Clara Bow est une actrice américaine, née le 29 juillet 1905 à New York et morte le 27 septembre 1965 à Culver City. Elle fut l'un des premiers sex-symbol du cinéma muet.
Principalement connue sous le surnom de It girl après le film It (Le Coup de foudre en français) en 1927, elle joue dans 46 films muets et 11 films parlants entre 1922 et 1933, année de sa retraite, parmi lesquels d'incontestables réussites dont Kid Boots (1926). Sa présence dans un film aurait assuré aux investisseurs, un « retour sûr » sur investissement de deux contre un. Elle est un modèle des garçonnes, ou flappers, des années 1920.
À la suite de divers scandales liés à ses mœurs très libres, et après son mariage avec l'acteur Rex Bell en 1931, Clara Bow arrête sa carrière pour élever ses enfants, au sein de leur ferme dans le Nevada.
Des débuts misérables : les braises de Brooklyn
Clara Bow naît en juillet 1905 dans un quartier pauvre de Brooklyn, à New York, dernière fille d'un couple ayant déjà perdu deux premières filles en bas âge. Elle passe une enfance solitaire et misérable entre un père très souvent absent et incapable de subvenir aux besoins de sa famille et une mère épileptique et psychotique, prostituée occasionnelle.
Elle est victime d'abus sexuels de la part de son père et négligée par sa mère. Afin de s'évader de cette atmosphère oppressante, la jeune Clara développe un goût immodéré pour le cinéma. De cette époque, elle tire sa détermination à devenir actrice.
Succès précoces au cinéma et premiers scandales
À l'âge de seize ans, en 1921, Clara se présente au concours annuel du magazine Fame and Fortune et remporte le premier prix. Cela lui permet d'obtenir un rôle dans Beyond the Rainbow en 1922.
Malheureusement les scènes tournées sont retirées au montage dans la première version sortie et Clara se trouve forcée de prendre un emploi dans un bureau. Cependant, elle s'acharne, soutenue par son père. Après un petit rôle dénudé non crédité dans Les Ennemis de la femme (Enemies of Women), elle décroche un rôle de garçon manqué dans Le Harpon (Down to the Sea in Ships) d'Elmer Clifton, en 1923, une prestation qui lui vaudra des critiques élogieuses. Puis c'est un rôle dans Son premier amour (The Daring Years) et, à nouveau, un rôle de garçon manqué dans Grit, un film qui traite de la délinquance juvénile, écrit par F. Scott Fitzgerald en 1924. Clara Bow rencontre également son premier petit ami, le cameraman Arthur Jacobson (en), et fait la connaissance du réalisateur Frank Tuttle avec qui elle travaillera en vedette par la suite. Entre 1922 et 1933, elle tourne dans plus de 45 films muets et 11 films parlants.
Grâce notamment à Ernst Lubitsch, dans Ma femme et son flirt (Kiss Me Again), Clara devient une nouvelle figure sexy du cinéma. Elle a une relation avec Sam Jaffe, directeur de production du studio et beau-frère de B. P. Schulberg, le grand patron et fondateur de Preferred Pictures (en), ainsi qu'avec l'acteur mexicain Gilbert Roland, sa covedette dans Quand on a vingt ans (The Plastic Age) de Wesley Ruggles, film qui donne un coup d'envoi à sa carrière. Sa cote grimpe ; payée 750 dollars par semaine, elle est louée 3 000 dollars par semaine par Schulberg à d'autres studios.
Lorsque Preferred Pictures est absorbée par Paramount Pictures, Schulberg obtient carte blanche et décide de faire de Clara Bow sa première étoile. Il commence par faire courir des ragots sur sa protégée. Elle obtient le premier rôle dans Mantrap réalisé par Victor Fleming. Elle entre alors dans le saint des saints. Fleming, futur réalisateur d'Autant en emporte le vent, sort tout juste d'une aventure avec Norma Shearer, et Clara Bow et lui entament une liaison, tandis qu'elle vit avec Roland. Il la dirige ensuite dans l'exotique Hula.
Le premier scandale qui touche l'actrice est provoqué par un étudiant avec qui elle a déjeuné et qui simule un suicide par désespoir d'amour. Clara Bow devient la femme fatale préférée du public américain. Puis, alors que son mariage avec Roland est annoncé par le service publicitaire de la Paramount, elle a des aventures avec ses partenaires Lawrence Gray et Eddie Cantor sur le tournage de Kid Boots, qui marque les retrouvailles avec Tuttle (Le Meurtre du canari (The Canary Murder Case) avec Louise Brooks en 1929), et remporte un franc succès. Le studio prélève 500 dollars, versés sur un compte bloqué, sur son salaire renégocié. En cas de nouveau scandale, le compte lui sera confisqué.
Par la suite, elle tourne avec William A. Wellman Les Ailes (Wings), premier film de combat aérien, considéré comme un des principaux chefs-d'œuvre du Hollywood muet. L'actrice le retrouvera l'année suivante, en 1928, pour Tu ne tueras pas ! (Ladies of the Mob) avec également Richard Arlen en gangster. Mais c'est dans le registre de la comédie qu'elle s'impose bientôt.
En 1925, la Paramount ayant sous contrat le « volcan polonais » en la personne de Pola Negri, Schulberg avait essayé de lancer Clara Bow sous le surnom de « brasier de Brooklyn » – sans succès. En 1926, le producteur lit It, roman de la scénariste anglaise, Elinor Glyn. Il la rémunère 50 000 dollars pour faire de Clara l'incarnation de It, autrement dit le sex appeal version années folles. L'adaptation du roman est lointaine — Bow joue une petite vendeuse qui décide d'appliquer les préceptes du livre — mais le film et son interprète remportent un triomphe qui inaugure une fructueuse collaboration entre le réalisateur Clarence G. Badger et la romancière Elinor Glyn : La Belle aux cheveux roux (Red Hair), L'amour joue et gagne (Three Week Ends). Clara Bow passera à la postérité sous le nom de It Girl.
La rumeur lui prête une liaison avec Fredric March, son partenaire dans Les Endiablées (The Wild Party). Elle préfère s'afficher avec Harry Richman, le « roi de Broadway du moment », et devient la meilleure publicité de celui-ci qui ambitionne de succéder à Al Jolson. L'annonce de leurs fiançailles ne crée pas de remous particuliers ; le public et les journaux, blasés, ne croient plus aux fiançailles sans cesse renouvelées de Clara Bow.
Bow jette ensuite son dévolu sur Rex Bell, ancien livreur de matériel à la Fox et son partenaire dans True to the Navy, autre film mis en scène par Tuttle, devenu son metteur en scène régulier. À côté, l'actrice numéro un du box-office, travaille aussi avec Malcolm St. Clair, A. Edward Sutherland qui fut le mari de Louise Brooks, et Lothar Mendes qui filmera quelques années plus tard Le Juif Süss. Désormais elle donne la réplique d'égal à égal à des comédiens illustres : Warner Baxter, George Bancroft (acteur), et aux jeunes premiers les plus séduisants : Gary Cooper, March, Antonio Moreno et Charles 'Buddy' Rogers.
Les scandales s'accumulent et les échotiers s'en font les chroniqueurs cruels. Le comique Jolson y fait des allusions appuyées à la radio ; des articles assassins sapent le crédit de l'actrice. Elle-même accorde un entretien dévastateur à un tabloïd qui donne d'elle l'image d'une femme infidèle et sans cervelle. La toute-puissante commission du code Hays veut l'obliger à choisir entre épouser Rex Bell ou abandonner le cinéma. Clara semble un temps pencher vers la seconde solution. Cependant, la Paramount choisit de la faire tourner dans Her Wedding Night (réalisé par Tuttle). Elle y interprète une star nymphomane et attire le public en foule.
Après son renvoi, la secrétaire de Clara Bow menace de vendre la correspondance privée de la star si 125 000 dollars ne lui sont pas versés. Si l'employée est inculpée d'extorsion de fonds sous trente-cinq chefs d'accusation, le procès ruine la carrière de Bow. Pour la remercier de n'avoir révélé qu'une infime partie de sa vie privée, elle implore la clémence du juge.