La Conférence des Nations unies sur le développement durable 2012, dite Rio+20, a eu lieu du 20 au 22 juin 2012 au Brésil. Elle est dans la continuité du Sommet de Rio de 1992, dont elle marquait le vingtième anniversaire. Quatre-vingt-dix chefs d’États et de gouvernements participent à la Conférence de Rio, notamment différents acteurs aux différents niveaux décisionnaires, comme les collectivités territoriales, les entreprises, et les associations. Convoquée par la soixante-quatrième Assemblée générale des Nations unies, elle devait porter sur deux thèmes, à savoir « l'économie verte dans le contexte du développement durable et de l'éradication de la pauvreté » et le « cadre institutionnel du développement durable ». Cependant, très tôt dans les négociations, des divergences apparemment insurmontables sont apparues sur les deux thèmes de la conférence, de sorte que le principal résultat de ce « Sommet de la Terre » est plutôt le lancement d'un processus devant conduire à l'établissement d’Objectifs du développement durable (ODD). Les ODD (Objectifs du développement durable), venant remplacer dans l’année 2015 les objectifs du millénaire, constituent un des enjeux de la conférence. Ces ODD sont constitués d’une sécurité alimentaire, des océans, de villes, d’énergie, des emplois verts, dont les contenus et objectifs seront ultérieurement discutés. La Conférence Rio +20 ne se termine pas sur des engagements classiques ou contraignants mais plutôt vers une déclaration élaborée à partir de textes négociés (« circonstances nationales particulières Le futur que nous voulons… » ) depuis plusieurs mois.
Elle a réuni plus de 45 000 participants issus de 188 pays. Plusieurs dirigeants mondiaux ont toutefois brillé par leur absence, dont Barack Obama (États-Unis), Angela Merkel (Allemagne) et David Cameron (Royaume-Uni).
Le secrétaire général de la CNUDD était le diplomate chinois Sha Zukang (en), aussi secrétaire général adjoint au Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES).
Le document de résultats de Rio +20 a été adopté la veille du début officiel de Rio 20, le mardi 19 juin, ce qui est peu commun dans les négociations multilatérales où les délégués sont rarement en mesure de transmettre un texte sans crochets aux chefs d'État et de gouvernement.
Le document de résultats de Rio +20, intitulé « L'avenir que nous voulons », réitère les engagements des sommets antérieurs et réalise diverses avancées, bien que plusieurs décisions ait été renvoyées aux prochaines sessions de l'Assemblée générale des Nations unies. Voici les principaux résultats de Rio +20 :
lancement d'un processus devant conduire à l’établissement d’Objectifs du développement durable (ODD) susceptible de remplacer les Objectifs du millénaire pour le développement ;
création d'un « forum de haut niveau » chargé de veiller au suivi du développement durable ;
renforcement du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et élargissement de son mandat ;
définition de l’économie verte (et surtout, de ce qu'elle n'est pas) ;
adoption du Cadre décennal de programmation sur les modes de consommation et de production durables (10YFP) ;
amorce d'un processus sur la soutenabilité des entreprises ;
démarrage d'un processus pour mesurer la prospérité et le bien-être au-delà du PIB ;
reconnaissance du rôle des autorités infra-nationales ;
mise en place d'un registre des engagements volontaires.
Sur les ODD, le document convient de la nécessité d'accélérer les efforts pour mettre en œuvre les engagements antérieurs.
La gouvernance de la haute mer est mise de l'avant« nous nous engageons à protéger et à régénérer la santé, la productivité et la résilience des océans et des écosystèmes marins, et à maintenir leur biodiversité en assurant leur conservation et leur exploitation durable pour les générations actuelles et futures. Nous nous engageons aussi à appliquer efficacement une démarche écosystémique et l’approche de précaution dans la gestion des activités influant sur le milieu marin, dans le respect du droit international, afin de tenir les engagements pris concernant les trois dimensions du développement durable », mais sans calendrier ni décision de révision du droit maritime pour la haute-mer.
La déclaration encourage les entreprises cotées en bourse et les multinationales à étudier la possibilité d’insérer des informations sur la soutenabilité de leurs activités dans leurs rapports périodiques.
L'économie verte est présentée comme un moyen de « contribuer à combler les différences technologiques entre pays développés et en développement », qui ne doit cependant pas « imposer des règles rigides », qui doit « respecter la souveraineté nationale de chaque pays », sans constituer « un moyen de discrimination » ni « une restriction déguisée au commerce international ».