Claude Simon, né le 10 octobre 1913 à Tananarive (Madagascar) et mort le 6 juillet 2005 à Paris (5e arrondissement), est un écrivain français qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1985.
Édité par les Éditions de minuit à partir de 1957, il est très vite classé parmi les auteurs de l'école du Nouveau Roman, aux côtés notamment d'Alain Robbe-Grillet et de Samuel Beckett (lauréat du Prix Nobel de littérature en 1969). Ses livres les plus connus sont La Route des Flandres (1960), Histoire (Prix Médicis 1967) et Les Géorgiques (1981). Le prix Nobel vient en 1985 récompenser un auteur « qui, dans ses romans, combine la créativité du poète et du peintre avec une conscience profonde du temps dans la représentation de la condition humaine ». Par la suite, il publie encore L'Acacia (1989) et Le Jardin des Plantes (1997).
Il s'est également intéressé à la peinture et à la photographie.
Origines familiales et formation
Claude Simon naît le 10 octobre 1913, à Tananarive (Madagascar), d'un père militaire dans les troupes coloniales. Celui-ci meurt le 27 août 1914, près de Verdun, au début de la Première Guerre mondiale (commencée le 3 août 1914 en ce qui concerne la France).
Sa mère, issue d'une famille du Tarn, descend du général Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel, député à la Convention (1792-1795).
À partir de 1914, sa mère et lui vivent à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Il commence ses études secondaires en 1924 au lycée François Arago de Perpignan (une promotion y est d'ailleurs nommée en son honneur).
Après la mort de sa mère en 1925, des suites d'un cancer, l'éducation de Claude est prise en charge par sa grand-mère maternelle et par un de ses oncles, sous la tutelle d'un cousin germain[réf. nécessaire]. Il devient alors élève du collège Stanislas à Paris (1925-1930), puis du lycée Saint-Louis.
Bachelier en 1931, il se consacre ensuite à la peinture et à la photographie, suivant notamment des cours à l'académie de peinture André Lhote.
De 1934 à 1935, il fait son service militaire au 31e régiment de dragons, caserné à Lunéville.
L'année suivante, il commence à écrire. Au début de la guerre civile en Espagne (18 juillet 1936), il se rend à Barcelone, bastion républicain face aux rebelles franquistes (il décrit cette expérience dans son roman Le Palace).
En 1937, il effectue un voyage qui le conduit en Allemagne, en Pologne et en URSS. Il se lance dans l'écriture d'un premier roman, Le Tricheur (publié en 1945).
Période de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
En septembre 1939, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est mobilisé au 31e régiment de dragons. Fait prisonnier par les Allemands après le désastre subi par l'armée française en mai-juin 1940, il est transféré dans un camp de prisonniers de guerre situé en Saxe. Il s'en évade et réussit à revenir à Perpignan, alors en zone libre. Craignant d'être arrêté après l'occupation de cette zone (le 11 novembre 1942, à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord), il se rend à Paris[Quand ?] où il habite jusqu'à la Libération (24 août 1944), participant à la Résistance.
Après la guerre, il devient viticulteur en Roussillon sur sa propre exploitation et commence la rédaction de plusieurs romans, édités au Sagittaire, puis chez Calmann-Lévy, qu'il considèrera par la suite comme appartenant à une période probatoire et peu convaincante : La Corde raide (1947), Gulliver (1952) et Le Sacre du printemps (1954). Cette période s'achève avec la publication du Vent (1957).
En 1957, il passe aux Éditions de Minuit, qui rééditent alors son premier roman, Le Tricheur (1945). Les livres suivants le classent, pour beaucoup de critiques, dans la mouvance du Nouveau Roman (selon le terme de Roger-Michel Allemand). Il est présent sur la « photographie du Nouveau Roman », qui réunit à la fin de 1959, plusieurs auteurs de ce courant.
Son roman La Route des Flandres, qui évoque la période de la défaite de 1940, obtient le prix de l'Express en 1960, année où il signe le Manifeste des 121 sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie. En 1967, il obtient le prix Médicis pour l'un de ses romans les plus connus, Histoire.
Après l'avoir rencontrée en 1962 chez Jérôme Lindon, directeur des Éditions de Minuit, Claude Simon se marie en secondes noces avec Réa Karavas.