Ce Jour-là

Communauté du renseignement des États-Unis

La communauté du renseignement des États-Unis — en anglais, United States Intelligence Community (IC) —, créée le 4 déce

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La communauté du renseignement des États-Unis — en anglais, United States Intelligence Community (IC) —, créée le 4 décembre 1981 par l'ordre exécutif 12333 du président des États-Unis Ronald Reagan, regroupe, depuis le 9 janvier 2021, 18 services de renseignement des États-Unis dépendant de différents ministères ou indépendants pour certains d’entre eux.

La fonction de coordinateur de ces différents services est assurée par le directeur du renseignement national, membre du cabinet du président des États-Unis, à la suite de l'Intelligence Reform and Terrorism Prevention Act de 2004.

Historique de l'espionnage aux États-Unis

Avant que les États-Unis ne deviennent une superpuissance, en temps de paix le renseignement n'était pas une préoccupation majeure du gouvernement américain et il n'existait pas de service de renseignement global. Il a fallu la guerre froide pour que cet aspect des relations internationales soit intégré à une large échelle à l'aide, entre autres, du National Security Act de 1947.

Le United States Secret Service fondé en 1865 est chargé de protéger le président des États-Unis et de la lutte contre la fausse-monnaie ; l'United States Navy avait créé en 1882 l'Office of Naval Intelligence pour suivre l'évolution des marines de guerre ; la Black Chamber, première structure permanente de cryptanalyse créée en 1917 par les États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, fut fermée en 1929 car le secrétaire d'État de l'époque, Henry Lewis Stimson, abhorrait l'espionnage ; le FBI a développé un petit réseau en Amérique latine dans les années 1930 qui est officialisé en 1940, le Special Intelligence Service (en).

Les États-Unis furent espionnés dès l'entre-deux-guerres par sa rivale idéologique, l'URSS, puis durant la Seconde Guerre mondiale par les réseaux de l'Allemagne nazie, mais l'Abwehr ne fut guère efficace sur le continent nord-américain.

Avec la Seconde Guerre mondiale, le besoin d'un service de renseignement pouvant agir sur le terrain apparu, et l'Office of Strategic Services (OSS) fut créé avec l'aide des services britanniques, très performants dans ce domaine. Ces relations se prolongèrent après-guerre avec notamment la signature de l'accord secret United Kingdom - USA Security Agreement, souvent appelé traité UKUSA.

Au sortir de ce conflit, les relations avec le nouveau bloc de l'Est se refroidirent très vite et se transformèrent en guerre froide. Les régimes communistes, essentiellement l'Union soviétique, lancèrent des missions de renseignement continuelles à tous les niveaux, essentiellement du renseignement sur le potentiel militaire, mais également de l'espionnage industriel, scientifique et politique, ainsi que de la désinformation. Ils recrutèrent plusieurs centaines de citoyens américains acceptant d'espionner leur pays, en majorité pour des raisons mercantiles ou idéologiques, ou contraints par un chantage. Ainsi, le journaliste communiste américain Whittacker Chambers révéla en 1948 devant la House Un-American Activities Committee qu'au moins 75 fonctionnaires de l'administration américaine, dont Alger Hiss, membre de la délégation américaine lors de la conférence de Yalta, et Harry Dexter White, bras droit du secrétaire au Trésor de l'époque, avaient livré des informations capitales durant la Seconde Guerre mondiale.

Voici quelques chiffres sur les 149 cas de citoyens américains ayant travaillé avec une puissance étrangère, dévoilés entre 1950 et 2001:

Les services de renseignement américains se montrèrent extrêmement actifs à travers le monde. De nombreuses missions de reconnaissance aérienne le long des frontières des pays du bloc de l'Est furent menées et des missions d'espionnage en violation de leur espace aérien eurent lieu, donnant lieu à de nombreux incidents : près de 40 avions furent abattus et 200 militaires américains tués par la défense aérienne du bloc de l'Est dans les années 1950 et 1960. La première violation délibérée semble remonter au 10 mai 1949, jour où un Lockheed RF-80A Shooting Star piloté par le lieutenant Bryce Poe survola les îles Kouriles occupées par les Soviétiques. L'incident de l'U-2 abattu le 1er mai 1960 est le plus célèbre exemple de ces opérations.

Dans le domaine naval, un programme de reconnaissance sous-marine a été marqué par neuf collisions avec d'autres navires, 110 détections possibles et trois fuites dans la presse de 1966 à 1976.

Outre les intérêts nationaux spécifiques, les suspicions et les querelles de territorialité dans ce domaine extrêmement sensible firent que même entre proches alliés occidentaux comme les États-Unis et le Royaume-Uni, la coopération fut parfois quasiment stoppée durant les années 1950 entre leurs services de renseignement respectifs.

Années 1990 et début du XXIe siècle

Dans le domaine du renseignement, les alliances politiques n'empêchent pas d'espionner ses alliés, comme le montrent les relations entre les États-Unis et la France. Ainsi en 1989, le FBI a démantelé un réseau d'agents de la DGSE française infiltrés dans des compagnies américaines dont IBM, Texas Instruments et Corning Glass, tandis que Richard L. Holm, le chef de poste de la CIA à Paris et plusieurs de ses collègues furent expulsés de France par le gouvernement français en compagnie d'autres diplomates américains suspects, à la suite de la découverte d'une affaire d'espionnage économique publiquement révélée en février 1995 par Charles Pasqua.

Plusieurs affaires d'espionnage ont troublé les relations américano-israéliennes, dont la plus célèbre est celle de Jonathan Pollard, démasqué en 1985 et condamné à une peine d'emprisonnement à vie le 4 mars 1997. Les médias ont rapporté qu'il existerait un accord tacite entre Washington et Jérusalem pour ne pas mener d'opération d'espionnage contre les intérêts de son allié, mais les services israéliens ont régulièrement été remarqués comme actifs sur le territoire américain. Un rapport de la CIA datant de mars 1979 notait déjà qu'Israël avait utilisé des micros, des écoutes téléphoniques et des tentatives de chantage ou de corruption pour espionner sur le territoire américain. En 1986, des officiers de l'armée de l'air israélienne travaillant sous contrat avec la société US Recon Optical transmirent des informations confidentielles à une firme concurrente israélienne. D'autre part, le FBI trouve régulièrement des écoutes installées sur les lignes téléphoniques de missions diplomatiques de pays arabes. Un rapport américain signale qu'Israël est considéré comme particulièrement agressif, n'hésitant pas à approcher les personnes détenant des informations sensibles.

Malgré la fin de la Guerre froide, le contre-espionnage américain doit redoubler de vigilance car le nombre d'acteurs souhaitant effectuer du renseignement pour des raisons d'ordre politique, économique ou idéologique s'est accru, et les fuites d'information via des acteurs privés comme WikiLeaks augmentent considérablement.

Outre l'espionnage par des États comme la République populaire de Chine, dont les services de renseignement sont très actifs et qui a fait parler d'elle à la suite du rapport Cox en 1999, puis dans une douzaine d'affaires d'espionnage militaire, technologique et commercial en 2007, des entreprises privées pratiquent l'espionnage économique de leurs concurrents, et des organisations criminelles ou terroristes tentent de s'infiltrer ou de recruter aux États-Unis. Enfin, la « guerre contre le terrorisme » déclenchée à la suite de l'impuissance des services de sécurité à prévenir les attentats du 11 septembre 2001 a justifié une vaste remise en cause des structures de ces services.

Voici quelques affaires du début du XXIe siècle :

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