Ce Jour-là

Clare Boothe Luce

Auteur dramatique, scénariste

Anúncio

Clare Boothe Luce, née le 10 mars 1903 à New York et morte le 9 octobre 1987 à Washington D.C., est une journaliste, dramaturge, femme politique, diplomate et figure conservatrice américaine.

Dramaturge polyvalente dans l'entre-deux-guerres, elle est connue pour sa pièce à succès Femmes (1936), qui compte un casting entièrement féminin. Elle écrit des scénarios de théâtre et de films, devenant également journaliste et reporteur de guerre. Elle est mariée au magnat de la presse Henry Luce, fondateur de Time, Life, Fortune et Sports Illustrated.

Membre du Parti républicain, elle est représentante du Connecticut entre 1943 et 1947 ; elle est d'ailleurs la première femme à représenter le Connecticut au Congrès américain. Brièvement alignée sur le libéralisme du président Franklin Roosevelt dans sa jeunesse, elle devient par la suite une fervente critique de sa politique. Fervente partisane de l'alliance anglo-américaine lors de la Seconde Guerre mondiale, elle demeure ouvertement critique sur le colonialisme britannique en Inde.

Par la suite, elle est ambassadrice des États-Unis en Italie entre 1953 et 1956 (devenant la première femme américaine à occuper un tel poste dans un pays de cette importance) puis ambassadrice au Brésil en 1959.

Conservatrice et anticommuniste, conférencière charismatique et énergique, surtout après sa conversion au catholicisme en 1946, elle fait campagne pour chaque candidat républicain à l'élection présidentielle, de Wendell Willkie à Ronald Reagan. Soutenant l'accès des jeunes filles aux études universitaires, elle a fait don d'une partie de sa fortune à un programme de bourse qui porte son nom.

Elle est la deuxième enfant d'Anna Clara Schneider (également connue sous les noms d'Ann Snyder Murphy, Ann Boothe et Ann Clare Austin) et de William Franklin Boothe (également connu sous les noms de John J Murphy et Jord Murfe). Non mariés, ses parents se séparent en 1912. Son père est un homme sophistiqué et un violoniste brillant ; il inculque à sa fille l'amour de la littérature et de la musique mais il a des difficultés à trouver un emploi et travaille des années comme vendeur ambulant. La jeune fille passe sa jeunesse à Memphis, Nashville, Chicago, Union City (New Jersey) et New York. Elle a un frère aîné, David Franklin Boothe.

Elle est élève à Garden City et à Tarrytown (New York), obtenant son diplôme en 1919, à l'âge de 16 ans. L'objectif initial de sa mère était d'en faire une actrice. Elle double Mary Pickford à Broadway à l'âge de 10 ans et a un petit rôle dans le film de Thomas Edison The Heart of a Waif (1915). Après une tournée en Europe avec sa mère et son beau-père, Albert E. Austin (en), que celle-ci épouse en 1919, Claire Boothe s'intéresse au mouvement pour le droit de vote des femmes et elle est embauchée par Alva Belmont pour travailler au National Woman's Party à Washington (district de Columbia) et Seneca Falls (New York).

Intelligente, ambitieuse et dotée d'un physique avantageux, la jeune femme abandonne rapidement le combat féministe. Elle épouse George Tuttle Brokaw (en), héritier millionnaire de l'industrie new-yorkaise de vêtements, le 10 août 1923, à l'âge de 20 ans. Ils ont une fille, Ann Clare Brokaw (22 août 1924 - 11 janvier 1944). À cause de l'alcoolisme du mari, le couple divorce en 1929.

Le 23 novembre 1935, elle se remarie à Henry Luce, créateur des magazines Time, Life et Fortune. Elle porte alors le nom de Clare Boothe Luce, souvent mal orthographié et qui était souvent confondu avec celui de sa contemporaine Claire Luce, une actrice de théâtre et de cinéma. Dans sa carrière littéraire, Clare Boothe Luce continue d'utiliser son nom de jeune fille.

Le 11 janvier 1944, sa fille Ann Clare Brokaw, âgée de 19 ans et étudiante à l'université Stanford, est tuée dans un accident d'automobile. À la suite de cette tragédie, elle s'intéresse à la psychothérapie et la religion. Après avoir été conseillée par le prêtre télévangéliste Fulton Sheen, elle rejoint l'Église catholique en 1946. Elle devient alors une fervente essayiste et conférencière afin de célébrer sa foi et est nommée Dame de l'ordre souverain de Malte. En 1949, en mémoire de sa fille, elle finance la construction d'une église catholique à Palo Alto à l'usage du campus de Stanford. La chapelle Sainte-Anne est inaugurée en 1951. Elle est vendue par le diocèse en 1998 et est devenue en 2003 l'église de la Province anglicane du Christ-Roi.

Leur couple est complexe. Malgré son succès professionnel, Henry Luce manquait d'humour, faisait preuve de maladresse, et n'était pas aussi à l'aise que sa femme dans la vie sociale, ce qui lui faisait craindre d'être comparé à elle. Les années qu'elle passe comme rédactrice en chef de Vanity Fair font par ailleurs naître chez elle un vif intérêt pour le journalisme (elle a suggéré l'idée du magazine Life à son mari avant qu'il ne soit développé en interne). Henry Luce lui-même l'encourageait à écrire pour Life mais à mesure que la notoriété de sa femme grandissait, il restait prudent pour ne pas être accusé de népotisme.

Au début des années 1960, ils sont amis du philosophe et promoteur du LSD Gerald Heard. Ils font une fois l'expérience de cette drogue sous sa surveillance. Bien que le LSD ne soit jamais devenu une habitude, l'ami et biographe de Clare Boothe Luce Wilfred Sheed, a affirmé que cette dernière en a au moins consommé plusieurs fois.

Henry Luce meurt d'une crise cardiaque en 1967. Considérés comme l'un des grands « couples de pouvoir » de l'histoire américaine, ils sont restés soudés par leurs intérêts mutuels et leurs caractères complémentaires, bien que différents. Ils se sont traités avec un respect infaillible en public, notamment lorsque Henry Luce a joué le rôle d'époux de diplomate lorsque sa femme était ambassadrice en Italie. Elle ne fut jamais capable de le convertir au catholicisme (il était le fils d'un missionnaire presbytérien) mais il ne contesta pas la sincérité de sa foi, assistant souvent à la messe avec elle et la défendant quand elle était critiquée par ses confrères protestants.

Dans les premières années de son veuvage, Clare Boothe Luce se retire dans sa luxueuse maison de plage qu'elle avait fait construire à Honolulu avec son mari, mais l'ennui la gagnant, elle revient à Washington de plus en plus régulièrement, y vivant définitivement à partir de 1983.

En 1931, elle publie Stuffed Shirts, un livre de nouvelles. Le magazine Scribner compare son travail à celui d'Evelyn Waugh dans Vile Bodies pour son humour amer. Le New York Times trouve l'ouvrage socialement superficiel mais il fait l'éloge de son élégance stylistique. Des éléments de son livre ont été empruntés à Winesburg-en-Ohio (1919) de Sherwood Anderson ; il a par ailleurs impressionné l'écrivain français André Maurois, qui lui a demandé la permission de l'imiter. Elle a également publié de nombreux articles dans des magazines.

Après l'échec de sa première pièce de théâtre, la comédie musicale Abide With Me (1935), elle publie Femmes (The Women). Avec une troupe de 40 actrices qui parlaient des hommes dans un langage souvent osé, la pièce devient un succès à Broadway en 1936 et, trois ans plus tard, un film hollywoodien. Vers la fin de sa vie, Clare Boothe Luce a reconnu que, pendant un demi-siècle, elle avait reçu les droits d'auteur des représentations de sa pièce partout le monde. Plus tard, dans les années 1930, elle écrit deux autres pièces plus réussies, mais qui donnent lieu à moins de représentations, étant cependant adaptées au cinéma : Kiss the Boys Goodbye et Margin for Error. La seconde était une critique de la philosophie raciste nazie. Albert Einstein et Thomas Mann ont assisté à la première, à Princeton (New Jersey), le 14 octobre 1939. Otto Preminger a réalisé et joué dans la production de Broadway puis dans son adaptation à l'écran.

La jeune et riche divorcée travaille au début des années 1930 chez Vogue, avant de devenir rédactrice en chef adjointe puis directrice de Vanity Fair. Elle a non seulement publié les œuvres de grands auteurs humoristes tels que Pelham Grenville Wodehouse et Corey Ford (en), mais elle a également contribué elle-même dans la même veine littéraire, en signant ou non ses écrits.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Clare Boothe Luce | World in Stories