Ce Jour-là

Comminges

Région naturelle et historique des Pyrénées françaises

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Le Comminges (en gascon Comenge, ancien français Comminge) est une région naturelle et historique des Pyrénées françaises située à cheval sur les départements actuels du Gers, de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées et de l'Ariège. Le Comminges est le territoire du peuple aquitain des Convènes durant l'Antiquité, regroupé autour de Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges), puis il devient au Moyen Âge le comté de Comminges avec pour capitale Muret, circonscription de la province de Gascogne. Le val d'Aran, haute vallée de la Garonne aujourd'hui située en Espagne, fait aussi partie du Comminges jusqu'au XIIIe siècle et est rattaché au diocèse de Comminges jusqu'en 1802, date de sa fusion avec le diocèse de Toulouse.

Actuellement, le pays de Comminges est un territoire de la région Occitanie occupant le sud de la Haute-Garonne (arrondissement de Saint-Gaudens). Ce département est le 7e département français au classement des points culminants grâce à la chaîne des Pyrénées commingeoises au-dessus de la station de Bagnères-de-Luchon (village d'Oô, 3 222 m au pic de Perdiguère).

Le Comminges est une ancienne province de la France méridionale, située autrefois entre le duché de Gascogne et la province du Languedoc, aujourd'hui répartie entre les départements de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées, de l'Ariège et du Gers. Elle se divisait dans le sud de son territoire en Comminges languedocien, dit aussi bas Comminges et petit Comminges, dans le nord-est, avec pour villes principales Muret, Samatan et Lombez ; en Comminges gascon ou haut Comminges, dans le sud, entre la Barousse, la Bigorre, l'Aspétois et le Couserans avec pour villes principales Bagnères-de-Luchon, Saint-Béat et Barbazan. Elle est issue du comté de Comminges qui s'étendait de Muret à Luchon.

Le comté du Comminges n'occupe qu'une partie du Comminges. La vicomté du Nébouzan, les enclaves commingeoises de la jugerie de Rivière-Verdun et les enclaves languedociennes du diocèse civil dit du petit Comminges occupant le reste de son territoire. La vicomté du Couserans et le comté d'Aure (ou le pays des Quatre-Vallées), dépendant, du comté du Comminges, complètent sa zone d'influence.

Le bas Comminges se divise en petits pays languedociens et gascons, irrigués par la Save, la Noue, la Louge, le Touch et surtout la Garonne : le Muretain, le Savès et le Comminges, parsemé d'enclaves, ressemblant à un gruyère. Le haut Comminges se divise en petits pays axés principalement sur la haute vallée de la Garonne et sur celle de son affluent la Pique : Larboust, pays de Luchon, Ballongue, Oueil, Bavartès, Layrines, et Frontignes. Le terme de Nébouzan s'applique plus spécifiquement à la région de Saint-Gaudens.

Le comté de Comminges proprement dit n'occupe qu'une partie du Comminges. Sa capitale, Muret, située sur la Garonne et proche de Toulouse, occupait une place stratégique entre la Gascogne dont il dépendait et le Languedoc. Saint-Bertrand-de-Comminges, considéré comme la capitale historique du Comminges, n'était même pas dans le comté du Comminges mais dans une des nombreuses enclaves de la jugerie de Rivière-Verdun. Saint-Gaudens, la ville la plus importante du haut Comminges, se trouvait dans la vicomté du Nébouzan et non dans le comté du Comminges. C'est ainsi que Muret est devenue la capitale du comté du Comminges sans être la capitale du Comminges.

Les vicomtés du Nébouzan et du Couserans dépendaient du comté du Comminges. Les nombreuses enclaves de la jugerie de Rivière-Verdun dans le Comminges dépendaient du duché de Gascogne. Les quatre enclaves du diocèse civil du petit Comminges (onze paroisses) dépendaient, elles, du Languedoc.

Administrativement, les États du Comminges se tenaient à Muret.

Aujourd'hui, on entend généralement par Comminges le sud du département de la Haute-Garonne. Le Comminges, traversé par la Garonne et ses affluents montagnards, présente une remarquable diversité de paysages, depuis les neiges éternelles de la crête-frontière jusqu'aux chaudes plaines alluviales qu'arrose le fleuve à sa sortie du massif.

Comminges dérive du gascon Comenge, attesté dès 1095 et lui-même issu de CONVÉNICU (pagus convénicus), terre des Convènes, avec une déformation du nom latin du peuple des Convènes (Convenae) par assimilation des consonnes –nv– en –mm– , et la syncope du i atone dans - énicu. En ancien français, la graphie Comminge est attestée en 1262. Ce n'est qu'au XIVe siècle qu'est ajouté le s final, rappelant ainsi, volontairement ou non, le pluriel du nom latin.

La grotte de la Tourasse, à Saint-Martory, est le site éponyme du Tourassien, une culture préhistorique aujourd'hui tombée en désuétude au profit de l'Azilien.

Avant la conquête de la Gaule par César, le Comminges était occupé par les Kombenae (ae de terminaison latine, improprement latinisé en Convenae, ceux du même clan), peuple de l'est Aquitaine protohistorique, jouxtant la Province romaine de Gaule établie vers 120 avant J-C. Après la conquête, les Convènes sont une des cités de la province d'Aquitaine, avec pour chef-lieu Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges).

Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, remarque que ce qu'il cartographie lui-même sous le terme de « Gaule aquitaine », est composé de peuples aux us & coutumes plus proches des Ibères que des Celtes (au Nord : Gaulois et Belges, respectivement répartis dans ce qu'il nomme « Gaule celtique » — grosso modo future Gaule lyonnaise — et Gaule belgique ; sans parler au Sud des Celtes d'Ibérie — Bérons, Vaccéens... — ainsi que des Celtibères).

Il pourrait s'agir d'Ibères résiduels, voire en partie réfugiés, à la suite de la conquête romaine de la péninsule Ibérique sous le coup des guerres puniques. Car on sait que l'aire aquitaine, aquitanique, aquitanienne ou encore vasconique, correspond à une région où l'on parle alors des langues proto-basques : c'est probablement une seule et même variété de langues, que parlent les peuples recensés par Rome.

S'ils conservèrent leurs parlers malgré la romanisation, c'est parce qu'une partie d'entre eux s'allie avec l'Urbs pendant la guerre des Gaules. Naturellement, entourés des Celtes gaulois, des Celtes d'Ibérie et des Celtibères, ils en connaissent des influences au moins matérielles et techniques.

C'est en Comminges que sous le règne de Caligula auraient été exilés Hérode Antipas et sa femme Hérodiade (vers 39), deux personnages mentionnés dans les Évangiles : Hérode Antipas est le meurtrier de Jean le Baptiste. Comme ils sont probablement venus avec quelques serviteurs et fidèles, leur exil a sans doute entraîné le premier établissement de Juifs dans la région.

Au IIIe siècle, la cité des Convènes est intégrée à la Novempopulanie (Aquitania novempopulana) ou Aquitaine Troisième (diocèse de Vienne, préfecture des Gaules).

À partir de 418, le Comminges fait partie des territoires alloués aux Wisigoths, qui ont alors le statut de peuple fédéré de l'Empire.

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