Ce Jour-là

Claude Autant-Lara

Réalisateur français

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Claude Autant, dit Claude Autant-Lara, est un réalisateur français, né le 5 août 1901 à Luzarches (Val-d'Oise) et mort le 5 février 2000 à Antibes (Alpes-Maritimes). Il a également exercé comme scénariste, costumier, directeur artistique et parfois acteur, en parallèle de son engagement en politique.

Après des débuts difficiles, il s'affirme sous l'Occupation avec notamment Douce (1943). Après-guerre, il devient l'un des metteurs en scène les plus prestigieux du cinéma français en signant l'adaptation du roman de Raymond Radiguet, Le Diable au corps (1947), puis L'Auberge rouge (1951), Le Blé en herbe (1954, d'après Colette), Le Rouge et le Noir (1954, adaptation du roman de Stendhal), En cas de malheur (1958, d'après Georges Simenon) et, surtout, La Traversée de Paris (1956, d'après la nouvelle de Marcel Aymé). À partir des années 1960, son cinéma rencontre moins de succès.

Claude Autant-Lara apparaît longtemps comme un cinéaste de gauche, « compagnon de route » du Parti communiste français. Il est de 1948 à 1954 le président du Syndicat des techniciens (syndicat dont la direction est majoritairement composée de techniciens membres ou proches du PCF), puis jusqu'en 1963 celui de la Fédération nationale du spectacle CGT, auquel ledit Syndicat est alors affilié. Dans les années 1980, cependant, il se rapproche du Front national ; en 1989, il est élu député européen sur la liste de ce parti. Deux mois plus tard, il démissionne de son mandat en raison de propos antisémites.

Fils de l'architecte Édouard Autant et de la comédienne Louise Lara, sociétaire de la Comédie-Française où elle avait été engagée après un premier prix de comédie au Concours du Conservatoire, Claude Autant-Lara suit sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly et découvre rapidement le cinéma, une véritable révélation.

Renvoyé du lycée en 1915, il part en Angleterre, dans un collège à la discipline sévère, puis revient pour s'inscrire à l'École des arts décoratifs, où il se lie d'amitié avec le futur comédien Julien Carette ainsi qu'avec Jean Dorville. Diplôme en poche, il commence à travailler dans un atelier de sculpture, puis est engagé par Marcel L'Herbier comme décorateur, d'abord pour une pièce de théâtre, puis en 1920 comme assistant-réalisateur et décorateur pour le film L'Homme du large, d'après Honoré de Balzac.

En 1923, L'Herbier produit le premier court-métrage d'Autant-Lara, Fait divers, dans lequel il dirige sa mère. Leur collaboration dure jusqu'en 1926. Cette année-là, Autant-Lara dessine les décors de Nana de Jean Renoir, d'après Émile Zola. Il devient ensuite assistant–réalisateur de René Clair.

Grand admirateur de Georges Méliès et fasciné par les nouvelles techniques, il tourne en 1929 son second film Construire un feu, d'après Jack London, en utilisant le procédé d'anamorphose de l'hypergonar, connu plus tard sous le nom de CinemaScope. C'est un échec. Déçu et criblé de dettes, il part pour les États-Unis, où il réalise les versions françaises de films américains, notamment de Buster Keaton et Douglas Fairbanks Jr. Il fréquente alors des Européens exilés comme Françoise Rosay et Luis Buñuel. L'ambiance américaine ne lui convenant pas, il revient en France deux ans plus tard.

En 1932, il réalise des courts métrages d'après Georges Courteline. En 1933, il signe son premier long-métrage, Ciboulette, adaptation de l'opérette de Reynaldo Hahn, mise en dialogue par Jacques Prévert. Nouveau revers. En 1936, tourne en Angleterre The Mysterious Mr Davis, dont le scénario de Jacques Prévert est remanié par la production britannique ; le film ne sort qu'en 1940 et Autant-Lara ne sera jamais payé.

De retour en France, il co-réalise avec Maurice Lehmann plusieurs films, dont Fric-Frac (1939), qui rencontre un grand succès. En 1941, il s'affirme comme réalisateur avec Le Mariage de Chiffon. Il dirige à nouveau Odette Joyeux dans Lettres d'amour (1941) puis Douce (1943), considéré comme le premier film où il donne libre cours à son humour noir.

À la Libération, Pierre Braunberger l'accuse d'avoir cherché à lui nuire sous l'Occupation. Claude Autant-Lara est blanchi en octobre 1944 par le Comité d'épuration. En 1990, Braunberger réitère ses accusations.

Après le succès de Sylvie et le Fantôme (1946), il réalise en 1947 Le Diable au corps, tiré du roman de Raymond Radiguet, avec Micheline Presle et Gérard Philipe. Le film suscite de vives réactions. Il est salué par André Bazin mais devient plus tard une cible de François Truffaut dans « Une certaine tendance du cinéma français ».

En 1949, il adapte Feydeau avec Occupe-toi d'Amélie. Suivent L'Auberge rouge (1951), Blé en herbe (1954), puis Le Rouge et le Noir (1954), qui cristallise les critiques de la Nouvelle Vague.

Il adapte Marcel Aymé avec La Traversée de Paris (1956) et La Jument verte (1959). Entre les deux, il réalise En cas de malheur (1958), d'après Simenon. Il milite alors contre les accords Blum-Byrnes et à la fédération du spectacle CGT.

Il signe encore une quinzaine de films, dont le Journal d'une femme en blanc (1965). Après Gloria (1977), il cesse de réaliser.

Il publie ensuite plusieurs ouvrages, dont La Rage dans le cœur (1984). Entre 1981 et 2000, il dépose ses archives à la Cinémathèque suisse.

Tu ne tueras point et la censure

Le film initialement intitulé L'Objecteur, puis Tu ne tueras point est interdit en France pendant la guerre d'Algérie. Il sort finalement en 1963. La chanson du film, L'Amour et la Guerre, écrite par Bernard Dimey et interprétée par Charles Aznavour, est interdite sur les ondes nationales dès 1960.

En 1963, Autant-Lara et ses scénaristes, Jean Aurenche et Pierre Bost, signent un appel du Comité de secours aux objecteurs de conscience.

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