Claude Got, né le 5 mai 1936 à Sarreguemines en Moselle et mort le 11 août 2023 à Linkebeek en Belgique par euthanasie, est un professeur français de médecine, honoraire depuis 1997, diplômé en 1965 de la faculté de médecine de Paris et spécialiste d’anatomie et de cytologie pathologique.
Son travail de médecin légiste à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, à partir de 1970, l'amène à s'impliquer auprès des pouvoirs publics français dans le domaine de la sécurité routière sur des sujets comme le port obligatoire de la ceinture de sécurité, la définition des limitations de vitesse et les contrôles préventifs de l'alcoolémie.
Il est en 1978 et 1979 conseiller technique au cabinet de la ministre de la Santé Simone Veil et met notamment en application le numerus clausus des médecins français. Il intervient ensuite dans d'autres sujets de santé publique : il participe ainsi à la rédaction de rapports sur l'alcool, le tabac, le sida, l'amiante qui sont à l'origine de mesures telles que la loi Évin.
De médecin légiste à expert de la sécurité routière
Implication dans les premières études d'accidentologie
En 1965, il devient professeur d’anatomo-pathologie à l'hôpital de Garches. Il constate les effets de l'insécurité routière, qui perdurent en 1973, où seulement 20 % des Français acceptent de boucler la ceinture de sécurité, action devenue alors obligatoire dans les véhicules équipés. Selon lui, « il y avait beaucoup d’idées fausses. Certains disaient que c’était dangereux de la porter, qu’en cas de choc, la ceinture allait casser des côtes ».
En 1970, Claude Tarrière, fondateur du laboratoire de biomécanique et de sécurité routière, un médecin travaillant à l'amélioration de la sécurité des véhicules chez Renault, demande à des médecins de l'hôpital de Garches de l'aider à améliorer les ceintures de sécurité inventées par le constructeur Volvo en 1959 dont les voitures commencent à être équipées. Claude Got participe à cette étude, en particulier par la pratique d'autopsies d'accidentés, afin de préciser les causes de leur mort, et par celles de corps donnés à la science utilisés lors des tests de collision. Claude Got travaille sur l'élaboration de ceintures de sécurité ayant la bonne largeur et rigidité et participe également au développement des systèmes de sièges bébé toujours avec Renault. Cette étude pour Renault est déterminante car elle lui permet de travailler avec le constructeur sur les lésions mortelles lors des accidents. L'équipe multiplie les études, qui sont remarquées par Christian Gerondeau. Ce dernier propose de rendre obligatoire le port de la ceinture de sécurité en 1973. Claude Got dit avoir inventé l'« accidentologie ».
Son activité s'étend ensuite aux recherches sur les tolérances humaines aux chocs, aux accidents sous l'influence de l'alcool, puis à de nombreux domaines concernant la sécurité passive. Claude Got affirme en effet avoir été marqué par la « fréquence élevée avec laquelle ce sont les parents qui enterrent leurs enfants » lors d'accidents de la route, son bureau se trouvant dans le funérarium de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches. Il collabore avec les responsables du Comité interministériel de la sécurité routière dès sa création en 1972 et participe à l'élaboration de rapports sur les connaissances dont ils ont besoin pour préparer les décisions gouvernementales destinées à améliorer la sécurité.
Claude Got est le fondateur de l'Association pour l'interdiction des véhicules inutilement rapides (APIVIR), créée en 2004. L'association est à l'origine d'un recours rejeté par le Conseil d'État en 2006 concernant le bridage à 130 km/h de tout véhicule routier vendu sur le territoire français.
En 2013, en tant que membre du Comité des experts du Conseil national de la sécurité routière (CNSR), il préconise la limitation de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles nationales, départementales et communales où elle est limitée à 90 km/h. En 2015, il démissionne de ce comité avec la sociologue Claudine Perez-Diaz ; les deux experts entendent protester contre la décision du gouvernement de renoncer à cette mesure avant que le CNSR rende son avis sur le sujet.
Le 16 juin 2018, Le Journal du dimanche publie les résultats d'une étude de Claude Got pour la Ligue contre la violence routière, couvrant la période 2006-2015, qui identifie les voies sans séparateur médian de chaque département français où la mortalité est la plus élevée, peu avant l'entrée en vigueur de la limitation à 80 km/h de la vitesse autorisée sur ces voies.
Début 2020, alors que les présidents de région ont obtenu la possibilité de rétablir la limitation de vitesse à 90 km/h sur certaines routes, il s'oppose à cette mesure, considérant qu'elle va accroître la mortalité routière.
En 2013, alors membre du CNSR, il réagit aux résultats d'enquêtes d'opinion favorables à une visite médicale obligatoire pour les personnes âgées qui conduisent et affirme que « les pays qui ont mis en place un examen médical pour les personnes âgées n'ont pas observé de diminution significative de l'accidentologie auprès des personnes concernées » et que « pour les assureurs, les gens vieillissants sont de bons clients ».
En 2015, il estime que « fixer un seuil d’âge précis pour un examen médical ne sert à rien » car « on peut faire un Alzheimer à 50 ans » et, face à un conducteur âgé, conseille aux familles « en dernier recours, de savoir dire non » et de « saisir le procureur de la République pour « mise en danger délibéré d’autrui ». Le procureur saisit alors la commission médicale qui peut retirer le permis », tout en soulignant la difficulté de cette démarche pour les proches.
Autres interventions dans le domaine de la santé publique
Claude Got est conseiller technique en 1978 et 1979 au cabinet de la ministre de la Santé Simone Veil, puis dans le cabinet du ministre de la Santé Jacques Barrot de 1979 à 1981. Il est par exemple le rédacteur des décrets d’application de la loi de 1979 sur la réforme des études médicales, publiés en mai 1980, et instaurant véritablement l'application du Numerus Clausus créé en 1972. En 1984, il démissionne du Haut Comité d'étude et d'information sur l'alcoolisme pour protester contre le refus gouvernemental d'interdire la publicité pour les boissons alcoolisées titrant moins de 9 degrés d'alcool sur les chaînes de télévision privées.
En 1985 il devient chef du service d'anatomie pathologique de l'Hôpital Ambroise Paré à Boulogne.
En 1988, il remet à Claude Évin, ministre de la Santé, un rapport sur le sida, qui définit les grandes lignes de la lutte contre cette maladie.