Ce Jour-là

Comores (pays)

Pays insulaire au nord du canal du Mozambique dans l'océan Indien, indépendant depuis 1975

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Les Comores, en forme longue l'union des Comores (en comorien : Komori et Udzima wa Komori, en arabe : جُزُرُ ٱلْقَمَر (Juzur al Qamar) et الْاتِّحَادُ ٱلْقَمَرِيّ (al-Ittiḥād al-Qamariyy)), sont un État indépendant d'Afrique australe composé de trois îles situées dans le nord du canal du Mozambique, un espace maritime de l'océan Indien.

Le pays a pour capitale Moroni, pour langues officielles le comorien (shikomori), parlé par 96,9 % de la population, le français et l'arabe, et pour monnaie le franc comorien.

L'union des Comores est membre de la Ligue arabe, de l'Organisation de la coopération islamique, de l'Organisation internationale de la francophonie et de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Colonie française à partir de 1892, les Comores ont obtenu leur indépendance le 6 juillet 1975.

La Constitution comorienne identifie l'union des Comores à l'archipel des Comores, composé de quatre îles : Grande Comore (Ngazidja), Mohéli (Mwali), Anjouan (Ndzuwani) et Mayotte (Maoré), cette dernière île ayant cependant décidé, par référendum, de rester française lors du processus de décolonisation (elle était française depuis 1841, alors que le reste de l'archipel l’était depuis 1892). Cette scission des Comores a été dénoncée par l'Assemblée générale des Nations unies jusque dans les années 1990 et l'État comorien revendique toujours son autorité sur Mayotte. Toutefois ce choix du peuple mahorais a été confirmé par plusieurs autres référendums, qui ont conduit à son accession au statut de département français en 2011. Le drapeau national des Comores comporte un croissant de lune, quatre étoiles et quatre bandes symbolisant les quatre îles principales dont Mayotte (bande blanche). L'emblème national comporte également quatre étoiles.

On lit souvent que le nom « Comores » dériverait du mot arabe قمر (qamar), qui, en français, signifie « lune » : les Comores sont d'ailleurs surnommées en français « îles de la Lune ». Cependant, cette étymologie populaire est apocryphe, le mot venant plutôt de l'ancien nom arabe de Madagascar, « Q(u)mr’ » (جزر القمر) : les Comores étaient, pour les Arabes, les « îles malgaches ».

Histoire ancienne et peuplement

Formé il y a environ 9 millions d'années, l'archipel des Comores, d'origine volcanique, ne semble pas avoir connu de présence humaine avant le VIIe siècle, les mammifères en étant probablement absents à l'exception des roussettes.

Les VIIIe et IXe siècles voient les premières installations humaines. Il semble que les premiers habitants appartiennent déjà aux premiers peuples swahilis, caractérisés par une culture d'origine bantoue répandue sur l'ensemble des rivages de l'Afrique de l'Est de la Somalie au Mozambique, entretenant des relations encore mal connues avec les populations malgaches, d'origine austronésienne. Mayotte et Anjouan ont été occupées plus tardivement car les deux îles se différencient de l'ensemble des Comores par une évolution linguistique spécifique, et une influence malgache plus prononcée. Le commerce maritime, très actif dès cette époque, atteste des contacts avec le Moyen-Orient musulman, notamment la Perse, puis l'Oman. Les premières populations n'étaient vraisemblablement pas musulmanes, et ne se seraient islamisées que plus tard, au contact des marchands arabes.

Aux XIIIe et XVe siècles, l'archipel se structure sous la direction de chefs musulmans, les Fani. Les contacts culturels avec la côte swahilie et Madagascar sont importants.

Vers 1470, des sultanats shirazi (originaires de Perse) s'établissent progressivement sur les îles, reconnus jusqu'au début du XIXe siècle. C'est de cette époque que date l'établissement de l'islam sunnite chaféite encore pratiqué dans l'archipel.

L'archipel des Comores constitue la frontière sud de l'aire culturelle swahilie qui se développe à partir de la fin du Moyen Âge dans cette région que l'on appelle à l'époque le Zanguebar ; Mayotte constitue également le point de contact de cet ensemble avec la culture malgache, très différente, ce qui fait de cette île un carrefour d'influences — mais aussi une cible guerrière. Les influences venues de l'ensemble de l'océan Indien, mais aussi de la côte africaine, chamboulée par l'irruption des Bantous, et de la côte malgache, ne cessent de façonner la société swahilie insulaire. Une immigration bantoue et malgache (Sakalaves) commence insensiblement.

En 1453, la chute de Constantinople ferme brutalement les routes commerciales qui reliaient l'Europe à l'Orient. S'ouvre alors l'âge d'or du commerce maritime, qui contourne l'Afrique pour atteindre l'Inde et la Chine : le canal du Mozambique se retrouve donc subitement au cœur de la principale route commerciale au monde, entraînant une importante période de prospérité pour les nombreuses îles et cités-États de l'aire culturelle swahilie. C'est alors Anjouan qui devient l'île la plus prospère de l'archipel, car plébiscitée par les marins : comme elle dispose de trois côtes, les marins sont sûrs de pouvoir s'y mettre à l'abri de n'importe quel vent, et les mouillages y sont excellents ; les Portugais en font rapidement une relâche incontournable dans la route des Indes, et établissent des relations commerciales avec la population.

C'est du début du XVIe siècle que datent les premières relations directes avec les peuples européens, et tout d'abord les navigateurs portugais, mais aussi des navigateurs ottomans comme Piri Reis. L'archipel est suffisamment connu des Européens en 1751 pour avoir un article à son nom dans l'Encyclopédie de Denis Diderot et Jean Le Rond d'Alembert.

Les XVIIe et XVIIIe siècles sont une période particulièrement prospère pour les Comores, idéalement placées sur une route commerciale florissante entre l'Europe et ce qui devient l'empire omanais. Mais cette richesse s'accompagne bientôt de rivalités politiques entre les quatre îles (on parle alors de « sultans batailleurs »), qui donnent lieu à de nombreuses razzias et guerres ouvertes : ainsi, de 1742 à 1791, le sultanat d'Anjouan réalise plusieurs tentatives pour conquérir le sultanat de Mayotte, et vole notamment le minbar en bois sculpté de la mosquée de Tsingoni. De 1795 à 1820, les razzias des pirates malgaches (Sakalaves et Betsimisarakas) dépeuplent considérablement les trois îles mineures, et font sombrer l'archipel dans une grave crise économique, rapidement doublée d'une crise politique, marquée par de nombreux assassinats de sultans et prises de pouvoir par des souverains étrangers (malgaches, zanzibariens, omanais, …). En particulier, le roi sakalave du Iboina à Madagascar, Andriantsoly, offre sa protection au sultan de Mayotte Bwana Combo en échange de la moitié de son île, mais l'expulse ensuite à Mohéli. Celui-ci tente alors de s'allier au sultan local d'origine malgache, le hova Ramanetaka (devenu le maître de Mohéli sous le nom d'Abderahmane), qui préfère cependant le spolier pour devenir co-sultan de Mayotte à sa place. Ambitieux, il chasse Andriantsoly de Mayotte en 1836 pour régner sans partage sur l'île, mais regagne ensuite Mohéli. Andriantsoly s'allie alors au sultan Abdallah d'Anjouan pour récupérer l'île. Andriantsoly souhaite préserver l'autonomie de son île face aux autres souverains comoriens, et la protéger des attaques de pirates : or, dépourvu d'allié contre ces derniers et contre la monarchie malgache soutenue par la Grande-Bretagne, il se sait menacé. Il se tourne alors vers les rivaux des Britanniques, les Français, qui, eux aussi présents à Madagascar depuis 1643, viennent d'obtenir le protectorat sur Nosy Be à la demande de la reine de cette île, Tsiomeko.

Le 25 avril 1841, le sultan Andriantsoly, considérant qu'il ne peut plus protéger son île presque entièrement dépeuplée par les guerres incessantes (tous les villages sont alors abandonnés à l'exception de Dzaoudzi), vend Mayotte à la France, en échange d'une rente à vie et de l'autorisation d'élever ses enfants à la Réunion aux frais de la France.

À cette date, Louis-Philippe Ier, alors roi des Français, intègre officiellement Mayotte à la France.

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