “du commun” ont en commun ».

« Dans les langues latines et germaniques, les principaux termes en présence dérivent du savoir » : d'un côté, on a con-scientia, conscient et conscience ; de l'autre, on a wissen (savoir en allemand), d'où Gewissen et Gewissheit, bewusst (unbewusst) et Bewusstsein, Bewusstheit, etc..

D'après le Dictionnaire historique de la langue française, la conscience n'a qu'une seule valeur morale en français avant le XVIIe siècle. La conscience en tant que concept philosophique apparaît au XVIIe siècle avec des philosophes classiques comme Malebranche.

Dans la première moitié du XXe siècle, le Vocabulaire technique et critique de la philosophie distingue les deux catégories suivantes : 1) la « conscience psychologique » (D. Bewusstsein, Selbstbewusstsein ; E. Consciousness ; I. Coscienza), 2) la « conscience morale » (D. Gewissen ; E. Conscience ; I. Coscienza). Bewusstsein (conscience psychologique) et Gewissen (conscience morale) sont distingués pour la première fois par le philosophe allemand Christian Wolff.

Selon le dictionnaire Godin, la conscience (du latin conscientia) peut faire référence à plusieurs concepts philosophiques et psychologiques.

Étienne Balibar parle de « l'invention européenne de la conscience ».

En français, « conscience » est un emprunt (vers 1165) « au latin conscientia, dérivé de conscire, de cum « avec » (→ co) et scire « savoir » (→ science), proprement « savoir en commun » ». Conscientia, qui signifie « la connaissance partagée » avec quelqu'un, correspond ainsi au grec sunneidésis, et oscille quant à son sens « entre les valeurs de “confidence” et “connivence” ».

Le mot s'étant appliqué par la suite à « la connaissance de soi-même, il a pris un sens moral ».

Avant le XVIIe siècle : valeur « morale » de la « conscience » en France

La valeur morale de « connaissance intuitive du bien et du mal » est la seule que connaisse le mot « conscience » avant le XVIIe siècle.

On retrouve ce sens dans des locutions comme :

- en conscience (1306, en leur conscience, vieilli sauf dans en leur âme et conscience)

Le mot peut contenir une insistance sur « la faculté morale en tant que pouvoir, droit d'agir selon ce jugement » (liberté de conscience : l'expression existe déjà avant 1559).

Le Dictionnaire historique de la langue française note certains emplois classiques gardant « une trace de l'ancienne localisation de la conscience dans l'estomac (lui-même souvent assimilé à la poitrine) car, dit Furetière, on se frappe l'estomac dans le repentir, le remords » : la locution mettre la main à la conscience (1673, Molière) renvoie à un geste culturel, ainsi que (se) mettre un verre de vin sur la conscience (1690)

Pris au sens collectif, il exprime « l'ensemble des opinions morales d'une société (1721, conscience publique) ».

Quand le sens moral s'applique aux obligations religieuses et professionnelles, on parle de conscience professionnelle, tandis que dans le cas particulier de l'imprimerie, on parle d'un travail de conscience.

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