Claude Régy est un metteur en scène de théâtre français, né le 1er mai 1923 à Nîmes et mort le 26 décembre 2019 à Paris 16e.
Il a contribué au renouvellement du jeu de l'acteur et de l'esthétique du théâtre contemporain. Longtemps assistant d'André Barsacq au théâtre de l'Atelier, travaillant la plupart du temps en collaboration avec des dramaturges contemporains, il a amené sur scène des écritures aussi diverses que celles de Peter Handke, Marguerite Duras, Jon Fosse, Arne Lygre, Botho Strauss ou Leslie Kaplan ainsi que les traductions de la Bible par Henri Meschonnic. Il a travaillé avec des acteurs aussi divers que Delphine Seyrig, Valérie Dréville, Gérard Depardieu, Michel Bouquet ou Isabelle Huppert.
Fils de Marcel Régy, officier de cavalerie, Claude Régy naît dans une famille protestante et bourgeoise, et grandit entre Montauban et Nîmes. Tout en reniant le puritanisme, il reste très attaché à la spiritualité de la Bible.
Il s'oriente d'abord vers des études de droit et de sciences politiques, s'inscrivant à l'École libre des sciences politiques.
Très vite, décide d’abandonner l’université afin de monter à Paris se former à l’art dramatique. Il suit les cours de Charles Dullin, Tania Balachova et Michel Vitold. Il devient assistant d'André Barsacq au Théâtre de l'Atelier, avant d’entamer ses propres mises en scène.
En 1952, Claude Régy a vingt-neuf ans quand son compagnon se suicide, à l'âge de vingt-deux ans. « Après un temps de solitude absolue, d’éloignement, j’ai basculé cette souffrance dans le travail. J’ai fait mon premier spectacle » écrit-il. Il met alors en scène Doňa Rosita, de Federico Garcia Lorca en 1952, au Théâtre des Noctambules.
Intéressé par la littérature contemporaine, il se lance dans l’adaptation des œuvres de grands auteurs modernes (Marguerite Duras, Nathalie Sarraute…). Il montre un réel intérêt pour le dialogue et l’échange avec les auteurs de son temps, qu'ils soient français, ou anglo-saxons. Ses spectacles, joués au Théâtre Antoine à Paris avec des comédiens prestigieux (Delphine Seyrig, Jean-Pierre Cassel, Michel Piccoli, Judith Magre, Jean Rochefort, Michel Bouquet, Jean-Pierre Marielle, Pierre Brasseur ou Isabelle Huppert), connaissent un grand succès. Il dirige également des acteurs de théâtre comme Laurent Terzieff, Silvia Monfort, Valérie Dréville, Yves-Noël Genod, Yann Boudaud, Jean-Quentin Châtelain ou Gérard Watkins.
Il a travaillé avec plusieurs scénographes, notamment Jacques Le Marquet, Daniel Jeanneteau et Sallahdyn Khatir. Il continua à travailler avec de jeunes acteurs, notamment au sein de l'école du TNB.
Claude Régy se tourne, dans les années 1970, vers des auteurs non francophones tels que Peter Handke, Luigi Pirandello ou Anton Tchekhov. Il découvre aussi de nouveaux auteurs, qu'il met en scène, tel Gregory Motton (en).
En 1980, il fonde sa propre compagnie, Les Ateliers contemporains.
Il s’est par ailleurs essayé à l’interprétation, notamment dans deux pièces de Jean-Paul Sartre, La Putain respectueuse, dans une mise en scène de Julien Bertheau, et Morts sans sépulture, dans une mise en scène de Michel Vitold en 1946.
Sa conception du théâtre tranche avec tout ce qui se faisait avant lui. Il développe une esthétique minimaliste qui deviendra la marque de fabrique de ses spectacles.
Claude Régy est le compagnon d'Alexandre Barry jusqu'au moment de sa mort.
Il meurt à l'âge de 96 ans le 26 décembre 2019 à Paris 16e. Incinéré au crématorium du Père-Lachaise, ses cendres sont inhumées au cimetière du Montparnasse (division 18).
Claude Régy accorde plus d’importance au jeu de l'acteur qu’à l'intrigue ; il se place contre l’incarnation des personnages, et penche davantage vers l’appropriation du texte par le comédien. Visuellement, la présence ou l’absence de lumière prend le dessus sur le décor, les mots s’écoutent, les gestes s’observent, et tout cela se dilue dans des séquences volontairement longues et étirées.
L'esthétique du jeu d'acteur selon lui se caractérise par une diction hachée et monocorde, où les syllabes sont entre-coupées de silence, pour laisser place à notre imagination. La respiration est considérée comme l'essence du théâtre ; chaque geste, chaque mot doit être nécessaire. Le metteur en scène mise sur la force du silence et la sensibilité des acteurs à ce qui les entoure.
Il défend une création où l'on admet le doute, l'incertitude, l'incompréhension. Il s'exprime ainsi : « le désespoir est force de vie ». Il invite le spectateur à se nourrir du vide, en proposant des spectacles à l'esthétique minimaliste, où gestes et voix sont mis en valeur par une épuration maximale. Il mise sur la lenteur, la solitude, et ce climat de vide crée une vibration qui entraine le spectateur dans un état d'hypnose.
Il dit que parler de son travail est une tricherie, qu'il faut que les choses restent mystérieuses et secrètes, il refuse de donner un mode d'emploi à la compréhension de ses spectacles. D'ailleurs les spectacles sont plus à s'approprier qu'à comprendre: « il faudrait toujours que le public se sente en état de création », affirme-t-il. Il donne à voir et à entendre un spectacle sans finitude, où le public a aussi son travail de création à faire.