Ce Jour-là

Claude Debussy

Compositeur français

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Claude Debussy est un compositeur français né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 25 mars 1918 à Paris.

En posant en 1894 avec Prélude à l'Après-midi d'un faune le premier jalon de la musique moderne, Debussy place d'emblée son œuvre sous le sceau de l'avant-garde musicale. Il est brièvement wagnérien en 1889, puis anticonformiste le reste de sa vie, en rejetant tous les académismes esthétiques. Avec La Mer, il renouvelle la forme symphonique ; avec Pelléas et Mélisande, l’opéra français sort des ornières de la tradition du drame lyrique, tandis qu’il confère à la musique de chambre, avec son quatuor à cordes, des accents impressionnistes inspirés.

Une part importante de son œuvre est pour le piano et utilise une palette sonore particulièrement riche et évocatrice. Claude Debussy laisse l’image d’un créateur original. Son influence sera décisive dans l’histoire de la musique.

Achille-Claude Debussy naît dans la maison familiale au no 38, rue au Pain à Saint-Germain-en-Laye, le 22 août 1862. Ses parents, Manuel-Achille, un ancien militaire, et Victorine Manoury, sont vendeurs de céramiques et de poteries (« marchands faïenciers »). Onze mois plus tard, le 23 juillet 1863, sa sœur Adèle vient au monde, également au 38, rue au Pain. Claude Debussy est baptisé le 31 juillet 1864 en l’église Saint-Germain ; son parrain est le banquier Achille Arosa, sa marraine est Clémentine Debussy, tante de Claude et maîtresse d’Arosa, qui signe le registre du nom d’Octavie de la Ferronière afin de rendre sa liaison plus discrète.

Les Debussy quittent leur boutique de Saint-Germain-en-Laye vers la fin de 1864, faute de rentabilité. Ils passent un moment à Clichy chez la grand-mère maternelle d’Achille-Claude, Edme Manoury, avant de revenir s’installer à Paris même, en septembre 1867, au 11, rue de Vintimille, où naît le troisième enfant de la famille, Emmanuel, le 19 septembre 1867. Le père Debussy travailla d’abord comme courtier en ustensiles de ménage avant d’entrer en 1868 à l’imprimerie Paul Dupont, ce qui lui permit de déménager à nouveau avec sa femme et ses enfants, cette fois au 69, rue Saint-Honoré.

Au début de l’année 1870, Achille-Claude part avec sa mère enceinte, son frère et sa sœur chez Clémentine Debussy (sa tante paternelle et également sa marraine), à Cannes, où naît le quatrième enfant de la famille, Alfred, le 16 février 1870. Le père reste à Paris, où la guerre éclate en juillet. L’imprimerie Dupont licencie son personnel le 15 novembre, et Manuel-Achille se retrouve sans emploi, avant d’accepter un poste au service des vivres de la mairie du 1er arrondissement, un des futurs foyers de la Commune.

Par l'intermédiaire de sa tante, Claude Debussy prend ses premières leçons de piano, avec un modeste violoniste italien de quarante-deux ans habitant Cannes, du nom de Jean Cerutti. Ce dernier n’aurait rien remarqué de particulier chez Achille-Claude. À Paris, l’insurrection de la Commune éclate ; Manuel-Achille s’engage dans la garde nationale, où, promu, après maintes péripéties, capitaine puis se retrouvant à la tête d’un bataillon, il est arrêté, puis libéré deux jours plus tard, et emprisonné à nouveau, le 22 mai, par les troupes de Mac-Mahon. Il se trouve interné avec d’autres communards dans le camp de Satory, et doit subir plusieurs interrogatoires suivis d’un procès pour lequel son jugement par le Conseil de guerre est sans appel : quatre ans de prison. Après une année d’incarcération, la peine est commuée en quatre ans de suspension des droits civiques et familiaux. Le reste de la famille, demeuré à Cannes pendant ces événements, rentre à Paris, où Victorine Debussy et ses quatre enfants louent un petit deux-pièces rue Pigalle.

Manuel-Achille rencontre dans les prisons versaillaises un autre prisonnier, Charles de Sivry, musicien autodidacte (il était notamment chef d’orchestre), et beau-frère de Paul Verlaine. Les deux hommes se lient d’amitié et échangent leurs soucis. Sivry propose de confier le jeune Debussy à sa mère, Madame Antoinette-Flore Mauté de Fleurville. Cette dernière, qui avait alors quarante-huit ans, est une excellente pianiste, elle avait même reçu quelques leçons de Frédéric Chopin. Achille-Claude devint ainsi l’élève de Madame Mauté. Madame Mauté prenait ces leçons très à cœur, et elle fut convaincue des talents de Debussy, ce dernier progressant de manière significative. Debussy lui-même en gardera un bon souvenir, affirmant plus tard : « Ma vieille maîtresse de piano, petite femme grosse, qui m’a précipité dans le Bach et qui en jouait comme jamais maintenant, y mettant de la vie. ». La fille de Madame Mauté, Mathilde, est l’épouse de Paul Verlaine avec qui elle s’installe rue Nicolet, au côté des Mauté, non loin de la rue Pigalle où logent les Debussy.

Le jeune Achille-Claude, âgé de dix ans, put envisager l’entrée au Conservatoire de Paris. Madame Mauté l’encourage dans cette voie et conseille à ses parents de lui faire tenter le concours d’entrée. Pour cela, il lui faut une relation pouvant appuyer sa candidature. Le père, Manuel-Achille, parvient à joindre le compositeur Félicien David, membre des comités d’examens de chant, d’orgue et de déclamation lyrique. Celui-ci accepte de parrainer le jeune Debussy, et envoie le billet suivant au secrétaire du Conservatoire, Émile Réty :

« Cher Monsieur Réty, je vous adresse un enfant que son père désirerait faire entrer dans une classe de piano. L’enfant a un bon commencement. Voyez par vous-même, si vous pouvez l’admettre, vous me feriez plaisir. Bien à vous, Félicien David. »

Claude Debussy est admis au Conservatoire le 22 octobre 1872 ; sur les cent cinquante-sept candidats, seuls trente-trois avaient été retenus.

Debussy a passé plus de dix ans au Conservatoire de Paris. Lors de son entrée, cela ne faisait qu’un an qu’Ambroise Thomas en était le directeur. Il fut inscrit dans la classe de piano d’Antoine Marmontel le 25 octobre et le 7 novembre 1872 dans la classe de solfège d’Albert Lavignac.

Tout le monde s’accorde à dire que Debussy était un élève dissipé, arrivant souvent en retard, et subissant en cela le courroux de sa mère, très sévère sur ce point. Cela ne changea pas grand-chose. Debussy était aussi vu par ses professeurs comme un enfant intelligent et plutôt talentueux. À propos d’une toccata de Bach jouée par Debussy en janvier 1873 chez Marmontel, Alphonse Duvernoy écrira : « Joli son. ». À Marmontel d’ajouter un an plus tard dans un jugement d’ensemble : « Charmant enfant, véritable tempérament d’artiste ; deviendra un musicien distingué ; beaucoup d'avenir ». En revanche, dans la classe de Lavignac, Debussy fut jugé très en retard sur la théorie. Il ne tarda cependant pas à s’améliorer, si bien que Marmontel écrira en juin 1874 : « Très bien : lecture, dictée et théorie ». Ces progrès, aussi bien en piano qu’en théorie, l’amenèrent tout naturellement à concourir ; il obtint un 2e accessit de piano (après l’interprétation du Concerto no 2 en fa mineur de Chopin) et la 3e médaille de solfège. Ses parents étaient présents lors de la remise des prix, et furent très fiers de lui. Son père était sorti de prison depuis presque deux ans, et avait retrouvé un emploi comme auxiliaire aux écritures à la compagnie Fives-Lille ; toute la famille avait déménagé au 13, rue Clapeyron.

En 1875, Debussy était, à treize ans, le plus jeune élève de la classe de Lavignac, qui se montrait satisfait, ayant cependant toujours quelques réserves sur les principes théoriques. En piano, Marmontel était, quant à lui, tout à fait enthousiaste au sujet de son élève. Lors de nouvelles épreuves, Debussy obtint cette fois la 2e médaille en solfège. En piano, il partagea les premiers accessits avec deux autres candidats, il n’y eut pas de premier prix, mais deux seconds (l’épreuve comptait en tout quatorze candidats et comportait notamment la première Ballade de Chopin). Un critique de L'Art musical, présent ce jour-là, écrivit sur Debussy qu’il était « un enfant de douze ans et virtuose de premier ordre dans l’avenir ». D’ailleurs, du point de vue d'Satie, personne n’a jamais mieux joué Chopin que Debussy.

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