Ce Jour-là

Claude-Adrien Helvétius

Écrivain et philosophe français (1715-1771)

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Claude-Adrien Helvétius, né le 26 janvier 1715 à Paris où il est mort le 26 décembre 1771, est un écrivain et philosophe français du courant des Lumières, auteur de deux ouvrages majeurs, De l’Esprit (1758) et De l’Homme (1772).

Helvétius est issu d’une famille de médecins : son arrière-grand-père, Johann Friedrich Schweitzer, qui utilise déjà la forme latinisée Helvétius ; son grand-père, Jean-Adrien Helvetius (1661-1727), introducteur de l’usage de l’ipécacuanha en Europe ; son père, Jean-Claude-Adrien Helvétius (1685-1755), premier médecin de la reine Marie Leszczynska, épouse de Louis XV.

Claude-Adrien, né rue Serpente à Paris, est formé à Caen par son oncle maternel en vue d'une carrière financière, mais il consacre son temps libre à la poésie.

Le fermier général (1738-1751)

En 1738, alors qu'il n'a que vingt-trois ans, la reine Marie Leszczynska fait obtenir à Helvétius une demi-charge dans la Compagnie des fermiers généraux. Il détiendra successivement la charge des régions de Champagne/Bourgogne/Ardenne (1738-1741), de Lorraine/Franche-Comté/Trois-Evéchés/Alsace (1742-1746), et enfin de la zone Bordeaux/Dax/Pau (1746-1751).

À ce poste, souvent décrit comme le plus haï de l'Ancien Régime (la ferme générale était chargée des impôts), il se fait remarquer par des projets de réformes. Les sources documentaires sur ses travaux et ses propositions montrent un exécutant loyal, mais aussi « un esprit curieux, inventif, désireux de perfectionner le fonctionnement de la ferme, et n'hésitant pas à proposer des réformes ».

Ses revenus lui permettent d’acheter en 1743 le château de Voré, dans le Perche, à Louis Fagon, intendant des finances.

Avant son départ de la ferme en 1751, il obtient en 1749 la charge honorifique de maître d'hôtel de la reine Marie Leszczynska. Sa richesse lui permet de jouir pleinement de la vie, de s'adonner à ses goûts littéraires et artistiques, et de participer aux goguettes de la Société du Caveau ainsi qu'au Club de l'Entresol, une société progressiste. Il va être, tout comme le baron d'Holbach, un des protecteurs attitrés de la philosophie au XVIIIe siècle, subventionnant les travaux de ses pairs, et les accueillant dans le salon littéraire que son épouse organisa à partir de 1760.

En 1751, il épouse Anne-Catherine de Ligniville d'Autricourt (1722-1800), dame de très haute noblesse car fille de Jean-Jacques de Ligniville, chambellan du duc de Lorraine Léopold Ier de Lorraine.

Leur fille aînée, Elisabeth Charlotte Helvetius (Paris - 3 août 1752, Paris - 6 avril 1799), dame de Lumigny et La Malmaison, épousa, à Paris (Saint-Roch) le 14 octobre 1772 (divorcés le 22 décembre 1793), Alexandre-François de Mun, marquis de Sarlabous, comte d'Arblade (Armagnac), (Notre-Dame de Bize près Comminges - 25 mars 1732, Paris - 16 mars 1816), cornette au régiment de Noailles cavalerie, page, capitaine, fit les campagnes de Flandre et la guerre dite de Sept Ans, blessé à la bataille de Minden (1759), chevalier de Saint-Louis, brigadier des gardes du corps du Roy (13 mars 1780), maréchal de camp (24 février 1784), commandeur de St-Louis (25 août 1784), Grand-Croix de St-Louis (28 août 1814), lieutenant-général des armées du Roy (12 novembre 1814)

Leur fille cadette, Geneviève-Adélaïde Helvétius (janvier 1754, Paris - 20 novembre 1817, château de Voré à Rémalard, Orne), épouse, le 27 septembre 1772 à Paris, Frédéric-Antoine-Marc, comte d'Andlau de Hombourg (15 avril 1736, Hombourg - 20 juillet 1820, Paris), officier et homme politique français.

En 1751, il abandonne ses fonctions à la Ferme générale et obtient la charge de maître d'hôtel de la reine Marie.

Stimulé par le succès de Maupertuis comme mathématicien, de Voltaire comme poète, et de Montesquieu comme philosophe, il va de plus en plus se consacrer à la réflexion philosophique.

Son appartenance à la franc-maçonnerie n'est pas formellement attestée, mais un certain nombre de documents semblent la prouver. Il aurait été avec Jérôme Lalande le fondateur d'une loge portant le nom de « Les Sciences » qui connut une courte existence aux alentours de 1766. Sa femme aurait offert à Jérôme Lalande le tablier maçonnique de son époux, qui fut remis à Voltaire lors de son entrée dans cette loge prestigieuse. Un buste à son effigie offert également par madame Helvétius fait partie de la décoration de la loge, enfin des honneurs funèbres maçonniques lui sont rendus le 24 janvier 1772. Toutefois son nom n’apparaît dans aucun registre du Grand Orient de France. En revanche, sa non-appartenance à la loge des Neuf Sœurs est avérée, cette loge ayant été créée cinq ans après sa mort.

Déterminer le moment de rédaction du premier ouvrage philosophique d’Helvétius est une tâche fort complexe et malheureusement décevante puisqu’il est impossible de déterminer une datation précise. En effet, il est possible d’estimer l’écriture de l’ouvrage entre 1744 et 1757. Ces deux dates représentent respectivement la première mention de l’ouvrage au sein de la correspondance de Madame de Graffigny (marraine de madame Helvétius) et le moment de fin puisqu’Helvétius annonce à sa femme qu’il vient de montrer son manuscrit à quelques amis (Stenger, 2011, p. 16). La rédaction de l’ouvrage se serait donc déroulée sur une période de treize ans.

De plus, le statut de l’ouvrage change au cours de ces treize années. Nous prendrons quelques instants ici afin d’en présenter les états. La première lettre qui annonce la rédaction de l’ouvrage est une lettre de madame de Graffigny, écrite le 13 décembre 1744, à François-Antoine Devaux. On peut y lire :

[…] Il parle, il ouvre son âme. Il me fait le résumé d’un livre qu’il va faire imprimer. Ah quel livre ! Locke n’est pas son décrotteur […](Helvétius, 1981, p. 70)

Puis, quelques mois plus tard, le 28 mars de l’année suivante, Madame de Graffigny laisse entendre au même interlocuteur que l’ouvrage d’Helvétius est presque complété :

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