Ce Jour-là

Comité français de libération nationale

Régime politique et gouvernement correspondant

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Le Comité français de libération nationale (en abrégé CFLN) est le nom donné au régime politique et au gouvernement en exil qui, succédant officiellement le 3 juin 1943 à la France libre, a fusionné les deux autorités françaises participant à la guerre avec les Alliés : le Comité national français de Londres, dirigé par le général de Gaulle, chef de la France libre, et le Commandement en chef français civil et militaire d'Alger, dirigé par le général Giraud, afin d'unifier l'effort de guerre français et de préparer la Libération.

Le CFLN considéra « illégitime, nul et non avenu » le régime de Vichy qui s'acheva, le 20 août 1944, par l’exil du maréchal Pétain pour l'Allemagne. Le Comité a dirigé pendant un an une partie du territoire de l'Empire français jusqu'au 3 juin 1944, date de son nouveau nom de Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) pour affirmer la souveraineté sur le territoire métropolitain qui sera progressivement libéré après le débarquement de Normandie.

Jusqu'à la fin de 1944, la France est gouvernée par un gouvernement provisoire, créé par le Comité français de Libération nationale et dirigé par Charles de Gaulle, qui aura peu à peu écarté le général Giraud de la coprésidence du CFLN. L'ordonnance du 17 septembre 1943 fonde et organise ce régime politique républicain.

L'œuvre de ce gouvernement est vaste : il conduit la France vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, est à l'origine de nombreuses et importantes réformes politiques et élargit, entre autres, le droit de vote aux femmes.

La constitution laborieuse du premier Comité français de la libération nationale

La prise de contact avec Alger

L’isolement initial de de Gaulle

Lorsque le 30 mai 1943, de Gaulle arrive à Alger, dans le secret le plus absolu, il n’est accompagné que d’une délégation réduite du Comité national de Londres. Il dispose cependant sur place d’un service de protection composé de quelques Français libres, anciens volontaires du putsch du 8 novembre 1942. Il est dirigé par le capitaine Roger Carcassonne, ancien chef de la résistance à Oran, et le sous-lieutenant Bernard Karsenty, ancien adjoint de José Aboulker lors du putsch.

Ainsi de Gaulle paraît-il bien seul, face au général Giraud qui dispose de l'appareil militaire, administratif et policier de la France en Afrique du Nord ainsi que du soutien des États-Unis et de Roosevelt en particulier.

Après avoir été reçu par Giraud, de Gaulle brise le secret de sa venue, en allant s’incliner au monument aux morts, en plein centre d’Alger. Il est accueilli au Forum par une manifestation gaulliste chaleureuse. C'est sa première vraie manifestation de masse. Un observateur, le vice-consul des États-Unis, Pendar (en), le compare à Hitler. Cette comparaison surprenante confirme du moins l'ampleur de la manifestation et l'opinion des Américains. Enfin, à son retour à la villa des Glycines, demeure que Giraud lui a attribuée, de Gaulle y trouve les messages de quelques personnalités locales qui lui font allégeance.

La première réunion de travail

Le matin du 31 mai se tient la première réunion de travail. Y participent Giraud, accompagné du général Georges et de Jean Monnet, et de Gaulle escorté d'André Philip et de l'ambassadeur René Massigli (rallié tardivement à la France libre, mais pressé, à en croire le général Bouscat, de devenir ministre des Affaires étrangères). Le septième participant est le général Catroux, qui représentait de Gaulle à Alger.

Les conditions posées par de Gaulle

Les conditions posées par de Gaulle ne sont pas nouvelles : il propose à Giraud la constitution d'un véritable gouvernement français capable de défendre les intérêts de la France dans le camp allié, et pour cela, il propose :

que Giraud renonce à cumuler le commandement en chef militaire et la présidence du pouvoir civil ;

que soient immédiatement congédiés les proconsuls vichystes.

Le rejet par Giraud des conditions posées par de Gaulle

Giraud refuse de déférer à la première proposition, car selon lui, il faut disposer d’un chef unique, civil et militaire responsable. Il se refuse également à sacrifier Noguès, Peyrouton et Boisson. En outre, il semblerait qu'il se soit vanté d’avoir personnellement décidé de l’exécution de Bonnier de La Chapelle. De Gaulle se lève alors et quitte la salle sans un mot.

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