Le concile de Chalcédoine (en latin : concilium Chalcedonense ; en grec ancien : Σύνοδος τῆς Χαλκηδόνος) est le quatrième concile œcuménique du christianisme. Il a eu lieu du 8 octobre au 1er novembre 451 dans l'église Sainte-Euphémie de la ville éponyme, située aujourd'hui à Istanbul.
Convoqué par l'empereur byzantin Marcien et son épouse l'impératrice Pulchérie, le concile réunit 343 évêques, ce qui est exceptionnel. Seuls quatre d'entre eux viennent d'Occident. Dans la continuité des conciles précédents, il récuse en particulier le monophysisme. Il distingue la nature (physis) de l'hypostase et de la personne, distinction qui permet de dire en quel sens le Christ est un et en quel sens il est deux.
Ses principales conclusions, résumées dans le symbole de Chalcédoine, définissent le dyophysisme, c'est-à-dire les deux natures du Christ, vrai Dieu et vrai homme, parfait dans sa divinité comme dans son humanité. Elles marquent une étape essentielle dans le domaine de la christologie et sont acceptées, encore aujourd'hui, par les trois principales confessions chrétiennes : les orthodoxes, les catholiques et les protestants.
Les chrétiens antéchalcédoniens (ou préchalcédoniens), miaphysites, rejettent l'intégralité du concile, produisant ce qui forme les Églises des trois conciles.
Réuni à partir du 8 octobre 451 en l'église Sainte-Euphémie de Chalcédoine, située aujourd'hui à Kadıköy, un quartier de la rive asiatique d'Istanbul, le concile rassemble 343 évêques dont quatre seulement viennent d'Occident. Il traite de diverses questions christologiques et condamne en particulier le monophysisme d'Eutychès sur la base de la lettre de l'évêque de Rome Léon le Grand intitulée Tome à Flavien et adressée au patriarche Flavien de Constantinople pour le soutenir dans sa condamnation d'Eutychès.
Le concile a aussi légiféré sur des questions d'organisation de l'Église. Ainsi le canon 2 considère que les ordinations de prêtres obtenues contre de l'argent sont nulles et prévoit que l'évêque qui en est responsable soit déposé.
Léon le Grand refuse d'accepter le vingt-huitième canon du concile qui, en attribuant à la ville de Constantinople le titre de « Nouvelle Rome », lui accordait de ce fait la primauté sur les autres patriarcats.
À la première séance, le 8 octobre, les légats romains demandent la mise en accusation de Dioscore d'Alexandrie. Il est procédé au réexamen des actes du Deuxième concile d'Éphèse. Flavien de Constantinople est réhabilité.
Le 13 octobre, Dioscore d'Alexandrie est cité, sans succès, à comparaître. Il est déposé pour avoir excommunié le pape et le patriarche de Constantinople, avoir organisé un faux concile, avoir reçu Eutychès dans sa communion, avoir refusé de comparaître, et être coupable de la mort de Flavien de Constantinople.
Le 17 octobre, à la demande des commissaires impériaux, le concile proclame à l'unanimité la conformité du Tome de Léon avec le symbole de Nicée-Constantinople, après que les évêques d'Illyrie et de Palestine, jusqu'alors réticents, ont publiquement manifesté leur adhésion.
À la séance du 22 octobre, le concile entreprend l'élaboration de la définition de la foi. Un projet est présenté par Anatole de Constantinople. Il suscite l'opposition des légats romains qui menacent de repartir en Italie si le Tome de Léon ne figure pas dans le symbole. Pour éviter la rupture, une commission est constituée, sur proposition des commissaires impériaux. Elle réunit, autour d'Anatole de Constantinople et des trois légats romains, divers évêques. Elle aboutit à une définition de la foi, unanimement approuvée et promulguée officiellement lors de la séance solennelle, tenue en présence de Marcien, le 25 octobre.
Le concile s'efforce de régler des conflits de juridiction entre les sièges de Tyr et de Béryte, entre ceux de Nicomédie et de Nicée et, surtout, entre ceux d'Antioche et de Jérusalem auquel il reconnaît, le 26 octobre, l'autorité sur les trois Palestines.
Le 29 octobre, en l'absence des légats romains, le concile définit les privilèges du siège de Constantinople. Il lui reconnaît la deuxième place, après Rome, avec juridiction sur les diocèses du Pont, d'Asie et de Thrace. La décision est vivement contestée par les légats romains dès le 30 octobre.
Profession de foi de Chalcédoine
5e session, 22 octobre 451, symbole de Chalcédoine[Quoi ?]
Un premier projet de définition avait été préparé le 21 octobre 451 par une commission réunie chez Anatole de Constantinople. Son texte n'est pas conservé, mais les débats de la séance suivante en établissent deux caractéristiques : il portait la formule « à partir de deux natures » (grec ancien : ἐκ δύο φύσεων) et ne reprenait aucun des passages décisifs du Tome de Léon.
Lu en ouverture de la cinquième session, le 22 octobre, il rencontre l'opposition des légats romains et de quelques évêques orientaux. Anatole se prévaut de l'accord obtenu la veille ; les légats répliquent qu'à défaut d'accord sur la lettre de Léon, ils rentreront en Italie et que le concile se tiendra en Occident. Les commissaires impériaux dénouent la crise par un argument de cohérence : Dioscore a déclaré condamner Flavien pour avoir parlé de deux natures, et accepter pour sa part « à partir de deux natures » ; adopter cette formule reviendrait pour le concile à révoquer la condamnation qu'il vient de prononcer.
L'empereur, saisi des protestations, impose alors la constitution d'une commission restreinte, réunie dans l'oratoire de Sainte-Euphémie : les commissaires impériaux, Anatole, les quatre représentants du siège de Rome — Paschasinus, Lucensius, le prêtre Boniface et Julien de Cos —, et une vingtaine d'évêques répartis entre les diocèses d'Antioche, du Pont, d'Asie, de Thrace et d'Illyrie. C'est ce collège qui rédige le texte définitif, adopté le 25 octobre en présence de Marcien.