Claude Jeanne Andrée Durand, dite Claude Bessy, né le 21 octobre 1932 à Paris 4e et morte le 23 avril 2026 à Chatou, est une danseuse, chorégraphe et professeur de ballet française. Danseuse étoile du ballet de l'Opéra de Paris, elle en devient la directrice de 1970 à 1971 puis dirige, de 1972 à 2004, l'École de danse de l'Opéra de Paris qui lui est rattachée.
À huit ans, Claude Durand dessine une ballerine sur le tableau noir de la classe. La remplaçante de son institutrice lui demande si elle aimerait faire de la danse.
Elle suit comme spectatrice les cours de Lioubov Iegorova, professeur réputé auprès des danseurs étoiles de l'Opéra de Paris qui deviendra bien plus tard son mentor. Elle prend ses premiers cours de danse chez le danseur Gustave Ricaux en 1941, avant d'entrer quatre mois plus tard à l'école de danse de l'Opéra de Paris en 1942 chez Marceline Rouvier, Mauricette Cébron et Lucienne Lamballe.
Sa « petite mère » y sera Paulette Dynalix.
Durant l'ensemble de sa scolarité à l'École de danse de l'Opéra national de Paris entre 1942 et 1946, elle fait très souvent de la figuration, notamment pendant la saison 1943-1944 ; elle incarne un enfant d'Alceste dans l'opéra Alceste de Gluck auprès de la cantatrice Germaine Lubin, un négrillon dans Aïda, une Nubienne ou une Troyenne dans Faust. Grâce à la dérogation accordée par le directeur de l'Opéra de Paris Jacques Rouché, à dix ans, elle se voit attribuer un rôle de petit amour dans le second récital de Janine Charrat et Roland Petit qui, à dix-neuf ans, est encore élève du Ballet de l'Opéra, sur un Nocturne de Chopin, Cupidon dans Symphonie printanière, Course au Soleil, Petits, Paul et Virginie, sur une musique originale d'Henri Sauguet, costumes de Marie Laurencin, salle Pleyel, le 15 avril 1943, devant Jean Cocteau, et tout le Paris de la danse sous l’occupation, un ambitieux travail chorégraphié par Serge Lifar. Le 23 octobre 1944, elle fait de la figuration dans l’opéra Roméo et Juliette de Charles Gounod, lors de la réouverture de l’Opéra de Paris. En 1946, à treize ans, elle intègre le corps de ballet de l'Opéra de Paris en tant que deuxième quadrille, un grade aujourd'hui disparu. Au concours du corps du ballet du 28 novembre 1946 elle devient premier quadrille.
Alors qu'elle n'a que quatorze ans, George Balanchine, en visite à l'Opéra de Paris, la remarque et lui propose une variation de soliste, alors même qu'elle n'a jamais dansé seule sur la scène de l'Opéra Garnier. La presse ayant eu vent de cette promotion inattendue, les journalistes proposent à Claude Bessy de poser pour eux ; elle leur suggère de poser en costume de scène sur les marches de l'Opéra… elle écopera de huit jours de mise à pied pour « manquement grave à la discipline ».
Malgré quelques anicroches, la jeune danseuse, promue « petit sujet » au concours du corps du ballet de décembre 1947, est prise d'un fou rire lors d'une représentation de Castor et Pollux. La semaine suivante, l'administration, agacée par son tempérament désinvolte, la rétrograde au rang de coryphée.
La punition ne durera guère, puisque Claude Bessy retrouvera son titre de « petit sujet » au bout de deux mois de bonne conduite. Nommée « grand sujet » au concours du corps de ballet du 18 novembre 1949, elle attendra trois ans avant d'accéder au rang de première danseuse le 1er octobre 1952. Pierre-Aimé Touchard lui propose d’entrer à la Comédie-Française, comme d’autres anciens élèves de l’école de danse tels que Micheline Boudet ou Robert Hirsch.
Un matin de mai 1953, Gene Kelly en personne, l'ayant vue la veille sur la scène de l'Opéra, l'appelle pour la féliciter pour son travail, et souhaite la rencontrer pour une audition en vue de son prochain film, l'Invitation à la danse. Elle passera deux essais mais, refusant de n'être qu'une nouvelle Leslie Caron, elle déclinera le contrat de la MGM. Cependant, Gene Kelly s'entête et la persuade de venir tourner pour lui sur son temps de vacances : Claude Bessy accepte finalement un petit rôle.
L'année suivante sera moins faste pour la ballerine, puisqu'une visite médicale de routine détecte chez elle une primo-infection pulmonaire qui la contraint à garder le lit durant cinq mois. Elle retrouve le chemin de l'Opéra Garnier à la rentrée 1954.
Claude Bessy est nommée étoile en mai 1956. Cependant, sa véritable consécration n'aura lieu que l'année suivante. Au printemps 1958, la nouvelle étoile est invitée par l'ABT pour danser La Belle Hélène, Casse-Noisette et Roméo et Juliette. Après son deuxième spectacle, elle reçoit un télégramme du directeur de l'Opéra de Paris qui lui enjoint de rentrer en France en urgence, afin d'incarner le rôle principal de la nouvelle « super-production » de la maison, l'Atlantide (d'après le roman de Pierre Benoit) : Ludmila Tchérina, fâchée pour une histoire de costumes, a claqué la porte de l'institution huit jours avant la première d'un ballet qu'elle préparait depuis deux mois. Claude Bessy accepte le défi mais doit faire face à un nouveau désagrément : Serge Lifar, à la suite de problèmes de contrat, retire la chorégraphie qu'il avait conçue. George Skibine, danseur étoile de l'Opéra de Paris, se voit proposer de créer une nouvelle chorégraphie et ne peut refuser cette occasion de se présenter comme le successeur de Lifar. Durant cette semaine marathon, Claude Bessy répétera tous les jours jusqu'à une heure du matin. Le défi sera relevé, le spectacle un succès ; mais la jeune étoile, rompue par la fatigue et le stress, passera la journée du lendemain dans un état proche de la dépression nerveuse. Claude Bessy se produit dans les cinq continents, grâce aux très nombreuses tournées internationales organisées par l’Opéra de Paris, depuis celle qui fut demandée par le maréchal Jean de Lattre de Tassigny pour l’armée en mai 1945, jusqu’en 1972 avec le Ballet de Charleroi. Claude Bessy danse les plus grands ballets du répertoire dont Phèdre, Daphnis et Chloé, Pas de dieux, Le Lac des cygnes, Coppélia. Durant le mandat de président du général De Gaulle, elle dansa devant le président Kennedy, le roi des Belges, le roi du Danemark, le chancelier Adenauer, le roi du Maroc, le shah d'Iran et la reine Elizabeth. Elle dansa également en tant qu'invitée et fut parfois accompagnée de Flemming Flindt sur les plus grandes scènes du monde : Copenhague, Rome, Munich, Berlin, Amsterdam, Londres, Vienne, au Japon, au Kirov et au Bolchoï et pendant trois saisons avec le Chicago Opera Ballet où elle eut comme partenaire Erik Bruhn et John Gilpin.
Serge Lifar l'appelle pour les ballets lors du couronnement à Téhéran du shah d'Iran en 1967 et pour la célébration du 2 500e anniversaire de la fondation de l'empire perse en 1971. En 1967 en Espagne, un grave accident de voiture fait craindre pour la suite de sa carrière. Mais la danseuse remonte sur scène huit mois plus tard et honore l'offre de Maurice Béjart qui lui confie son célèbre Boléro.
Durant tout le reste de sa carrière, elle s'attachera à faire entrer la danse moderne au répertoire de l'Opéra de Paris, invitant par exemple de nouveaux professeurs pour faire classe à l'ensemble de la compagnie. Elle participe à de nombreuses reprises au Gala de l'Union des artistes entre 1958 et 1974.
Elle effectue ses adieux officiels comme danseuse étoile au ballet du 21 octobre au 7 novembre 1975 dans la reprise de Pas de dieux avec Cyril Atanassoff et le Pas de deux de Daphnis et Chloé avec Michael Denard. Le 30 mars 2004, elle organise un grand gala d'adieux sur la scène de l'Opéra Garnier. Durant cette période, elle est chorégraphe et assistante-maître de ballet à l’Opéra comique (1er octobre 1952), déléguée syndicale (1954-1970), chorégraphe et maître du ballet à l’Opéra-Comique (1er septembre 1956-31 décembre 1972), chorégraphe et assistant-maître de ballet à l’Opéra de Paris (5 décembre 1956), maître de ballet au Ballet de l'Opéra de Paris (30 septembre 1958),cdirectrice du Ballet des Jeunesses musicales de France (3 novembre 1958-1er janvier 1973), administratrice de la Caisse de retraite du personnel de l’Opéra national de Paris (1956-1975), maître de ballet associée à la direction de la danse de l’Opéra de Paris (1er septembre 1962-30 septembre 2004), conseiller technique de la danse à l’Opéra de Paris (1eroctobre 2004-30 septembre 2006), et déléguée générale à la Danse de l’Opéra de Paris (1er mars-18 juin 1970). Simultanément elle est la mannequin et la représentante de la société Repetto dans toutes ses publicités (1947-1973).