Ce Jour-là

Comédie-Française

Troupe théâtrale publique française

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La Comédie-Française, également appelé Théâtre-Français ou simplement « le Français », est une institution culturelle publique française fondée en 1680 et installée depuis 1799 dans la salle Richelieu au cœur du Palais-Royal dans le 1er arrondissement de Paris.

Dotée du statut d'établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) depuis 1995, elle est le seul théâtre national en France disposant d'une troupe permanente de comédiens, la Troupe des Comédiens-Français.

Bien que mort depuis sept ans quand la troupe est créée, Molière est considéré comme le « patron » de l'institution, surnommée la « Maison de Molière », notamment grâce aux efforts de sa veuve Armande Béjart et de son ancien secrétaire La Grange pour préserver son legs et le faire vivre au sein de l'institution qu'ils ont tous deux rejoint à sa création à partir de la troupe de Molière anciennement Troupe du Roy qu'ils avaient maintenue au Théâtre du Guénégaud par leurs propres moyens. Le fauteuil dans lequel il entre en agonie lors d'une représentation du Malade imaginaire était anciennement exposé au fond de la galerie des bustes, après le Foyer Public Pierre Dux. Cependant il est aujourd’hui exposé au fond du péristyle en entrant dans le théâtre.

La devise de la Comédie-Française est, en latin, « Simul et singulis » (qui peut être traduite par « être ensemble et rester soi-même »). Son emblème est une ruche avec des abeilles, à l'image d'une institution foisonnante.

Historique de la Comédie-Française

La Comédie-Française est fondée par ordonnance royale de Louis XIV le 21 octobre 1680 pour fusionner les deux seules troupes françaises parisiennes de l'époque, la troupe de l'hôtel Guénégaud (troupe de Molière, dirigée par La Grange) et celle de l'hôtel de Bourgogne. Le 25 août, les comédiens s'étaient déjà réunis pour donner leur première représentation commune, composée de Phèdre (Racine) et des Carrosses d'Orléans (La Chapelle). L'acte royal leur accorde le monopole de jouer à Paris, que les Comédiens-Français défendront jalousement au cours du XVIIIe siècle, notamment contre les Comédiens-Italiens.

Le 5 janvier 1681, les Comédiens-Français se lient entre eux par un acte d'association qui règle notamment le régime des pensions des comédiens retraités. Le répertoire se compose alors de l'ensemble des pièces de théâtre de Molière et de Jean Racine, ainsi que de quelques pièces de Pierre Corneille, Paul Scarron et Jean Rotrou. Les distributions sont arrêtées par l'auteur, s'il est vivant, sinon par les premiers gentilshommes de la Chambre du roi.

Le 3 septembre 1793, pendant la Révolution, la Comédie-Française est fermée, par ordre du Comité de salut public, et les comédiens sont emprisonnés.

En 1795, la commission militaire du 13 Vendémiaire y siège pour condamner l'insurrection royaliste.

Le 31 mai 1799, le nouveau gouvernement met à disposition la salle du théâtre de la République (salle Richelieu) où jouait Talma, pour permettre aux comédiens de reconstituer la troupe et qui en accueillera toutes les représentations (sauf durant les périodes de restauration de la salle).

La nouvelle installation est dotée d'un café-caveau dont les salles souterraines s'étendent sous toute la longueur de la galerie vitrée jusqu’à la maison Chevet. Et qui connaîtra une grande vogue durant le Premier Empire et les premières années de la Restauration.

En 1812, l'empereur Napoléon Ier, en pleine campagne de Russie, décide de réorganiser la Comédie-Française en signant le 15 octobre, le décret dit « de Moscou » qui comporte 87 articles, et qui reste, à peu de chose près, le statut encore en vigueur aujourd'hui.

Sous le Second Empire, la salle XVIIIe est remaniée dans son état actuel par l'architecte du Palais-Royal Pierre Prosper Chabrol. Il réalise également le grand escalier et étend la façade sur la place du Théâtre Français (place Colette). Le plafond de la nouvelle salle est confié aux peintres François Joseph Nolau et Auguste Alfred Rubé, son beau-frère, sur une composition de Félix-Joseph Barrias. L'ensemble est inauguré en 1858. Il s'agit là d'une première étape dans la modernisation et la création des salles publiques parisiennes sous Napoléon III avant le Théâtre du Châtelet, le Théâtre de la Ville et l'Opéra Garnier dans les années 1860. Ce décor est l'objet d'un incendie en 1900.

La troupe de la Comédie-Française a occupé plusieurs salles depuis sa création :

le théâtre de Guénégaud (1680-1687), où la troupe a vu le jour en 1685. En juin 1687, les Comédiens-Français sont expulsés de l'hôtel de Guénégaud par ordre du Roi, au motif qu'ils risquaient de troubler le collège des Quatre-Nations qui allait ouvrir ses portes ;

l'hôtel des Comédiens ordinaires du roi (1689-1770), construit par les Comédiens sur l'emplacement du Jeu de paume de l’Étoile, sis rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés (actuel no 14 de la rue de l'Ancienne-Comédie). Ils le quittent en 1770 à cause de son état trop vétuste ;

la salle des Machines du palais des Tuileries (1770-1782) ;

le théâtre de l'Odéon (1782-1793). En 1782, les Comédiens-Français s'installent au théâtre de l'Odéon (salle Luxembourg) spécialement construit pour eux. La troupe s'étant dispersée lors de la Révolution, le théâtre devient propriété privée sous le nom de théâtre de la Nation. Ce précédent fera date puisque l'Odéon devient la seconde salle du « Français » tout au long du XXe siècle, durant des périodes plus ou moins importantes.

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