Ce Jour-là

Claude Fauriel

Historien, linguiste, critique et érudit français

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Charles-Claude Fauriel, né rue Violette à Saint-Étienne le 21 octobre 1772 et mort le 15 juillet 1844 à Paris, est un historien, philologue, linguiste, critique et érudit français, professeur de littérature étrangère à la Sorbonne de 1830 à sa mort.

Son père, Joseph, menuisier d'origine ardéchoise, le met en nourrice chez ses parents à la mort d'Anne Faure, sa mère, 23 jours après sa naissance.

Après des études primaires à Saint-Étienne, il fréquente le collège des Oratoriens de Tournon, puis le séminaire de la Croix Paquet à Lyon.

Les archives communales de Saint-Étienne pour 1791 et 1792 ont disparu. On ne peut donc pas retracer précisément - avec des sources fiables - son activité politique à partir de son retour à Saint-Étienne, ses études terminées.

Les lettres de 1793 à son camarade Arnaud, attestent de son passage auprès du général Servan comme secrétaire à l'Armée des Pyrénées et du rôle de mentor qu'a pu jouer à cette occasion Étienne Marie Siauve, devenu commissaire des guerres en 1792, de quatorze ans son aîné, ami du général et fondateur en 1789 de la Société des Amis de la Constitution.

Retour à Saint-Étienne (1793-1799)

En 1793, il revient à Saint-Étienne, bientôt rebaptisée commune d'Armes. Il annonce à son ami Arnaud le 13 mars 1793, son changement de prénom, il sera Démophile et non plus Diagoras : "L'almanach des républicains m'avait donné ce Grec pour patron; mais je le renonce depuis que je sais que ce fut un athée aussi décidé que Jacob Dupont."

Il refuse alors de s'associer à la municipalité fédéraliste de Louis-Joseph Praire-Royet (Modérés). Il occupe des fonctions administratives de secrétaire général de la mairie de Saint-Étienne conduite par le jacobin Jean-Baptiste Johannot, devenant très brièvement maire en décembre 1793 à sa destitution.

Au printemps et à l'été 1794, en tant qu'agent national il joue un rôle modérateur, et tente de s'opposer aux excès verbaux du magistrat montbrisonnais Claude Javogues, conventionnel représentant en mission dans la Loire.

À l'occasion de la fête de l'Être suprême de l'An II, en 1794, il prononce un discours depuis la chaire de l'église Notre-Dame déchristianisée, rebaptisée Temple de la Raison, dont il règle le cérémonial en tant qu'agent national. Mais les "propos qu'il tient ici et les procès-verbaux de la commune suggèrent qu'il fut tout autre chose que le suppôt stéphanois de la politique robespierriste" et "L'orateur du 20 prairial n'est pas différent de l'homme que nous livrent les archives et la correspondance : patriote... ou encore républicain, c'est-à-dire jacobin, mais nullement montagnard, a fortiori enragé"

Après la chute de Robespierre, il se consacre, au sein de la Société populaire, dont il est vice-président, à des projets de mise en place de l'instruction publique dans la commune.

Le 28 août de cette même année il donne sa démission.

Un stage déterminant de quatre mois à Paris

Pendant l'hiver 1795, il fait partie des 1 500 jeunes hommes, citoyens déjà instruits, actifs pendant la période précédente, sélectionnés par la Convention pour enseigner ensuite dans les Écoles centrales départementales et assurer la diffusion d'un savoir homogène sur tout le territoire. Les maîtres de l'école normale de l'an III sont des savants prestigieux : Monge, Laplace, Claude-Louis Berthollet, Volney, Jean-François de La Harpe, Cabanis. Cours, débats, groupes de travail restreints, textes sténographiés, ce stage intense restera unique. Déterminant selon son biographe Galley : "Il cessa d'être de Saint-Étienne quand il fut appelé à Paris". Un coup de chance pour le jeune Fauriel dont le père voulait faire un menuisier.

Découragé par la violence issue de la réaction thermidorienne, poursuivi en tant que patriote jacobin, il fuit Saint-Étienne en mai 1795 et s'engage dans l'armée des Alpes. Il revient néanmoins très vite, nommé secrétaire de l'administration municipale en mars 1796, puis est professeur à l'école centrale de Roanne en mai de la même année.

Il entretiendra des relations difficiles avec ses compatriotes et sa ville natale où il ne reviendra pas. Dans sa thèse de 2005, Elena Mochonkina évoque ses réticences à parler de la misère matérielle de sa jeunesse, sa "honte sociale", son "mutisme calculé"

Il se rend à Paris en 1799 où il occupe grâce à l'appui d'Etienne-Marie Siauve un emploi au ministère de la Police du Consulat sous le ministère de Joseph Fouché, un ex-oratorien . Il devient un de ses secrétaires particuliers. Ce poste aux missions ambigues de surveillance-espionnage ne convenait ni à ses goûts ni à ses sentiments et il n'attend pas l'Empire pour démissionner, en 1802, « par fierté républicaine ». Sainte-Beuve lui attribue cette formule : « Je suis volontiers pour la république, à condition qu'il n'y ait pas de républicains. »[réf. nécessaire]

Dès 1800, il se fait connaître comme critique dans La Décade philosophique : il publie trois articles sur De la littérature de Germaine de Staël qui marquent son entrée dans un débat culturel européen venu d'Allemagne, sur l'évolution nécessaire du goût, en opposition à l'hégémonie du goût français pour la tragédie classique.

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