Ce Jour-là

Compagnon de la Libération

Récipiendaires de la croix de l'ordre de la Libération

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Un compagnon de la Libération est un membre de l'ordre de la Libération, créé le 16 novembre 1940 par le général de Gaulle en tant que « chef des Français libres » pour « récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de libération de la France et de son empire » durant la Seconde Guerre mondiale.

Mille trente-huit personnes, cinq communes et dix-huit unités combattantes ont ainsi été nommées compagnons de la Libération. Parmi ces 1 038 compagnons, 271 l'ont été à titre posthume, 60 n'étaient pas des Français au moment de leur nomination et 6 sont des femmes.

L'ordre est forclos depuis 1946, et seules 1 061 croix de compagnons ont été accordées.

L'ordre s'est officiellement éteint à la suite de la disparition du dernier compagnon de la Libération Hubert Germain le 12 octobre 2021 à l'âge de 101 ans.

Dans l'ordre de préséance des décorations en France, la croix de la Libération est portée immédiatement après la Légion d'honneur et avant la médaille militaire.

Le titre de compagnon de la Libération a été décerné pour récompenser les personnes, les unités militaires et les collectivités civiles se signalant dans l'œuvre de libération de la France et de son empire, d'après l'article 1er de l'ordonnance du 16 novembre 1940 qui a créé l'ordre.

Ainsi, 1 038 personnes, cinq communes (Paris, Île-de-Sein, Nantes, Grenoble et Vassieux-en-Vercors) mais aussi dix-huit unités combattantes dont deux bâtiments de guerre comptent au nombre des compagnons de la Libération lors de la signature du décret de forclusion de l'ordre de la Libération, soit le 23 janvier 1946. Parmi les 1 038 compagnons, 271 ont été nommés à titre posthume. Le plus jeune, mort à 14 ans, est Mathurin Henrio.

Soixante-treize étrangers ou Français nés étrangers, de 25 nationalités différentes, ont été faits compagnons. Parmi les plus célèbres, on peut citer Dwight D. Eisenhower, le roi Mohammed V du Maroc. Le roi du Royaume-Uni George VI et Winston Churchill sont décorés après la forclusion de l'ordre.

Le 12 octobre 2021, Florence Parly, ministre des Armées, annonce au Sénat la disparition d'Hubert Germain, ultime compagnon survivant depuis la mort de Daniel Cordier en novembre 2020. À ce titre, il est inhumé dans la crypte du mémorial de la France combattante au mont Valérien le 11 novembre 2021.

Si l'ensemble des histoires des compagnons représente assez bien l'histoire de la France libre, de la résistance intérieure française et de l'armée française de la Libération, on constate toutefois que les différentes catégories ne sont pas représentées dans des proportions conformes à leur participation réelle. Les circonstances, les difficultés de l'époque pour connaître l'action réelle de la résistance, les critères du général de Gaulle et son départ rapide du pouvoir en 1946, expliquent probablement ce fait.

Sur les 1 038 compagnons on ne compte que six femmes, ce qui est très en deçà de leur proportion dans les rangs de la Résistance. La résistance intérieure est de même sous-représentée par rapport à la France libre qui représente les trois quarts des décorés. Le général de Gaulle a en effet d'abord commencé par décorer des combattants et des agents que lui ou ses proches connaissaient ; ses contacts avec les autres composantes de la résistance intérieure française ne se sont vraiment noués que vers 1942, période qui vit l'unification de celle-ci sous l'égide de Londres par Jean Moulin. De surcroît, dans l'opacité de la lutte clandestine, les chefs des mouvements avaient plus de difficultés à repérer des patriotes les plus méritants pour les proposer pour des décorations, alors que les combattants des FFL se battaient généralement au grand jour. En principe, chaque mouvement de la résistance intérieure disposait de deux croix. Mais un certain nombre de chefs ou de hautes figures des mouvements de résistance n'ont jamais reçu celle-ci, par exemple les époux Raymond et Lucie Aubrac ou les fondateurs du mouvement « Défense de la France ». Même d'indéfectibles soutiens du général de Gaulle tels Philippe Peschaud ou plus tardifs comme Michel Debré, n'ont pas été faits compagnons, parfois au grand dam du général.

Bien que Philippe de Gaulle ait rejoint son père dès le lendemain de son célèbre appel, le 19 juin 1940, sans d'ailleurs avoir entendu celui-ci, il ne sera jamais nommé membre de l'ordre de la Libération et c'est Hubert Germain décédé en octobre 2021, qui est le dernier représentant des compagnons de la Libération.

On peut également remarquer que les maréchaux Jean de Lattre de Tassigny, Philippe Leclerc de Hauteclocque et Pierre Kœnig sont compagnons alors que le maréchal Juin ne l'est pas.

10% des compagnons de la Libération n'avaient pas vingt ans au début de la guerre, en 1939.

Liste des compagnons de la Libération

Les six femmes compagnons sont :

Les cinq « collectivités civiles » décorées sont les communes de :

Nantes par décret du 11 novembre 1941 ;

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