Cleews Vellay (né à Gonesse le 3 février 1964 et mort à Paris de complications liées au sida le 18 octobre 1994) fut président d'Act Up-Paris de 1992 à 1994. Il prit le relais de Didier Lestrade, premier président de l'association, et eut pour successeur Christophe Martet.
Issu d'un milieu populaire, Cleews Vellay exerça divers métiers : pâtissier, employé dans un chenil, puis enquêteur auprès de l'institut de sondages Ipsos. Homosexuel, il découvrit sa séropositivité en décembre 1986. Ayant adhéré à Act Up-Paris dès sa création en juillet 1989, Cleews Vellay devint responsable du Groupe d'action publique (GAP, chargé de l'organisation logistique des manifestations d'Act Up-Paris), puis il fut élu président de l'association, poste qu'il occupa de septembre 1992 à septembre 1994, un mois avant son décès.
Pour combattre la maladie, lui assurer davantage de visibilité dans les médias et critiquer les graves manquements à l'éthique qui l'entouraient à l'époque, Cleews Vellay mena les actions suivantes :
il osa assumer publiquement sa maladie aux côtés de Line Renaud lors du 1er Sidaction le 7 avril 1994, à une époque où beaucoup de malades mouraient du sida sans en parler ;
il anima l'émission mensuelle d'Act Up-Paris, intitulée Le Rose et le Noir, sur Radio libertaire, en collaboration avec d'autres membres de l'association ;
il rendit visible la prévention par la pose d'un préservatif géant sur l'obélisque de la place de la Concorde le 1er décembre 1993 ;
il protesta contre l'interdiction du préservatif par le pape Jean-Paul II pendant la messe de la Toussaint à la cathédrale Notre-Dame de Paris le 1er novembre 1991 ;
il hurla devant le ministère de la Santé pour réclamer des mesures d'urgence contre le sida ;
il fonda la Commission prison d'Act Up-Paris, lui-même n'ayant jamais été incarcéré ;
il participa à la commission Toxicomanie, lui-même n'étant pas dépendant ;
il soutint la demande de justice des hémophiles lors de l'affaire du sang contaminé, lui-même ayant contracté le VIH par voie sexuelle ;
il combattit l'expulsion des malades étrangers
il critiqua le manque de prévention du VIH pour les femmes.
Pendant les cinq dernières années de sa vie, Cleews Vellay tenta de combattre tout ce qui avait rendu possible sa contamination et favorisait les ravages du sida :
les inégalités d'accès aux traitements médicaux ;
l'opacité de la recherche scientifique ;
l'homophobie, ses racines politico-religieuses et ses théoriciens ;
l'incurie et la lâcheté des gouvernements en matière de prévention, d'accès aux soins et d'aide à la recherche ;