Clarisse Agbegnenou (parfois orthographié Agbégnénou) est une judokate française, née le 25 octobre 1992 à Rennes.
Évoluant en moins de 63 kg (poids mi-moyens), elle est licenciée au Red Star Club (RSC) de Champigny-sur-Marne.
Elle possède un des plus beaux palmarès du judo féminin français et international, avec une médaille d’argent (2016), trois médailles d’or (2020 en individuel et par équipes et en 2024 par équipe) et une médaille de bronze (2024) aux Jeux olympiques, six titres de championne du monde (2014, 2017, 2018, 2019, 2021 et 2023), deux médailles d'argent mondiales (2013 et 2015) et cinq titres européens (2013, 2014, 2018, 2019 et 2020).
Elle est désignée, en compagnie du gymnaste Samir Aït-Saïd, porte-drapeau de l'équipe de France olympique pour les Jeux de Tokyo 2020. Le 27 juillet 2021, quatre jours après la cérémonie d'ouverture où elle a défilé en tête de sa délégation, elle est sacrée championne olympique. Elle domine la tenante du titre Tina Trstenjak qui l'avait battue en finale à Rio, s'imposant au golden score pour gagner le seul titre qui manquait encore à son palmarès. Elle remporte ensuite une deuxième médaille d'or, avec la France, dans la compétition par équipes mixtes qui clôt le programme du judo à Tokyo, en battant l'équipe japonaise en finale. Après avoir donné naissance à une petite fille en 2022 et onze mois après, Clarisse Agbegnenou remporte son sixième titre de championne du monde le 10 mai 2023 à Doha.
Elle est élue à la Commission des athlètes de haut niveau du Comité national olympique et sportif français pour le mandat 2021-2025.
Clarisse Bogdanna Agbegnenou est une enfant née prématurée avec son frère jumeau, nés deux mois avant terme. Elle connaît un début de vie très difficile, après un passage en couveuse durant quatre semaines, elle subit une opération due à la malformation d'un rein, puis tombe dans le coma pendant sept jours. Sa mère Pauline raconte: « Lorsqu'elle s'est réveillée, dans une grande inspiration, tous ceux qui étaient présents dans sa chambre ont applaudi et je me souviens que le médecin a dit que ma fille était une battante. »
Son frère cadet Joris est également un judoka de haut niveau, membre du FLAM 91 et champion de France 2021 dans la catégorie des - de 100 kg.
Elle grandit à Gennevilliers. Son père, Victor Agbegnenou, est un scientifique togolais. Clarisse a trois frères. Elle acquiert la nationalité française le 17 octobre 2000, par l'effet collectif attaché à la naturalisation de son père. Elle rentre au club de l'AMA (Arts martiaux d'Asnières) à l'âge de neuf ans puis elle entre au pôle France d'Orléans à quatorze ans. Hors des tatamis, elle est adjudant de la Gendarmerie nationale française.
Clarisse Agbegnenou est titulaire d'un diplôme de coach de vie d'HEC Paris.
Licenciée aux Arts Martiaux d'Asnières, elle est championne d'Europe cadette et vice-championne de France en moins de 57 kg en 2008, puis championne de France junior en moins de 63 kg en 2009 avant d'entrer à l'INSEP. Elle rejoint alors le Judo Club Escales Argenteuil la même année, à 16 ans et demi, et travaillera avec le coach de haut niveau, Ahcène Goudjil, président fondateur du club.
En 2013, elle remporte sa première médaille d'or internationale, en battant la Russe Marta Labazina aux Championnats d'Europe de judo. En 2014, elle bat par ippon l’Israélienne Yarden Gerbi et devient championne du monde en moins de 63 kg.
À la suite d'une bagarre l'impliquant elle (et d'autres judokates, relaxées) pour des violences commises à l'INSEP à l'encontre d'Anne-Fatoumata M'Bairo le 12 avril 2013, elle est condamnée par la Fédération à un an de suspension de compétition avec sursis (trois mois pour Priscilla Gneto, Madeleine Malonga, Fanny Posvite et Linsay Tsang Sam Moi) puis en juillet 2014 par la Justice à 70 heures de travaux d'intérêt général et un amende de 2 780 euros.
Elle devient vice-championne olympique, en obtenant la médaille d'argent des moins de 63 kg aux Jeux olympiques 2016 de Rio de Janeiro s'inclinant en finale face à la Slovène Tina Trstenjak. Après les Jeux, elle rejoint le Red Star Club (RSC) de Champigny-sur-Marne.
Quelques mois plus tard, le 1er septembre 2017, elle est sacrée championne du monde des moins de 63 kg à Budapest, face à la Slovène Tina Trstenjak qui l'avait battue en finale des Jeux olympiques, un an plus tôt.
Lors des Championnats d'Europe de judo 2018 à Tel-Aviv-Jaffa, elle remporte la couronne européenne des moins de 63 kg face à la Slovène Tina Trstenjak, battant cette dernière par waza-ari au bout de sept minutes de combat.
Le 23 septembre 2018, lors des championnats du monde à Bakou, elle bat par ippon au Golden Score la Japonaise Miku Tashiro et devient pour la troisième fois championne du monde des moins de 63 kg. Aux Masters mondial de judo à Canton, elle s'impose en finale face à la Japonaise Nami Nabekura, restant ainsi invaincue sur la saison 2018. En décembre, elle est élue Championne des championnes de L'Équipe 2018 avec Kevin Mayer.
2019 : quatrième titre européen et quatrième titre mondial
Le 6 juin 2019, elle est nommée porte-drapeau de la délégation française aux Jeux européens de 2019 à Minsk.