Ce Jour-là

Compagnie néerlandaise des Indes orientales

Compagnie commerciale et coloniale néerlandaise (1602-1799)

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La Compagnie néerlandaise des Indes orientales, dont le nom officiel d'origine est Vereenigde Oostindische Compagnie (en néerlandais actuel Verenigde Oost-Indische Compagnie) ou VOC (littéralement : « Compagnie unie des Indes orientales »), est une compagnie exotique de commerce créée en 1602 par la république des Sept Provinces-Unies des Pays-Bas. Elle est dissoute en 1799, après la transformation des Provinces-Unies en République batave (1795), à l'époque de la Révolution française.

La VOC est dotée aux Provinces-Unies du monopole du commerce avec les Indes orientales (l'Asie et l'océan Indien). En 1621 est créée la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, dont le ressort est l'Amérique, mais dont le succès sera moindre.

En Asie, la VOC se heurte à la présence politique et économique du Portugal, implanté ici depuis le voyage de Vasco de Gama en 1498. C'est donc à ses dépens qu'elle construit son empire, dont le cœur est Batavia (aujourd'hui Jakarta) à partir de 1619. Par la suite, elle va subir à son tour les entreprises menées par les Anglais et les Français dans cette région du monde.

Pendant près de deux siècles, la VOC est un des piliers de l'impérialisme et du capitalisme des Provinces-Unies, une des grandes puissances des XVIIe et XVIIIe siècles. La compagnie est alors une des entreprises capitalistes les plus puissantes qui aient jamais existé, contribuant de façon décisive à l'histoire des bourses de valeurs. Créée alors que le capitalisme est en gestation dans un monde encore féodal, elle est à l'origine de plusieurs grandes caractéristiques des entreprises modernes : le modèle de la société anonyme émettant des actions et obligations et le modèle de la multinationale implantée dans plusieurs pays du monde. Elle est la plus influente des compagnies européennes fondées au XVIIe siècle pour exploiter les richesses d’Asie.

Sur le plan politique, les conquêtes de la compagnie donnent aux Provinces-Unies, puis aux Pays-Bas à partir de 1815, un empire colonial significatif en Asie jusque dans la seconde moitié du XXe siècle.

Le commerce européen vers 1400

À la suite des croisades ouvrant les routes de l'Orient, les activités commerciales et financières favorisent le capitalisme naissant des républiques italiennes au long des XIIIe et XIVe siècles avant que le commerce ne profite aussi à l’Angleterre et aux pays de la mer du Nord.

Vers 1400, le commerce de l’Europe se répartit entre deux ensembles : au sud, la Méditerranée, qui relie l'Europe à l'Afrique et à l'Asie (épices) à travers l'Empire byzantin et le monde musulman, avec pour pôle l'Italie du Nord, notamment les républiques de Venise, de Gênes et de Florence ; au nord, l'ensemble des mers de la Baltique (bois, fourrure, ambre) au golfe de Gascogne (sel, vin de Bordeaux) en passant par la Manche (laine anglaise) et la mer du Nord, ensemble organisé par la Ligue hanséatique d'origine allemande (Hambourg et Lübeck), mais dont le pôle est le comté de Flandre, notamment la place commerciale et financière de Bruges et les villes drapières de Gand, Lille, Armentières, etc.

Les relations entre les deux ensembles furent assurées par les foires de Champagne. Néanmoins, ces foires subirent un déclin vers la fin du XIIIe siècle. Au XIVe siècle le commerce est réglé comme il suit : les marchands italiens vont s'approvisionner au Moyen Orient pour ramener les marchandises sur les marchés vénitiens ou gênois. Là, la marchandise est ré-exportée vers le Nord (Allemagne, Pays-Bas, Angleterre) soit par mer, en passant Gibraltar, soit par les cols des Dolomites. Le commerce est soumis à des contraintes temporelles, car dépendant des conditions météorologiques ; naviguer sur la Méditerranée orientale pour passer d'Égypte en Italie est impossible à certaines périodes de l'année.

À cette date, Amsterdam et Rotterdam ont déjà un statut de ville et ont une certaine activité commerciale, sans être membres de la Hanse. Elles sont intégrées dans l'État bourguignon, lorsque le duc de Bourgogne Philippe le Bon, déjà comte de Flandre, devient comte de Hollande et de Zélande (1427).

Les Grandes découvertes et leurs conséquences

L'expansion européenne commence vers 1420 lorsque le Portugais Henri le Navigateur organise les expéditions de découverte de la côte de l'Afrique, avec comme perspective celle d'un passage direct vers l'Asie (« les Indes »), sans l'intermédiaire des marchands musulmans de l'océan Indien. Les Portugais progressent lentement et prudemment pendant sept décennies, établissant progressivement des comptoirs le long du littoral africain. Puis, en novembre 1497, Vasco de Gama double le cap de Bonne-Espérance : très rapidement, il atteint son but, arrivant à Calicut en mai 1498. À partir de là, le Portugal devient un agent essentiel du commerce des épices par le port de Lisbonne.

Six ans avant, les Rois catholiques, ayant achevé la Reconquista, subventionnent un projet que Christophe Colomb a en vain proposé au roi de Portugal : découvrir une route vers les Indes en traversant l'océan Atlantique. En 1492, il découvre l'île d'Hispaniola (Saint-Domingue) dans les Caraïbes, croyant être arrivé aux Indes. Par la suite, les Espagnols se rendent compte qu'il s'agit d'un nouveau continent, qui reçoit le nom d'Amérique, mais est couramment appelé « Indes occidentales », tandis que l'Asie est désormais appelée « Indes orientales ». Les conquistadors Cortès et Pizarre conquièrent respectivement le Mexique (années 1510) et le Pérou (années 1530), générant un afflux d'argent (mines du Potosi, notamment) en Espagne, où Séville devient le pôle du commerce espagnol avec l'Amérique, via la Casa de Contratación.

Ces faits, qui favorisent le commerce atlantique, entraînent le déclin de l'Italie du nord. Venise cesse d'être la plus grande place de commerce européenne au début du XVIe siècle, remplacée par Anvers, qui prend le relais de Bruges, dont le port est désormais ensablé. À partir des années 1570, le commerce de Venise en Méditerranée est même mis à mal par les marchands nordiques qui inondent les marchés de produits contrefaits, allant jusqu’à orner leurs tissus du sceau vénitien afin d’en renforcer l’attrait. Surtout, la lutte incessante avec les Ottomans affaiblit considérablement Venise. Venise s'épuise dans une lutte contre un ennemi bien plus puissant et abandonne progressivement toutes ses possessions d'outre-mer, indispensables pour contrôler les flux commerciaux. L’industrie méditerranéenne perd alors à la fois ses clients et sa renommée.

En 1555, année où Charles Quint abdique sa souveraineté sur les Pays-Bas, c'est-à-dire, en particulier, sur le comté de Flandre, le duché de Brabant (où se trouve Anvers), les comtés de Hollande et de Zélande, avant de céder la couronne d'Espagne en 1556, Anvers est le pôle de l'économie européenne mondialisée issue des Grandes découvertes.

Cette suprématie va être mise en cause par un événement politique, la guerre de Quatre-Vingt Ans (1568-1648), qui commence avec l'insurrection des Pays-Bas contre Philippe II, fils et successeur de Charles Quint aux Pays-Bas comme en Espagne, et aboutit dès 1581 à la naissance des Provinces-Unies.

La naissance des Provinces-Unies (1568-1592)

En 1603, les Provinces-Unies sont un État encore récent, issu du démembrement des Dix-Sept Provinces des Pays-Bas des Habsbourg, rassemblées par les ducs de Bourgogne de Philippe le Hardi à Philippe le Bon, puis par leur héritier Charles Quint. Ce démembrement résulte de l'insurrection contre Philippe II, fils de Charles Quint, commencée en 1568. Philippe II étant aussi roi d'Espagne, l'insurrection oppose les Néerlandais, sous la conduite de Guillaume d'Orange, stathouder de Hollande et de Zélande et conseiller d'État, à l'armée espagnole, commandée par un gouverneur général, lieutenant de Philippe II aux Pays-Bas.

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