Ce Jour-là

Claus von Stauffenberg

Militaire allemand puis résistant au nazisme

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Claus Philipp Maria Schenk Graf von Stauffenberg est un officier de la Wehrmacht, né le 15 novembre 1907 à Jettingen-Scheppach et mort le 21 juillet 1944 à Berlin. Il est l’une des figures centrales de la résistance militaire contre le nazisme.

Alors qu’il est chef d’état-major auprès du commandant de l’Armée de réserve et de l’intérieur (Ersatzheer), Stauffenberg participe à un complot contre Adolf Hitler, organisant personnellement l’attentat du 20 juillet 1944, dans le cadre du coup d'État militaire avorté, connu aussi sous le nom d’opération Walkyrie.

Stauffenberg a tout d’abord montré sa sympathie pour différents aspects du national-socialisme, comme le nationalisme ou le révisionnisme concernant le traité de Versailles, jusqu’à ce que le caractère criminel du régime le pousse à la résistance à dater de 1942[réf. nécessaire].

Claus von Stauffenberg est né au château de Jettingen à Jettingen-Scheppach en Souabe, entre Augsbourg et Ulm. Il vient au monde dans l’une des familles les plus anciennes et les plus distinguées de l'aristocratie catholique du Sud de l’Allemagne, la famille Schenk von Stauffenberg. Il est le troisième fils et le benjamin. Ses parents sont Alfred Schenk, comte von Stauffenberg (1860-1936) et Caroline née von Üxküll-Gyllenband (1875–1957). Son père était le dernier « maréchal de la cour » (Oberhofmarschall) du royaume de Wurtemberg. Du côté de sa mère, Claus von Stauffenberg compte parmi ses ancêtres plusieurs Prussiens célèbres, dont le réformateur de l’armée prussienne August Neidhardt von Gneisenau. Son oncle Nikolaus von Üxküll-Gyllenband a influencé sa future participation à la résistance. Sa tante Alexandrine von Üxküll-Gyllenband (de), qui était infirmière en chef à la Croix-Rouge allemande, était également une personnalité reconnue.

Claus von Stauffenberg passe son enfance essentiellement à Stuttgart et au château Lautlingen, la résidence d’été de la famille à Albstadt-Lautlingen (aujourd’hui musée) avec ses deux frères jumeaux aînés Berthold et Alexander. Claus von Stauffenberg a eu lui aussi un jumeau, Konrad Maria, mort à la naissance.

Après des études au Eberhard-Ludwigs-Gymnasium de Stuttgart, il devient membre de la ligue de jeunesse Bund Deutscher Neupfadfinder où il est influencé par le mysticisme du Reich (Reichsmystizismus). Par la suite, il fait partie avec ses frères du cercle d’amis de Stefan George et de son Opposition conservatrice. Ayant reçu une éducation choisie, il s’intéresse à la littérature, mais opte pour la carrière militaire, malgré une santé fragile : en 1926, il s’enrôle dans le régiment familial à Bamberg en Bavière, le Reiter und Kavallerieregiment 17 (17e régiment de cavalerie et de cavaliers).

Après le baccalauréat (Abitur), Stauffenberg s’engage dans la Reichswehr le 5 mars 1926. Il commence son service au 17e régiment de cavalerie de Bamberg où il est incorporé comme Fahnenjunker. Après un an de service, il est envoyé à l’école d’infanterie de Dresde où tous les aspirants officiers doivent suivre une formation d’un an. En 1928, il est muté à l’école de cavalerie de Hanovre puis retourne à son régiment de Bamberg où il devient lieutenant le 1er janvier 1930 après être reçu à l’examen en sortant major de promotion.

Vers la fin de la république de Weimar, Stauffenberg, tout comme son frère Berthold, est proche des cercles de la révolution conservatrice. Même s’il montre du mépris pour le parti nazi qui monte, de nombreux points de cette pensée politique l’intéressent :

« L’idée d’un Führer… associée à celle d’une communauté nationale, le principe selon lequel le bien commun passe avant le bien privé et le combat contre la corruption, le combat contre l’esprit des grandes villes, l’idée de races et la volonté d’un nouvel ordre juridique allemand nous apparaît comme sain et porteur d’avenir ».

Lors de l’élection présidentielle de 1932, Stauffenberg se prononce alors contre le président en exercice, le conservateur et monarchiste Paul von Hindenburg et pour Adolf Hitler dont il salue clairement la nomination au poste de chancelier du Reich le 30 janvier 1933. Stauffenberg participe à la formation militaire des membres des SA et organise la remise de dépôts d’armes à la Reichswehr.

Le 26 septembre 1933, il épouse à Bamberg, à l'âge de 25 ans, Elisabeth von Lerchenfeld, dite "Nina", âgée de 20 ans, avec qui il a cinq enfants :

Berthold (*Bamberg, 3 juillet 1934),

Heimeran (* Bamberg, 9 juillet 1936- 20 octobre 2020),

Franz-Ludwig (*Bamberg, 4 mai 1938),

Valerie (*Bamberg, 15 novembre 1940 - décédée à Munich le 4 juin 1966 d'une leucémie),

Konstanze (en)( *Francfort-sur-Oder, 27 janvier 1945).

Sa femme Nina meurt le 2 avril 2006 à l’âge de quatre-vingt-douze ans, à Kirchlauter, près de Bamberg.

En 1934, Stauffenberg est muté à l’école de cavalerie de Hanovre en tant que Bereiter-Offizier (officier qui s’occupe des chevaux). À Hanovre, il se qualifie grâce à ses études sur les armes modernes (chars blindés et troupes aéroportées). Par la suite, il s’intéresse toutefois à l’utilisation militaire du cheval. Le 1er octobre 1936, il est envoyé à l’académie militaire de Berlin-Moabit pour y suivre une formation au sein de l’état-major général. Le 1er janvier 1937, il est promu Rittmeister. En juin de l’année suivante, il sert comme deuxième officier d’état-major général à l’état-major de la Ier division légère à Wuppertal sous les ordres du lieutenant-général Erich Hoepner avec lequel il prend part à l’occupation des Sudètes la même année.

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