Ce Jour-là

Clovis Hugues

Poète, romancier et homme politique français

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Clovis Hugues, né le 3 novembre 1851 à Ménerbes (Vaucluse) et mort le 11 juin 1907 à Paris, est un poète, romancier et homme politique socialiste français.

Journaliste républicain sous le Second Empire, il participe à l'éphémère Commune de Marseille en 1871 puis est arrêté. Libéré en 1875, il milite activement comme républicain et socialiste durant les premières années de la Troisième République en adhérant au Parti ouvrier français puis en se faisant élire député en 1881. Il se joint par la suite au mouvement boulangiste puis finit sa carrière politique comme socialiste indépendant.

Il est l'époux de la sculptrice Jeanne Royannez et le père de Mireille Andrieu.

Ce fils de meunier fait ses humanités à Saint-Didier au séminaire de Sainte-Garde, dont il sort sous-diacre.

À sa sortie, il tâte du journalisme à Marseille et se décrit comme un Ruy Blas littéraire.

Il a dix-neuf ans quand éclate la Commune insurrectionnelle de Marseille. Il est à Marseille quand l'avocat-poète Gaston Crémieux proclame la « république sociale » le 23 mars 1871. Elle dure jusqu'au 4 avril quand la troupe régulière écrase le bastion communaliste de la préfecture, à l'aide des canons de Notre-Dame-de-la-Garde.

Le 21 septembre 1871, défendant en août les hommes de la Commune dans un article du Vrai Marseillais, Hugues est condamné à trois ans de prison et à une amende de 6 000 francs pour délit de presse, par le 1er conseil de guerre permanent de la 9e division militaire siégeant à Marseille du général Espivent de La Villesboisnet.

Hugues commence sa peine de prison le 9 novembre 1871. D'abord à la maison de correction d'Avignon, il est transféré à la prison cellulaire de Tours le 3 mars 1872. À Tours, il retrouve Auguste Sorbier, autre marseillais condamné pour délit de presse à la suite de la Commune de Marseille. Au cours de sa peine, il côtoie Eugène Garaudel, Joseph Pollio et Marc-Amédée Gromier, journalistes comme lui.

Sa peine se déroule sans incident notable. Mais ses relations avec l'administration pénitentiaire et plus particulièrement le directeur Emmanuel Matthieu se détériorent à la suite des confiscations de lettres par ce dernier, surtout lors de l'été 1874, marqué par la tentative de suicide de l'un de ses codétenus.

Sa peine se termine le 9 novembre 1874, mais son amende de 6 000 francs étant impayée, il reste en détention à cause de la contrainte par corps de 2 ans et doit donc passer à la catégorie des détenus pour dette. Cependant, à sa demande, il resta dans la catégorie des détenus pour délit de presse.

Le 18 juin 1875, Hugues est gracié par le Président de la République Patrice de Mac Mahon. Il sort de prison quelques jours après et retourne à Marseille avec Joseph Pollio.

Son mariage avec Jeanne Royannez

Libéré, Hugues reprend la plume dans les colonnes de La Jeune République pour demander l'amnistie des prisonniers politiques et des communards. Parce que son journal le charge d'une enquête sur les milieux socialistes, il rencontre des vieux quarante-huitards dont le journaliste républicain Adolphe Royannez (1829-1894), directeur de L’Athée et de La Voix du Peuple, membre de la Commune de Marseille, compagnon de Gaston Crémieux, proscrit en 1851, et tombe amoureux de sa fille, Jeanne Royannez, qu'il épouse à la mairie de Toulon le 30 novembre 1876.

De retour à Marseille, le couple est dénoncé le 9 mars 1877 dans L'Aiglon des Bouches-du-Rhône comme ne s'étant pas marié à l'église. L'affaire va jusqu'à une rencontre sur le pré entre le dénonciateur et le calomnié. Hugues sort vainqueur de ce duel après avoir occis son fielleux confrère d'un coup d'épée. Il est acquitté par la cour d'assises d'Aix-en-Provence, le 22 février 1878.

En mars 1878, il est candidat radical-socialiste dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône en remplacement de François-Vincent Raspail, décédé, mais il n'est pas élu.

En 1879, il participe à Marseille au Congrès constitutif de la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France (FPTSF) et se présente sous cette bannière aux élections de 1881, dans la même circonscription. Il est élu au second tour de scrutin, par 5 456 voix (10 009 votants, 19 940 inscrits), contre 4 414 à M. Simonin, républicain modéré). Il entre à la Chambre des députés, devenant ainsi le premier adhérent à un parti ouvrier élu à la Chambre. Le nouveau député déclare que grâce à son élection « il fera des petits ». Le jeune élu socialiste des Bouches-du-Rhône et son épouse s'installent à Paris.

Hugues commence alors à publier ses poèmes dans Le Tambourin et dans La Lune rousse, hebdomadaire qu'il édite avec André Gill. Tout en écrivant ses poèmes, il attaque à la Chambre Jules Ferry, morigène le ministre de la guerre de Gambetta, exige la libération des communards et fait l'éloge des mineurs de Decazeville en grève. Puis rentré chez lui, auprès de Jeanne, il reprend la plume pour composer en alexandrins Les Soirs de bataille ou Les Jours de combat. Maurice Blum écrit d'ailleurs à son propos : « Ce poète si soucieux du classicisme de ses alexandrins s'emploie sans relâche à briser le cadre de la société de l'époque ».

Il gagne, en 1884, le concours poétique sur le vin de Champagne, organisé par Armand Bourgeois et doté par le Champagne Moët & Chandon.

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