Claude Garache est un peintre, graveur et lithographe français né le 20 janvier 1929 à Paris, où il est mort le 29 août 2023.
En 1948, Claude Garache exécute ses premiers travaux personnels. Il reçoit la même année l’enseignement de Robert Coutin, en dessin et en sculpture. Il fréquente les ateliers de Fernand Léger, d’André Lhote, et l’atelier d’art monumental de l’École nationale supérieure des beaux-arts[réf. souhaitée].
Après de nombreux voyages en Europe (Pays-Bas, Belgique, Rome, Italie du Sud, Grèce, Istanbul), au Moyen-Orient (Liban, Syrie, Irak, Iran) et États-Unis, où il travaille pour les studios de la Metro-Goldwyn-Mayer en Californie, il se fixe en 1959 à Paris et commence à travailler face au modèle dans l’atelier. Il rend alors plusieurs visites à Alberto Giacometti[réf. souhaitée].
Parmi ses voyages, on compte un séjour d'un an à la Casa de Velázquez de Madrid de 1957 à 1958.
En 1962, Theodore Schempp devient son marchand. Ses premières expositions chez Aimé Maeght sont très remarquées, en particulier par Chagall et Miró. Dès 1972, Raoul Ubac relève par ailleurs la singulière cohérence de son œuvre, « animée d’un étrange pouvoir travaillant par poussées successives à la reconstitution lente et progressive d’un corps unique. »
Dora Vallier parle de sa peinture de nus comme d’un art « post-abstrait ».
Le travail de l’eau-forte accompagne sa peinture depuis 1965.
Ami de nombreux écrivains, très lié notamment à André Frénaud et Jacques Dupin[réf. souhaitée], il a illustré plusieurs livres de poésie d’Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet ou Edmond Jabès.
« Il me plaît que le rouge, ce rouge sans mélange, devienne la nacre d'une épaule, paraisse bleuir au bord d'un sein, et qu'une ombre s'accumule dans la masse opaque de la chevelure ou au secret du ventre. Que la couleur tourne en volume, que le volume fasse jouer la lumière. Que s'inscrive sur la toile une forme, avec sa pesanteur. En se donnant un seul tube de rouge, Garache n'en cherche pas moins à modeler ses chairs comme Rubens, avec des roses légers, des ombres violettes et des demi-teintes orangées : exigence gratuite, prétention impossible, et pourtant nul moyen de nier le résultat. Prouesse : mais qui, née d'une austérité volontaire, est le contraire de la virtuosité. »
« La couleur qu'emploie Garache n'est-elle pas, bien que si proche en nuance du sang qui donne chair à la vie, chaleur et sens à la chair, ce qui, tout au contraire, par ses apports d'extériorité, de silence, peut le plus insidieusement, le plus dangereusement, en pervertir les aspects : la phrase devenant d'autant plus incompréhensible qu'elle a été presque préservée ? Couleur pour décolorer, unité pour décomposer, ôtant la chaleur au souffle, le regard aux yoeux, le rêve même au désir. Un "opérateur" métaphysique, disons, par quoi l'apparence, se retournant contre soi, se défait de nous. »
« Le rouge s'est imposé et ses différentes nuances suffisent à évoquer toutes les nuances de la lumière sur un corps. Nous nageons dans un système codé où il s'agit de rendre fidèlement toute la réalité avec des moyens prélevés dans la réalité donc nécessairement en nombre réduit. Établir une équivalence, jeter un pont, faire vibrer une harmonique, voilà ce dont il s'agit. Pour y parvenir, Garache s'est servi du rouge et le rouge l'a bien servi. »
« La peinture de Garache est animée d'un étrange pouvoir, travaillant par poussées successives à la reconstitution lente et progressive d'un corps unique. En vue de quelle plénitude, de quelle réhabilitation glorieuse ? »
Son œuvre est gérée par l'ADAGP et le Fonds de dotation Hélène et Claude Garache.
Collections publiques françaises
Antibes, musée Picasso : Bougerie, Grand Loing, Ramonde.
Autun, Musée Rolin : deux Autunoise.
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts : Ramonde (2002).
Dijon, musée des Beaux-Arts : Mayme, Questine, Loing, Couée.