Ce Jour-là

Claude Rahir

Artiste peintre et sculpteur belge

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Claude Rahir (Verviers, 17 décembre 1937 – Nodebais, 14 février 2007) est un artiste peintre et sculpteur belge connu pour ses Fresques urbaines de grande taille.

Outre des peintures à l'huile, sculptures, aquarelles, encres de Chine, Claude Rahir a réalisé un grand nombre d'œuvres monumentales, peintures murales ou mosaïques, en Belgique (Hall d'entrée hôpital Saint-Luc à Woluwé, Hall d'entrée Hôpital Saint-Jean à Bruxelles, Place Vinâve d'île à Liège, Place Agora à Louvain-la-Neuve, Centre culturel d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, Centre spatial ESA à Redu), Italie (Parco della Pace, Ravenna), Corée (Musée d'art moderne, symposium 1987), Japon (Wakamatsu et Funabashi), Bolivie (Yurack Casa), Jamaïque (Kingston, Université of West Indies et bâtiment des Mass communication), Guyane française (Centre spatial européen à Kourou) .

Les Auditoires Agora et les Auditoires Studio Agora sont ornés de peintures murales de grande taille que l'on peut sans exagérer qualifier de fresques.

La façade orientale des Auditoires Agora, orientée vers la place Agora et la Grand-Rue, est ornée d'une immense peinture murale de 110 m2 réalisée par Claude Rahir et intitulée C'est la Vie selon la signature de Rahir, mais également connue dans les sources comme Les âges de la vie ou Les saisons de la vie.

L'artiste a peint la plus grande partie de cette fresque en 1977 et en a complété la partie droite près de vingt ans plus tard, lors d'une restauration effectuée en 1995. L'œuvre est d'ailleurs signée et datée deux fois : Rahir 77 au bas de la fresque, à la verticale sous la fillette au violon, et C'est la Vie. Cl. Rahir 95 à l'extrémité droite.

Sur un fond à dominante verte orné de nombreux motifs végétaux et d'un immense oiseau blanc dans le coin gauche, la fresque représente les différentes saisons de la vie, à travers de nombreuses scènes comme un couple en train de lire, une femme enceinte, une jeune femme jouant du violoncelle accompagnée d'une fillette jouant du violon, une maman et son enfant, un couple d'âge mur. Outre ces scènes de la vie, la fresque représente également des personnages religieux, comme un ecclésiastique jouant de la flûte.

Petites histoires d'une grande université

Le pan de mur situé à l'arrière des Auditoires Studio Agora au-dessus de la rue de la Lanterne Magique est orné d'une autre grande fresque de Claude Rahir appelée Petites histoires d'une grande université.

Cette peinture murale est tout ce qui reste d'une immense fresque de 60 m de long et de 13 mde haut, d'une superficie de 668 m2 réalisée par Claude Rahir en 1984 et recouverte en 1991 à plus de 90 % lors de la construction du bâtiment de l'Institut d'administration et de gestion (IAG - Collège des Doyens).

On peut voir une photo de l'état initial de la fresque de 60 m de long sur le siteweb de l'UCLouvain ainsi que les sites Trompe l'œil et BD Murales.

Comme l'explique l'historienne Mélanie De Groote, la réalisation de la fresque est une initiative personnelle de l'artiste qui voulait embellir l'énorme surface grise constituée par le mur arrière de ce qui était alors le cinéma « Studio Agora ». Pour son travail, Rahir ne demande à l'UCL que l'équivalent de la somme nécessaire pour peindre le mur en blanc. Selon De Groote « le premier tiers de la composition suivait un plan préalablement soumis aux autorités académiques. La deuxième partie, soit les deux derniers tiers, s'est construite au jour le jour ». L'historienne précise que « Claude Rahir a également invité les étudiants à inscrire sur son œuvre quelques vers d'un poème d'amour de leur choix ».

Pour peindre sa fresque, Rahir travaille dans une nacelle suspendue, sans recul et sans possibilités de retouches. Il se repère sur les points de serrage du coffrage, disposés tous les 40 cm.

Quatre ans seulement après la réalisation de la fresque, l'UCL décide de construire l'Institut d'administration et de gestion (IAG - Collège des Doyens), qui masque depuis 90% de l'œuvre. La peinture murale n'est pas été détruite : elle existe toujours, protégée par une couche de frigolite, mais elle est invisible.

La fresque raconte l'histoire de l'Université de 1425 à 1980 et se lit comme une bande dessinée.

La première partie de la peinture murale décrit l'Université ancienne, basée à Louvain, tandis que la deuxième partie décrit l'UCL à Louvain-la-Neuve et à Louvain-en-Woluwe (Bruxelles).

La partie restée visible correspond environ au quart de la première partie. La fresque se lisant de gauche à droite, c'est donc le tout début de l'histoire qui a été préservé.

Comme le souligne l'historienne Mélanie De Groote, « La fresque s'ouvre sur l'acte fondateur de l'université ». On y voit le pape Martin V, assis sur un trône et coiffé de la tiare, tenant sur les genoux un document qui serait la bulle de fondation de l'Université de Louvain le 9 décembre 1425.

À la droite de Martin V est représenté l'hôtel de ville de Louvain et sous lui sont figurés les premiers enseignements délivrés par l'Université, avec un professeur et des étudiants médiévauxselon un dessin réalisé en 1467 par « G. Lichton étudiant UCL en philosophie ». À côté de cette scène, une jeune femme est représentée allongée sous un poème de Louise Labe (1526) : Tout en un coup je sèche et je verdoie. Ainsi Amour inconstamment me mène.

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