Le colonel Passy, de son vrai nom André Dewavrin, né le 9 juin 1911 à Paris où il est mort le 20 décembre 1998, est un officier français, rallié dès juillet 1940 au général de Gaulle à Londres, devenant chef des services secrets de la France libre, connus sous le nom de Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), qu'il dirige de 1940 à 1943,
Issu d'une famille d'industriels du Nord, élève de l'École polytechnique de 1932 à 1934, il reste ensuite dans l'armée, choisissant l'arme du génie. En 1940, avec le grade de capitaine, il participe à l'expédition française en Norvège, puis, après que le maréchal Pétain est devenu chef du gouvernement français (16 juin), part pour l'Angleterre où il se rallie au général de Gaulle. Celui-ci le charge dès le 1er juillet de créer et de diriger ses services secrets (nommés BCRA en 1942).
Le BCRA assure notamment la liaison entre la France libre et la résistance intérieure. André Dewavrin, alias Passy, se rend lui-même en France en avril-mai 1943, en liaison avec Pierre Brossolette (mission Arquebuse-Brumaire) et avec Forest Yeo-Thomas du SOE.
À partir du printemps 1943, le général de Gaulle quittant Londres pour Alger, la direction des services secrets (DGSS) passe aux mains de Jacques Soustelle, dont Passy devient l'adjoint technique. Il revient alors dans les unités combattantes, d'abord à l'état-major du général Koenig, puis à la tête d'une unité des Forces françaises de l'intérieur dans les Côtes-du-Nord.
Après la Libération, le général de Gaulle lui confie plusieurs missions de par le monde, puis en avril 1945, il est replacé à la tête des services secrets (alors nommés DGER puis SDECE), où il reste jusqu'en avril 1946. Mais, le général de Gaulle ayant démissionné en janvier 1946, Passy va subir une violente attaque initiée par le Parti communiste, qui l'accuse d'avoir détourné des fonds pendant la guerre au profit du mouvement gaulliste. Emprisonné en mai 1946, il est libéré au bout de quatre mois, incluant une grève de la faim et une hospitalisation.
Il quitte la fonction publique et travaille ensuite pour une banque d’affaires puis dans l’industrie.
Il est le père de Daniel Dewavrin, ingénieur et homme d’affaires, à la tête de l'Union des industries et métiers de la métallurgie de 1999 à 2006.
Origines familiales et formation
André Dewavrin naît dans une famille d'industriels originaires du Nord.
Son grand-père maternel, Omer Dewavrin, a été maire de Calais (Pas-de-Calais) à deux reprises, en 1882-1885 et 1892-1895.
Il est le dernier enfant d'une fratrie de six.
Il fait ses études secondaires à Paris, à l'école des Frères de la doctrine chrétienne, puis à l'école Bossuet (rue Guynemer). Après le baccalauréat, il fait une classe de mathématiques supérieures au collège Stanislas puis de mathématiques spéciales au lycée Louis-le-Grand.
En 1932, il est reçu à la fois à l'École normale supérieure et à l'École polytechnique, où il est classé 49e au concours d’entrée.
Il choisit Polytechnique. À sa sortie en 1934, il décide de rester au service de l'État en intégrant le corps des officiers du génie. Il passe deux ans à l'École d'application du génie de Versailles. dont il sort 2e en 1936 avec le grade de lieutenant.
Carrière militaire de 1936 à la défaite de 1940
Il est affecté au 4e régiment du génie à Grenoble comme officier en second de la compagnie d'électromécaniciens.
Promu capitaine en septembre 1938, il est nommé professeur adjoint de fortification à Saint-Cyr.
Après la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne en septembre 1939, il commande la 12e compagnie d'électromécaniciens à l'état-major général, à Meaux[pas clair], puis entre à l'état-major du génie de la 9e armée à Vervins.