Claude de France, née le 13 octobre 1499 à Romorantin et morte le 20 juillet 1524 à Blois, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, devient duchesse de Bretagne en 1514 et reine de France en 1515 lorsque son époux, François d'Angoulême, cousin de Louis XII, devient roi sous le nom de François Ier.
Elle meurt à 24 ans après avoir mis au monde sept enfants, notamment le futur Henri II. Elle est la seule princesse royale à avoir été à la fois fille, épouse et mère de rois de France.
Son nom a été donné à une variété de prunes, la reine-claude, dont l'ambassadeur de France auprès de la Sublime Porte avait rapporté un plant, cadeau du sultan ottoman Soliman le Magnifique.
Claude naît le 13 octobre 1499 à Romorantin. Elle est la fille du roi Louis XII, précédemment duc Louis II d'Orléans, cousin de son prédécesseur sur le trône Charles VIII (1470-1498), de la maison de Valois. Charles VIII laissant veuve Anne de Bretagne, Louis XII en fait son épouse dès janvier 1499, afin de conserver le contrôle sur le duché de Bretagne, difficilement acquis au cours des guerres (1485-1491) qui ont marqué le règne de Charles VIII.
Claude reçoit son prénom en hommage à saint Claude, que sa mère avait invoqué lors d'un pèlerinage vers Saint-Claude, afin de pouvoir donner le jour à un enfant viable. En effet, des quatorze enfants qu'elle a mis au monde, seuls deux lui ont survécu.
Reine de France et duchesse de Bretagne, Claude a aussi été comtesse de Soissons, de Blois, de Coucy, d'Étampes, de Montfort, ainsi que duchesse de Milan dans le cadre des guerres d'Italie.
Alors qu'elle peut succéder à sa mère sur le trône de Bretagne, elle ne peut succéder à son père sur le trône de France du fait que la loi salique, instaurée en 1328 lors de l'avènement de la dynastie des Valois, exclut les filles du roi défunt de la succession.
Claude est l'unique enfant survivant de ses parents avant la naissance en 1510 de sa sœur Renée. Elle grandit principalement au château de Blois où ses parents la couvrent d'attention. Très pieuse comme sa mère, elle reçoit une éducation solide, comme en témoigne son livre d'heures, commandé en 1517 et rédigé en latin et en grec.
Projet de mariage avec Charles de Habsbourg (1501-1506)
Héritière du duché de Bretagne, Claude est fiancée en 1501 avec Charles de Habsbourg, futur Charles Quint (1500-1558), fils aîné et héritier du duc de Bourgogne Philippe le Beau (1479-1506), lui-même fils de Maximilien d'Autriche (1459-1519), empereur et chef de la maison de Habsbourg, qui avait d'ailleurs épousé par procuration Anne de Bretagne en 1490 (mariage cassé manu militari par Charles VIII en 1491). Philippe le Beau est aussi l'époux de Jeanne de Castille, fille et héritière présomptive d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon, les Rois catholiques d'Espagne.
Ce mariage revient à remettre le duché de Bretagne aux mains du duc de Bourgogne, ce que Charles VIII avait refusé en 1491. Cette démarche est cependant soutenue à la fois par Anne de Bretagne et par le cardinal d'Amboise. Celui-ci s'oppose au maréchal de Gié, partisan d'un mariage de Claude avec François d'Angoulême, cousin de Louis XII et premier prince du sang, héritier présomptif du royaume tant que Louis XII n'a pas de fils, fait duc de Valois en 1499. La reine veut, en tant que duchesse de Bretagne, s'assurer que le duché reste en dehors du domaine royal et au moins éviter qu'il tombe aux mains de François. Elle déteste en effet la famille d'Angoulême et en particulier le futur roi et sa mère, l'ambitieuse Louise de Savoie.
Il semble que Louis XII ait hésité. Louise de Savoie, mère de François, aurait obtenu en avril 1501 de lui la promesse (secrète) que Claude serait mariée avec son fils.
Louis XII accepte finalement l'union avec le prince Habsbourg parce qu'il a besoin du soutien de l'empereur et du roi d'Aragon pour ses projets italiens. Il s'apprête en effet à s'engager dans la troisième guerre d'Italie (1501-1504), dans laquelle il est allié au départ avec Ferdinand d'Aragon pour conquérir le royaume de Naples.
Un contrat de mariage est signé le 10 août 1501 à Lyon par François de Busleyden, archevêque de Besançon, Guillaume de Croÿ, Nicolas de Rutter et Pierre Lesseman, ambassadeurs de Philippe le Beau. Ce contrat prévoit expressément qu'à la mort d'Anne de Bretagne, le duché passera à Claude et à son époux.
Après la guerre, perdue par Louis XII (après avoir conquis le royaume de Naples avec le concours du roi d'Aragon, Louis XII en a été chassé par son allié), trois traités sont conclus en 1504 pour préciser le contrat de mariage, entre Louis XII (en position de faiblesse), Maximilien d'Autriche et Philippe le Beau : ils assurent à Claude une dot considérable en cas d'absence d'héritier mâle de Louis XII : outre le duché de Bretagne, elle recevrait le duché de Milan, le comté d'Asti, le comté de Blois et surtout le duché de Bourgogne, ce qui revient à recréer l'État bourguignon de Charles le Téméraire.
En 1505, Louis XII, malade et craignant de mourir incessamment (sans fils), prend conscience de la charge que ces traités imposeraient à son héritier présomptif. Il fait donc casser les fiançailles de Claude par les États généraux de mai 1506, tenus à Tours, au profit de François d'Angoulême. Philippe le Beau est alors très occupé en Castille pour se faire reconnaître comme roi consort (juin 1506). Sa mort peu de temps après (25 septembre) permet d'éviter que la rupture du contrat ait des conséquences trop graves.
Anne de Bretagne, furieuse de voir Gié triompher, va tout faire pour obtenir sa condamnation pour crime de lèse-majesté par le Parlement de Paris[pas clair]
Mariage avec François d'Angoulême (18 mai 1514)