Ce Jour-là

Compagnie générale aéropostale

Compagnie générale aéropostale (1918–1933)

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La Compagnie générale aéropostale (généralement connue comme simplement « l'Aéropostale ») est une compagnie aérienne française basée à Toulouse (aéroport de Montaudran).

D'abord sous le nom de Société des lignes Latécoère dès 1918, Pierre-Georges Latécoère imagine une ligne aérienne en charge du courrier reliant la France au Sénégal en passant par l'Espagne et le Maroc. Marcel Bouilloux-Lafont reprend « la Ligne » sous le nom de Compagnie générale aéropostale en 1927.

A la suite de difficultés financières, la compagnie est mise en liquidation judiciaire en 1931. Ses actifs sont repris par l'État français en 1933 au sein d'un nouvel ensemble, la SCELA (Société centrale pour l'exploitation des lignes aériennes), qui sera renommé Air France quelques jours plus tard.

L'idée d'une ligne aérienne transatlantique consacrée au service postal et au transport de passagers se réalise au fil des années 1930, après la première traversée aérienne en service commercial de l'Atlantique Sud par Mermoz en 1930.

Dès 1945, confiée au Centre d'exploitation postale d'Air France, elle est connue sous le nom de « La Postale de Nuit ». Exploitée conjointement avec les PTT (La Poste), elle devient à 100 % une filiale d'Air France en 2000. La Poste créé alors sa propre compagnie appelée Europe Airpost.

Développée au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'aviation postale doit beaucoup au courage de ses premiers pilotes, véritables pionniers de l'aviation, que certains considèrent comme des héros. En effet, dans les années 1920, chaque vol est une aventure risquée qui peut être fatale. Le quotidien et les exploits de ces pilotes sont notamment rapportés par l'écrivain Antoine de Saint-Exupéry — pilote de l'Aéropostale lui-même — dans son roman Vol de nuit (qui décrit un vol postal en Amérique du Sud), ainsi que dans d'autres œuvres.

Dès 1918, Pierre-Georges Latécoère imagine une ligne aérienne reliant la France au Sénégal en passant par l'Espagne et le Maroc. C'est le vol du 25 décembre 1918 entre Toulouse et Barcelone, piloté par René Cornemont avec un Salmson 2A2, qui est considéré comme le vol inaugural. Il fonde alors la Compagnie Générale d'Entreprises Aéronautiques qui crée puis exploite les lignes Toulouse-Casablanca, Casablanca-Dakar (par Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros, Port-Étienne, Saint-Louis) et Recife - Rio au Brésil. Il s'entoure notamment de Beppo di Massimi qui est désigné comme administrateur des lignes aériennes Latécoère à Madrid, de Didier Daurat qui devient directeur d'exploitation et est chargé du recrutement des pilotes qui doivent d'abord effectuer « le royal cambouis », c’est-à-dire rester au sol pour effectuer la maintenance des avions. C'est chez Latécoère que Mermoz, Saint-Exupéry et Guillaumet ont fait leurs premières armes, non sans difficultés : les tribus maures capturent les aviateurs contraints à un atterrissage forcé sur leurs territoires et ne les rendent que contre de fortes rançons, Saint-Exupéry négociant souvent avec ces tribus insoumises. Très vite les avions volent à deux au cas où l'un tombe en panne.

En avril 1927, Marcel Bouilloux-Lafont, maire d'Étampes de 1912 à 1929 et conseiller général de Seine-et-Oise de 1919 à 1932, crée la Compagnie Générale Aéropostale, plus connue sous le nom d'« Aéropostale » en achetant 93 % de la C.G.E.A (Compagnie Générale d'Entreprises Aéronautiques) de Pierre Georges Latécoère. Faute de moyens financiers et d'appui politique, ce dernier avait de fait renoncé à son projet, ainsi qu'à son désir de relier la France à l'Argentine.

La possession et le contrôle des lignes aériennes représentent à l'époque un enjeu important et la lutte est engagée entre l'aviation française et l'aviation allemande. Ce sont les premiers qui l'emportent, lorsque la liaison Europe-France-Amérique du Sud voit le jour dès le 1er novembre 1927 avec le tronçon Natal-Buenos-Aires. La jonction entre les tronçons France-Afrique (création en 1927 d'un aérodrome à Cap Juby (Tarfaya), au Sahara espagnol) et le tronçon de l'Amérique du Sud se fait le 1er mars 1928. Le personnel affecté à ce service comprend outre les chefs de bases, 72 pilotes, 200 mécaniciens, 50 radios, 400 manœuvres, 40 officiers de marine, 300 marins. Le matériel se compose de 200 avions, 10 hydravions, 500 moteurs, 6 avisos rapides, 4 dépanneurs, 6 vedettes, 3 citernes à mazout, 2 citernes à eau.

À la fin de l'année 1928, il rassemble 81 pilotes, 250 mécaniciens, 53 radios, 260 marins, 318 avions, 21 hydravions, 1351 moteurs, 6 avisos, 10 vedettes et 4 dépanneurs.

Avant le développement des liaisons aériennes, le courrier met plus d’un mois pour aller de Paris à Buenos Aires par train et bateau. Le premier service postal France-Amérique du Sud est lancé en mars 1928, la traversée de l'Atlantique Sud par Mermoz en 1930 permet de démontrer la faisabilité d’un trajet totalement aérien, la compagnie continue les liaisons océaniques de la ligne par avions jusqu'en 1935, l'état français imposant pour le survol de l'Atlantique des hydravions multimoteurs. En attendant, l'Aéropostale développe et multiplie de nombreuses lignes sur le continent sud-américain, vers l'Uruguay, l'Argentine, la Patagonie et le Chili, par-dessus la cordillère des Andes.

Si la compagnie croit, dès le début, effectuer toutes les dépenses nécessaires à l'organisation complète de sa ligne, c'est que, face à des concurrents puissants et fortement soutenus par leurs gouvernements (telle la Lufthansa ou la Pan Am), elle veut gagner de vitesse ses adversaires.

À la veille du 1er mars 1931, La Compagnie, grâce à une organisation complète et efficace mais coûteuse, a obtenu des résultats[source insuffisante] :

3 millions et demi de kilomètres parcourus chaque année, plus de 300 voyages complets sont effectués de bout en bout entre la France et l'Argentine ;

27 millions de francs de recettes commerciales en 1930, contre 17 millions en 1929 ;

98 % des recettes postales aériennes françaises ;

25 États européens, africains ou sud-américains utilisant ses services ;

32 millions de lettres transportées en 1930, contre 22 millions en 1929.

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