Ce Jour-là

Claudine Monfette

Actrice canadienne

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Claudine Monfette, surnommée « Mouffe », est une actrice, scénariste, metteure en scène et parolière québécoise, née le 13 janvier 1945 à Montréal (Canada). Elle a écrit les paroles d’une trentaine de chansons et elle a fait, entre autres, la mise en scène de dix galas de l’ADISQ, cinq galas Juste pour rire ainsi que celle de plusieurs spectacles d’envergure comme les Fêtes nationales du Québec et le 350e anniversaire de la ville de Montréal. Elle s’est aussi impliquée dans différents événements aidant les débutants dans la chanson comme Festival en chansons de Petite-Vallée, Ma Première Place des Arts, l’École de la chanson de Granby.

Claudine Monfette naît à Montréal le 31 janvier 1945. Elle est la fille de Claude Monfette et de Michèle Barbeau et la petite-fille de Victor Barbeau écrivain-essayiste. Elle est l’aînée d’une famille de quatre enfants : Claudine, Bernard, Dominique et Michel.

Après un séjour d’un an à New York où son père, ophtalmologiste, était allé se spécialiser, la famille revient à Montréal et va finir par s’installer rue Dunlop à Outremont, un lieu qui deviendra mythique vers la fin des années 1960. Claudine Monfette a alors environ deux ans. Elle est élevée dans une famille bourgeoise outremontaise et elle a une bonne qui s’occupe d’elle, qui ramasse pour elle[pas clair] et fait son lit.

Elle fait son école primaire à l’école Saint-Germain d'Outremont, école dirigée par les sœurs de la congrégation des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie et, après son primaire, elle fait son cours classique et devient pensionnaire la semaine au couvent Sacré-Cœur, une « maison d’enseignement bilingue des religieuses du Sacré-Cœur de Jésus… vouée à l’éducation des jeunes filles de bonne famille ». À l’hiver 1963, elle suit des cours privés avec le comédien Marcel Sabourin pour se préparer aux auditions de l’École nationale de théâtre du Canada. Puis, Claudine Monfette, après son cours classique, fait un voyage en Europe comme il convient dans la bonne société.

Le 4 novembre 1963, elle entre à l’École nationale de théâtre du Canada et, à l’été 1964, elle commence une relation amoureuse avec Robert Charlebois, qui étudie aussi à la même école, ce qui changera sa vie à jamais. En effet, cette aventure affective devient fusionnelle et Charlebois passe le plus clair de son temps à la maison de la rue Dunlop. Plusieurs autres artistes passent aussi rue Dunlop, comme Claude Dubois, Michel Robidoux, Claude Péloquin, Marjo, Pierre Harel, Réjean Ducharme. Claudine vit sa vie à fond : fermeture de bars, bière, guitares, pot, jams, etc. Même si la politique de l’École de théâtre interdit aux élèves de travailler, elle fait partie de la revue parodique Yéyé versus chansonniers en 1965, avec le chanteur imitateur Jean-Guy Moreau et Robert Charlebois. Dans cette revue elle joue, elle chante et elle est délirante. Elle jongle avec les mots avec beaucoup d’adresse : « Les yéyés sont ceux auxquels je préfère aimer le mieux ». C’est à ce moment qu’elle devient officiellement « Mouffe ». Ce surnom — devenu un grand nom de l’industrie du spectacle au Québec — a été rendu public dans Chanson pour Mouffe de Robert Charlebois. Plus personne ne l’appelle Claudine.

Elle reçoit son diplôme de l'École nationale de théâtre en 1966. En novembre de la même année, elle fait son entrée au cinéma en interprétant le rôle de Madeleine dans le film Il ne faut pas mourir pour ça de Jean Pierre Lefebvre. L’année suivante, elle joue le rôle d’Emma dans Célimare le bien-aimé d’Eugène Labiche, pièce de théâtre classique enregistrée le 2 mars à l’auditorium de l’Université de Sherbrooke et diffusée le 19 mars à Société Radio-Canada. Peu après l’ouverture officielle de Terre des Hommes (exposition), le trio Moreau-Charlebois-Mouffe revient avec la revue parodique Terre des bums qui est considérée par certains comme l’embryon de L'Osstidcho qui aura lieu l’année suivante. En avril 1967, elle fait partie du tournage d’Où êtes-vous donc ?, le film de Gilles Groulx où elle interprète le rôle de Mouffe-Touffe. Puis, elle tourne jusqu’en avril 1968, dans un autre film de Jean-Pierre Lefebvre Jusqu'au cœur, elle joue le rôle d'Encyclopédine Monfette. C’est pour ce film qu’elle écrit sa première chanson : Jusqu’au cœur (À quoi rêvent les enfants avortés ?). En 1968, son amoureux Robert Charlebois part pour la Californie pendant que Mouffe part pour Berlin pour assister au Woche des Jugen Films Kanada, (Semaine du cinéma jeunesse Canada), où le film Il ne faut pas mourir pour ça de Jean-Pierre Lefebvre est présenté. À ce festival, elle côtoie les cinéastes Gilles Carle, Michel Brault, Arthur Lamothe, Gilles Groulx et Larry Kent. Sur le chemin du retour, Mouffe, en compagnie de Louise Latraverse, passe par Paris où se déroulent les événements de Mai 68 : les émeutes, les barricades de CRS. De son côté, Robert Charlebois rentre de Californie, avec la tête pleine de tout ce qu’il a vu : « Il avait ouvert toutes grandes les portes de sa perception. Il « voyageait » dans tous les sens du terme. Il était comme une éponge et s’imprégnait de toutes les rencontres qu’il faisait».

Vers le milieu des années 1960, partout à travers le Québec, le théâtre est en ébullition avec de jeunes comédiens qui refusent le théâtre classique et qui se mettent ensemble, sans dramaturge ni metteur en scène, pour créer des pièces de théâtre, incluant monologues, chansons, parodies et sketches ; cette nouvelle forme de spectacle porte le nom de création collective. D'autre part, à travers le monde, la jeunesse s’exprime et se révolte « de Berkeley à Tokyo, d’Amsterdam à Mexico, de Rome à Madrid et Varsovie, la jeunesse contestataire fait irruption sur la scène mondiale, s’affirmant comme nouvel acteur social». C’est dans ce climat d’ébullition que Louise Forestier, Yvon Deschamps, le Quatuor de jazz libre du Québec et le couple Mouffe-Charlebois créent L'Osstidcho, refusant ouvertement les dictats du théâtre traditionnels. Ce spectacle marque l’histoire du spectacle et révolutionne la chanson au Québec. En plus de l’immense talent des interprètes, le fait que le producteur Guy Latraverse ait amené ce spectacle en tournée à travers le Québec n’est peut-être pas étranger à son grand succès et sa grande notoriété. M. Latraverse, pour sa part écrit ceci : « La grande découverte de L'Osstidcho, c’était Yvon Deschamps qui parlait aux Québécois comme personne ne leur avait parlé avant, « Un bon boss pis une job steady »…». En 2022, après plusieurs décennies, la figure mythique du Québec se prête à un documentaire de Télé-Québec qui souligne l’Osstidcho.

Vers le début de 1969, Mouffe décide de se concentrer sur la carrière de Robert Charlebois en qui elle voit une très grande vedette. Elle trie son courrier et les textes de chansons qu’il reçoit, elle prend les décisions «…sur des questions pratiques comme les musiciens, la technique, les tournages de films et les passages à la télé, les entrevues avec les médias, toutes des choses dont on doit s’occuper dans la quotidienneté de la carrière d’un artiste. Mouffe avait une très bonne idée du fonctionnement du showbiz. Dans les faits, c’était elle le vrai manager de Robert Charlebois ; moi, je n’étais que le producteur (Guy Latraverse). Après avoir accompagné Charlebois à Paris en avril 1969, elle joue avec lui, à l’automne de la même année, dans La fin tragique de Suparchipelargo, une pièce en trois actes avec deux personnages, écrite par son ami Marcel Sabourin. Les critiques sont épouvantables et cette pièce devient le « flop le plus sanglant de ma vie » dit Robert Charlebois en entrevue pour la revue Érudit. En réaction aux critiques affreuses reçues, Mouffe avoue qu’elle a eu « sa petite vengeance» quand elle a écrit dans la chanson Ordinaire :

Cette chanson, Ordinaire, écrite par Mouffe et mise en musique par Charlebois et Pierre Nadeau, remporte en 1970 le prix de la meilleure chanson à Sopot, en Pologne. Mouffe raconte qu’à Sopot, « la salle s’est mise à scander mon nom. J’étais en coulisse et je suis allée sur scène. J’ai aimé ça ! ».

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