Le combat des Trente qui a lieu en mars 1351 sur une lande située entre les places fortes de Josselin et de Ploërmel, est un épisode célèbre quoique marginal de la guerre de Succession de Bretagne qui oppose depuis 1341 la maison de Penthièvre (Charles de Blois) à la maison de Montfort (Jean II, puis Jean III de Montfort) pour le trône ducal de Bretagne, alliés respectivement du roi de France Jean le Bon et du roi d'Angleterre Édouard III, qui s'affrontent dans les premières années de la guerre de Cent Ans.
À la suite d'un défi lancé par Jean IV de Beaumanoir, capitaine de Josselin au nom de Charles de Blois, au capitaine de Ploërmel, l'Anglais Robert Bemborough, un combat est organisé entre trente partisans de chaque prétendant. La victoire revient aux champions de Charles de Blois, mais sans conséquences notables pour la suite de la guerre, achevée en 1364 à Auray par la victoire de Jean III de Montfort, qui devient le duc Jean IV de Bretagne.
L'endroit où ce combat a eu lieu se trouve dans l'actuelle commune de Guillac (Morbihan).
En 1351, durant la guerre de Succession de Bretagne, la place de Josselin est aux mains de Jean de Beaumanoir, partisan de Charles de Blois, alors que celle de Ploërmel est tenue par l’Anglais Robert Bemborough (que Froissart appelle « Brandebourch »), partisan de la maison de Montfort. Le siège est mis par Jean de Beaumanoir devant Ploermel.
Se rendant un jour auprès de Bemborough pour négocier, Beaumanoir voit des soldats anglais maltraiter des paysans. Il s'en plaint à son adversaire.
La dispute qui s’ensuit amène les deux hommes à déterminer les modalités d’un duel destiné à régler la possession du territoire. Jean de Beaumanoir lance un défi à Robert Bemborough en lui proposant un tournoi à l'instar des chevaliers de la Table ronde. Celui-ci accepte et propose que chaque camp soit représenté par trente et un combattants (dont Beaumanoir et Bemborough).
Il y a litige entre le 26 et le 27 mars 1351.
Le lieu choisi est la lande de Mi-Voie, située à égale distance de Josselin et de Ploërmel, près d'un arbre appelé « le chêne de Mi-Voie ».
Dans le camp de Bemborough, on trouve le célèbre[réf. nécessaire] aventurier Croquart, un mercenaire allemand dont le roi de France Philippe VI de Valois aurait aimé s’attacher les services[réf. nécessaire], ainsi que Robert Knolles et le neveu de Thomas Dagworth, vainqueur de Charles de Blois à la bataille de La Roche-Derrien (1347).
Au jour dit, les combattants assistent à la messe dans l'église Notre-Dame du Roncier de Josselin, puis arrivent à cheval au lieu choisi, mais entrent à pied avec leurs armes dans le champ clos. Ils ne doivent pas en sortir sous peine de déshonneur.
Le combat commence par une mêlée confuse. Les Blésistes perdent plusieurs hommes.
Un repos est autorisé, pendant lequel les combattants se désaltèrent avec du vin d'Anjou.
Dès la reprise, Bemborough est transpercé par la lance d'Alain de Keranrais. Croquart le remplace à la tête des Monfortistes.
D’après la légende, Beaumanoir, épuisé par la chaleur, le combat et le jeûne[pas clair], aurait réclamé à boire ; son compagnon Geoffroy du Boüays lui aurait alors répondu « Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera ». Cette parole devient ensuite la devise de la famille de Beaumanoir.
Guillaume de Montauban parvient à réaliser une trouée : les monfortistes sortent du combat « déconfités ».
Bemborough et huit de ses hommes sont morts, ainsi que six hommes de Beaumanoir.
Les vaincus survivants se rendent car il aurait été déloyal de priver les vainqueurs du bénéfice des rançons : dans la guerre féodale on ne cherche pas à tuer sur le champ de bataille mais à rentabiliser sa campagne en capturant de riches prisonniers. Selon les chroniqueurs, on compte de 10 à 17 morts du côté monfortiste et entre 4 et 8 côté blésiste
Croquart est déclaré meilleur combattant de son camp, Alain de Tinténiac étant considéré comme le meilleur de l'autre.