Un compositeur ou une compositrice est une personne qui écrit de la musique. La plupart des compositeurs de musique sont également instrumentistes. La fonction du compositeur est donc d'organiser des rapports entre des sons, enchâssés en une structure globale, en travaillant en accord avec les règles d'une théorie musicale, et en vue de produire une entité nommée œuvre musicale.
Le compositeur est amené à s'appuyer sur différentes règles de composition associées au genre musical pour lequel il écrit. Ces règles diffèrent en nombre, en complexité et en formalisme selon les langages musicaux (jazz, musique classique…). Il s'agit de guides plus que d'obligations absolues — la composition est dite libre quel que soit le langage. Ces règles évoluent au fil du temps en fonction de la façon dont elles sont utilisées par les compositeurs.
En 2025, BBC Music Magazine effectue un sondage auprès de compositeurs d'envergure afin de déterminer une liste des « meilleurs compositeurs de tous les temps » ; le top 10 est composé de Jean-Sébastien Bach, Ludwig van Beethoven, Wolfgang Amadeus Mozart, Igor Stravinsky, Claude Debussy, Gustav Mahler, Franz Schubert, Richard Wagner, Johannes Brahms et Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Composition, interprétation et improvisation
Dans l'acception traditionnelle du concept de compositeur, l'œuvre musicale voulue par ce dernier est nécessairement un « acte différé ». En ce sens, le compositeur s'oppose au musicien improvisateur, lequel pense et exécute sa pensée musicale de manière quasiment instantanée.
Cependant, cet antagonisme « composition / improvisation » n'est pas aussi tranché. Il arrive par exemple que des passages réservés à l'improvisation soient ménagés dans les partitions classiques (voir l'article Cadenza).
Liberté relative de l'interprète
Au moment de l'exécution musicale, l'interprète peut manifester une grande part d'invention personnelle et d'improvisation par rapport à la composition initiale. Par exemple : basse chiffrée en musique baroque, cadences évoquées plus haut, improvisations autour d'un thème, en jazz, en blues.
Dans le cas de la musique écrite sur partition, des signes et annotations permettent au musicien interprète de déterminer la marge de liberté d'interprétation laissée par le compositeur. Par exemple, pour l'interprète, une broderie explicitement notée est beaucoup plus contraignante qu'un mordant.
Les fonctions respectives de compositeur et d'interprète sont distinctes et complémentaires. Un seul et même musicien peut cependant tenir ces deux rôles. Dans cette hypothèse, la frontière entre improvisation et interprétation est encore plus difficile à déterminer.
C'est par exemple le cas chez des compositeurs tels que Mozart, Chopin, Paganini, Liszt, Busoni, Prokofiev, Enesco ou Rachmaninov qui jouaient leurs œuvres en public. C'est également le cas des compositeurs-interprètes de free jazz, susceptibles d'improviser tous les aspects musicaux de leurs performances.
Dans le cas de la musique savante occidentale (ou musique classique) on observe toutefois une dissociation de la fonction de compositeur et d'interprète chez les musiciens à partir du XIXe siècle. Ce phénomène est allé en s'accroissant tout au long du siècle de l'industrie pour des raisons structurelles :
Les conditions d'exercice de ces deux activités vont pousser à une séparation de plus en plus prononcée car les rythmes et conditions de travail entre un interprète devant se produire devant des auditoires et voyageant constamment et un compositeur réalisant des créations individuellement dans une certaine solitude sont contradictoires ;
Au tournant du XXe siècle, les interprètes puisent largement dans la musique de répertoire (œuvres composées antérieurement, principalement aux XVIIIe et XIXe siècles) tandis que les compositeurs quant à eux peuvent se faire jouer par des musiciens reconnus comme « grands interprètes » et qu'ils estiment mieux placés qu'eux-mêmes pour les défendre.
Ainsi, des Debussy, Ravel, Albeniz, Séverac ou Stravinsky, pour ne prendre que quelques exemples de musiciens séjournant à Paris à la Belle Époque, confient l'essentiel de leurs pages aux interprètes les plus en vue et à même de défendre leurs œuvres (Le Sacre du Printemps ou Daphnis et Chloé lors de leurs créations sont dirigés par Pierre Monteux, un des chefs attitrés aux Ballets russes). Une enquête effectuée par la revue Le Monde musical auprès de ses lecteurs sur les compositeurs les plus célèbres, illustre les goûts musicaux des Français en 1900 : des 502 réponses reçues, les préférences qui se dégagent sont Beethoven, Mozart, Bach, Wagner, Haydn, Schumann, Mendelssohn, Berlioz, Chopin, Gounod. « L'attachement aux compositeurs disparus y est patent » écrit Danièle Pistone (voir « Notes et références »).
« L’avant-garde, quand elle ne fait pas scandale, se trouve de plus en plus marginalisée aux yeux de la majorité du public des concerts et des théâtres lyriques (avec bien sûr des exceptions). Au sein même de la communauté musicale, les choix esthétiques de ceux qui incarnent l'avant-garde font débat. Pour Saint-Saëns que la musique du Prélude à l'après-midi d'un faune n’a pas convaincu « nous entrons dans l’ère du charivari […] on n'y trouve pas la moindre idée musicale ». Fauré ne se fera pas davantage à certaines « avancées » esthétiques lorsqu’il écrit à propos du Pelléas et Mélisande de Debussy : « si c’est ça de la musique, alors je ne sais pas ce qu’est la musique », au grand désappointement d'ailleurs de la princesse de Polignac qui demeure, elle, dans l’incompréhension totale des raisons de l’échec de cet ouvrage qu'elle apprécie tant. »
Un autre exemple emblématique de cette avant-garde qui se met progressivement en rupture avec le public de la musique savante est sans doute Le Sacre du printemps de Stravinsky (musique de ballet) dont la première à Paris déclencha une violente polémique.
Le compositeur à la télévision et au cinéma