Claude Alphandéry, né le 27 novembre 1922 à Paris où il est mort le 25 mars 2024, est un résistant, banquier, économiste et homme politique français.
Claude Alphandéry est né à Paris le 27 novembre 1922, de Sophie Alphandéry, née Weil, médecin et présidente d'une société immobilière, et de Pierre Alphandéry, trésorier-payeur général. Il est issu d'une famille aisée juive de tradition républicaine.
Ses parents se séparent lorsqu'il a trois ans. Il n'a jamais vécu avec son père, mais fréquente ses grands-parents paternels, très engagés politiquement. Sa grand-mère est très impliquée dans sa section de la Ligue des droits de l’homme. Son grand-père, Georges Lévy-Alphandéry, est député français radical-socialiste de la Haute-Marne de 1924 à 1940, maire et conseiller général de Chaumont et directeur du quotidien Le Petit Haut Marnais.
En 1936, à l'âge de 13 ans, il participe à la campagne du Front populaire.
Claude Alphandéry réalise des études secondaires au lycée Carnot, une hypokhâgne à Bordeaux de 1939 à 1940 et un passage à Aix-en-Provence.
Il s’engage en automne 1941 dans des actions de résistance intérieure alors qu'il est étudiant en hypokhâgne au lycée du Parc à Lyon entre 1941 et 1942. Il assure notamment le transport et la distribution de documents et de tracts clandestins. Notamment de Libération-Sud, publié par le réseau de résistance d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie, qui deviendra l'actuel Libération.
À l'hiver 1942, il est dénoncé pour ses relations avec une réfugiée juive allemande, il abandonne ses études. En poste de professeur auxiliaire à l'institut religieux de Saint-Louis de Gonzague à Roanne, il est dénoncé par un religieux, il entre alors dans la clandestinité début 1943. Il est hébergé par Marie-Joséphine Blachier à Saint-Barthélemy-de-Vals. Il devient ensuite lieutenant-colonel dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI), puis chef des Mouvements unis de la Résistance (MUR) de l'Ardèche en mai-juin 1943.
À l'automne 1943, Claude Alphandéry est poursuivi par la Gestapo, il devient alors responsable du Mouvement de Libération Nationale (MLN) et président du comité départemental de libération (CDL) de la Drôme.
La Drôme est libérée depuis le 1er septembre 1944.
Il démissionne du CDL en décembre 1944.
Haut fonctionnaire et militant communiste
Il devient membre du Parti communiste français (PCF) en 1945. Il milite au Mouvement de la paix et contribue à la revue Économie & Politique.
De sa volonté, et grâce au ministre de l'Information Pierre-Henri Teitgen, il est affecté en octobre 1945 comme attaché de presse à l'ambassade de France à Moscou, avant de rentrer en France comme élève de la 2e promotion de la nouvelle École nationale d'administration en mai 1946. Il démissionne et retourne en Russie pour fonder un hebdomadaire en langue française et retrouver une jeune femme russe dont il est amoureux, mais l’aventure tourne court.
Il retente et réussit une seconde fois le concours de l’ENA. Il intègre la fonction publique à la direction du Trésor, puis au titre de haut fonctionnaire des Études économiques et financières au ministère des Finances jusqu'en 1960.
Il devient expert économique auprès de l'Organisation des Nations unies à New York. Cette brève expérience nourrira sa réflexion sur la société de consommation, dont l'opulence cache de profondes inégalités de répartition des richesses, tant du point de vue des individus que des États-nations. Il écrit alors le livre L'Amérique est-elle trop riche ?.
Il quitte brutalement le PCF en 1956 à la suite d'un différend avec Maurice Thorez lors du 20e congrès du Parti communiste soviétique et de la parution du rapport de Nikita Khrouchtchev sur le culte de la personnalité et les dérives du stalinisme relative à la paupérisation de la classe ouvrière.
Chef d'entreprise engagé à gauche
En 1960, Claude Alphandéry réalise une activité professionnelle dans l'immobilier, à l'Immobilière Construction de Paris (ICT) puis participe à la fondation de la Banque de construction et des travaux publics (BCT), dont il est le président de 1964 à 1980. Il y développe les prêts hypothécaires sur vingt ans qui hisse l'établissement comme première banque de crédit aux acquéreurs de logements.