Ce Jour-là

Claude Gauvreau

Dramaturge oeuvrant au Québec

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Claude Gauvreau, né le 19 août 1925 et mort le 7 juillet 1971 à Montréal, est un poète, dramaturge et critique d'art libertaire québécois. Il est un l’un des signataires du célèbre manifeste automatiste Refus global. Il est surtout reconnu pour son langage exploréen, une glossolalie poétique et un travail sur la langue basé sur l’automatisme. De son vivant, il fait paraitre Sur fil métamorphose (1953) et Brochuges (1957). En 1974, soit trois ans après sa mort, il est le sujet d’un documentaire de Jean-Claude Labrecque produit par l’Office national du film du Canada.

Dès son plus jeune âge, Claude Gauvreau a été plongé dans une ambiance théâtrico-littéraire. Enfant, il jouait dans les pièces écrites par Thérèse Bouthillier à Sainte-Anne-de-Sabrevois dans le comté d'Iberville. C’est à l’âge de neuf ans qu’il écrivit sa première pièce de théâtre.

Claude Gauvreau fait des études classiques au collège Sainte-Marie de Montréal. C’est à ce moment-là que Gauvreau est introduit à la poésie déclamatoire de Paul Claudel, qui fut la première grande influence de sa carrière littéraire. Il fut expulsé deux fois du collège : la première fois en syntaxe pour avoir composé des dessins obscènes et la deuxième, en cours de Philosophie II, pour avoir soutenu des opinions incompatibles avec l’enseignement officiel.

Études, influences et début de carrière

Le contact de Rimbaud, mais surtout la découverte d’Apollinaire influencèrent sa première œuvre importante, Les Entrailles, qu’il commença en 1944. À cette époque, il ne connaissait pas les surréalistes.

La connaissance de Tzara et Artaud allait lui faire découvrir de nouveaux horizons. Il obtient un baccalauréat en philosophie de l'Université de Montréal. C'est à l'Université de Montréal qu'il termine Les Entrailles, une série de 26 objets dramatiques en lesquels apparaissent déjà des esquisses de ce qui deviendra bientôt le signe particulier de son écriture, l'exploréen, travail sur la langue et invention de mots basée sur un automatiste surrationnel, relié à une réalité psychologique davantage que physique. L'objet « Fatigue et réalité sans soupçon » est un exemple d'automatisme surrationnel que le poète développe plus tard dans ses pièces d'envergure.

Il découvre les arts modernes par son frère Pierre, qui fréquentait l'École des beaux-arts de Montréal, et rencontre le peintre Paul-Émile Borduas. Il devient alors un avocat inconditionnel du mouvement automatiste. Il est le seul poète, donc théoricien, du groupe automatiste et est aussi un des signataires du manifeste Refus global paru en août 1948 alors que Claude a à peine 23 ans.

En 1947, il présente sa première pièce, Bien-être, avec l'actrice Muriel Guilbault, la muse incomparable dont il est profondément amoureux, bien que ce soit un amour à sens unique. C'est Muriel qui lui proposa d'écrire des textes radiophoniques. Certains textes eurent du succès, principalement Le Coureur de marathon.

Après le suicide de Muriel Guilbault survenu le 2 janvier 1952, Claude Gauvreau entreprend d'écrire le roman Beauté baroque dans lequel il relate sa relation avec la comédienne. Après cet exercice éprouvant, il souffre d'amnésie. Quelques années plus tard, fin novembre 1954, Gauvreau fait un premier séjour à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu où il est traité par le psychiatre Lorenzo Morin. À partir de ce moment, la vie du poète alternera entre séjours et congés en clinique où il aura l’occasion d’y rencontrer parfois le médecin et homme de lettres Jacques Ferron qui est chargé de l’aile des femmes vers la fin des années soixante et début soixante-dix.

En 1956, il fonde les Éditions de Feu-Antonin afin d’y publier son recueil des poèmes, Brochuges, mais qui paraît seulement au début de 1957. Par contre, Roland Giguère fait paraître dans ses Éditions Erta Sur fil métamorphose (collection de la Tête armée #4) de Gauvreau. Les deux livres sont les seuls à avoir été publiés de son vivant. Étal mixte, son premier recueil de poésie, était écrit de 1950 à 1951 et préparé pour publication aux Éditions d’Orphée de André Goulet en 1968. Cependant, l’ouvrage n’a jamais été édité et près de 800 exemplaires de l’édition originale sur mille ont été détruits. Deux-cent-deux ont été retrouvés et publiés en 1977, juste avant les Œuvres créatrices complètes et avec l’autorisation des Éditions Parti pris.

Le groupe automatiste se dissout peu à peu alors que ses membres poursuivent individuellement leur recherche créative au Québec, aux États-Unis et en France.

Rejetant toute forme de dogme, Claude Gauvreau admire néanmoins certains anarchistes tels que Bakounine, Makhno et Juan García Oliver.

Il participe à la Nuit de la poésie du 27 mars 1970.

Le 6 juillet 1971, il travaille jusque tard le soir avec Jean-Pierre Ronfard, metteur en scène de sa pièce Les oranges sont vertes. Gauvreau refuse l'idée de Ronfard de continuer le lendemain, jour où débuteront les premières répétitions, et ils s'efforcent de tout finir cette nuit-là. Le lendemain, Gauvreau est retrouvé mort — près d'un immeuble de Montréal — empalé par une clôture. Il se serait défenestré. Une autre thèse soutient toutefois qu'il serait accidentellement tombé du toit où il faisait des réparations.

D'après le rapport du coroner et le rapport d'incident du service de la police de Montréal, le 7 juillet 1971 en début d'après-midi un automobiliste signale avoir aperçu un homme chuter d'un toit en face du 4070, rue Saint-Denis à Montréal. Claude Gauvreau est transféré à l'hôpital Notre-Dame où son décès est constaté. Après examen interne du médecin, Claude Gauvreau est mort des suites d'un polytraumatisme, de fractures multiples et d'une inondation des bronches et de la trachée par du sang. Le coroner indique que les causes du décès s'avèrent violentes mais qu'il est impossible de déterminer les circonstances de celle-ci en l'absence de témoin.

En 1974, il est le sujet du long métrage documentaire Claude Gauvreau - Poète, réalisé par Jean-Claude Labrecque et produit par l’Office national du film du Canada.

Le fonds d’archives de Claude Gauvreau est conservé au centre d'archives de Montréal des Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Au cœur des quenouilles, Bien-être, L’ombre sur le cerceau, courtes pièces parues dans Refus global, Éditions Mithra-Mythe, 1948

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