Ce Jour-là

Concert des Beatles sur le toit

Dernière représentation musicale des Beatles

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Le concert des Beatles sur le toit (The Rooftop Concert) est la dernière prestation musicale live du groupe. L'événement a lieu le 30 janvier 1969 à Savile Row sur le toit des studios Apple Corps, à Londres. Conçu pour être la première apparition des Beatles devant un public depuis août 1966, le projet a lieu dans un contexte d'instabilité pour le groupe.

En effet, les séances d'enregistrement de l'Album blanc, qui se sont étalées sur six mois entre mai et novembre 1968, ont été la cause de nombreuses querelles entre les musiciens. La mort du manager Brian Epstein, l'année précédente, a profondément marqué le quatuor, qui souffre d'un manque de leadership. Paul McCartney assure ce rôle malgré lui, alors que John Lennon se désintéresse de la formation, préférant se concentrer sur son idylle avec Yoko Ono. George Harrison, pour sa part, est de plus en plus agacé par sa position par rapport au tandem de compositeurs Lennon/McCartney et son impossibilité de placer les nombreuses chansons qu'il compose alors.

Dans le but de ressouder le groupe, Paul McCartney suggère d'organiser un concert filmé par une équipe de télévision dans les conditions du direct devant un public, prévu pour le 18 janvier 1969. Un documentaire sur les répétitions est également prévu, l'ensemble étant réalisé par Michael Lindsay-Hogg. Cependant, alors que les Beatles répètent les nouvelles chansons aux Twickenham Film Studios dès le 2 janvier 1969 dans une ambiance difficile, mais particulièrement productive d'un point de vue musical, George Harrison quitte ses camarades le 10 janvier.

De nouveau réunis quelques jours plus tard, les Fab Four investissent le studio d'Apple Corps à Savile Row, accompagnés du claviériste Billy Preston, dont la présence et le jeu renforcent la cohésion. Après avoir évoqué de nombreux lieux pour la tenue du concert, le groupe décide d'effectuer la représentation tout simplement sur le toit de leur immeuble. L'événement débute à la mi-journée du 30 janvier 1969, et provoque la stupéfaction des Londoniens présents. L'intervention de la police met fin au concert, qui dure en tout 42 minutes, mais aucune arrestation n'a lieu. Le lendemain, le tournage se termine avec l'enregistrement en studio des chansons Let It Be, The Long and Winding Road et Two of Us. Le projet est alors mis en veilleuse pour plusieurs mois.

Le concert sur le toit est devenu un événement majeur de l'histoire des Beatles. La formation cesse d'exister en septembre de la même année après l'enregistrement et la sortie de l'album Abbey Road, lorsque John Lennon annonce son départ définitif à ses camarades. La séparation n'est toutefois officialisée que quelques mois plus tard, le 10 avril 1970, par Paul McCartney.

Les enregistrements de I've Got a Feeling, One After 909 et Dig a Pony, effectués sur le toit, figurent sur l'album Let It Be. Les Beatles n'existent plus lorsque ce disque, finalisé par Phil Spector, paraît en mai 1970 simultanément au film homonyme qui présente des passages du concert. Resté inaccessible dans sa totalité, celui-ci est montré en intégralité cinquante-deux ans plus tard dans le documentaire The Beatles: Get Back réalisé par Peter Jackson et diffusé en trois parties à partir du 25 novembre 2021 et offert en streaming audio depuis le 30 janvier 2022.

L'événement occupe une place importante dans l'histoire du rock. Sa tenue a influencé de nombreux groupes, qui ont effectué des représentations similaires. Le concert fait également partie de la culture populaire, étant régulièrement cité ou parodié dans plusieurs films et séries.

En novembre 1968, les Beatles publient l'Album blanc, composé d'une trentaine de chansons élaborées durant leur séjour en Inde. Le groupe sort ainsi d'une période éprouvante de six mois d'enregistrement aux studios Abbey Road, au cours de laquelle les tensions entre les musiciens sont vives. La mort du manager Brian Epstein, l'année précédente, semble avoir brisé la cohésion du groupe. Ringo Starr le quitte même provisoirement en août 1968 à la suite d'une dispute avec Paul McCartney à propos de son jeu sur Back in the U.S.S.R.. George Harrison souffre pour sa part d'un manque de considération de la part de ses partenaires en tant qu'auteur-compositeur.

John Lennon se désintéresse de plus en plus du groupe à la suite de son idylle avec Yoko Ono, et accuse une addiction à l'héroïne. La présence constante d'Ono durant les répétitions crée un malaise entre elle et les autres musiciens. Paul McCartney déclare à ce sujet : « On avait l'impression d'être ses courtisans, c'était horriblement gênant. Il y a eu beaucoup de tensions pendant l'élaboration de l'Album blanc. ». Le bassiste essaie tant bien que mal d'assurer l'équilibre du groupe en se montrant directif, ce qui agace particulièrement Lennon et Harrison.

Le personnel technique prend également ses distances puisque le producteur George Martin s'octroie plusieurs semaines de congés et l'ingénieur du son Geoff Emerick, qui travaille avec le groupe depuis 1966, claque la porte des studios. Malgré ce contexte, l'Album blanc se caractérise par des compositions acoustiques de qualité et sa sortie s'avère être un grand succès commercial. Alors que le groupe semble au bord de l'éclatement, Paul McCartney a une idée qu'il soumet à ses collègues : remonter sur scène afin de renforcer leurs liens et y interpréter quelques chansons de leur dernier album permettant ainsi la promotion de leur album double. Comme le spectacle ne peut être organisé assez rapidement, le groupe décide alors de créer de nouvelles chansons pour un album enregistré live lors d'un seul et unique concert, filmé par une équipe de télévision. L'objectif est de réunir les quatre musiciens pour faire ce qu'ils font le mieux : jouer du rock 'n' roll dans les conditions du direct, et tourner en parallèle un documentaire sur les répétitions. « L'idée était de montrer les Beatles en train de répéter, de jammer, de mettre au point leur numéro, de se produire enfin quelque part, au cours d'un grand concert final, » déclare Paul McCartney. Le tournage du projet doit débuter le 2 janvier 1969 aux Twickenham Film Studios de Londres, sous la direction du réalisateur Michael Lindsay-Hogg, et se terminer au plus tard à la fin du mois, car Ringo Starr doit jouer dans le film The Magic Christian.

Répétitions aux Twickenham Film Studios

Les Beatles investissent les studios à la date prévue avec l'ensemble des équipes techniques. Ils sont accompagnés par Mal Evans, leur assistant et road manager, Kevin Harrington, leur coursier, tandis que le producteur George Martin se montre relativement en retrait du projet. Neil Aspinall, directeur général d'Apple Corps et Denis O'Dell, directeur de la branche d'Apple Films sont également présents par intermittence. Le groupe se donne un délai de deux semaines pour écrire, composer et finaliser les nouvelles chansons destinées à être jouées durant le concert. L'événement est prévu pour le 18 janvier ; le groupe change ses horaires de travail habituels et est censé commencer les répétitions tous les matins à 10 h, une heure et demie après l'installation du personnel de télévision. Deux caméras filment les musiciens qui se font face au sein de l'immense studio.

Après avoir présenté l'ébauche de deux nouvelles chansons, I've Got a Feeling et Dig a Pony, le groupe aborde de nouveau le thème du concert, émettant l'idée de l'effectuer au théâtre antique de Sabratha, en Libye. « Un son capté en plein air, c'est fantastique, » déclare Glyn Johns, le nouvel ingénieur du son qui accompagne le groupe. « Je vois déjà deux mille Arabes, éclairés à la torche, avec plein d'amis autour. Je crois que c'est le lieu qui convient. », ajoute le réalisateur Michael Lindsay-Hogg. Les Beatles répètent Don't Let Me Down et une ancienne composition, One After 909, avant d'évoquer l'idée de reprendre « leurs bons vieux succès d'autrefois pour ce show ». La chanson Get Back est créée de toutes pièces sur place. Malgré les innombrables discussions et le fait que le groupe n'arrive pas à se mettre d'accord sur la finalité de son projet, les sessions aux Twickenham Film Studios sont particulièrement productives, puisque les Beatles y répètent tous les nouveaux titres apportés par Paul McCartney, John Lennon et George Harrison. Ces chansons figureront sur des singles, les albums Let It Be et Abbey Road, ainsi que sur les albums solos que les trois musiciens publieront après leur séparation. « On n'a jamais répété autant de chansons à la fois ! », remarque d'ailleurs John Lennon, tandis que Paul McCartney note, compte tenu des délais impartis, « On est toujours meilleurs quand on a le dos au mur ».

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