Marie Clémentine Léopoldine Caroline Clotilde d’Orléans, également connue sous le titre de Mademoiselle de Beaujolais, née le 3 juin 1817 à Neuilly-sur-Seine, en France, et morte le 16 février 1907 à Vienne, en Autriche-Hongrie, est une fille de Louis-Philippe, duc d'Orléans qui deviendra roi des Français en 1830 (maison d’Orléans). Par mariage, elle est membre de la famille princière de Saxe-Cobourg et Gotha.
Clémentine d’Orléans est la dernière fille du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850) et de son épouse Marie-Amélie de Bourbon (1782-1866), princesse des Deux-Siciles. Sa beauté est renommée et soulignée par le vieux roi Charles X de France.
En 1830, le roi Charles X est chassé au profit du duc d'Orléans, père de la princesse Clémentine, qui devient Louis-Philippe Ier, roi des Français. Agée de treize ans, Clémentine est une jeune fille ambitieuse et énergique qui rêve d'épouser une tête couronnée comme sa soeur aînée devenue reine des Belges. Cependant, la légitimité du roi des français est contestée par les monarchies Européennes et les ambitions de Clémentine seront déçues. A 25 ans, Clémentine est toujours célibataire. Sa soeur Marie -décédée en 1839 à l'âge de 26 ans - avait contracté une union convenable (mais sans plus) en épousant le prince Alexandre de Wurtemberg, héritier d'une branche cadette de la Maison de Wurtemberg très éloignée du trône.
Le 20 avril 1843, Clémentine d’Orléans épouse au Château de Saint-Cloud le prince Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha (1818-1881), connu également sous le nom de Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary, fils cadet de Ferdinand de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1785-1851) et de la princesse hongroise Antoinette de Koháry (1797-1862).
Bien que le marié soit le frère du roi consort Ferdinand II du Portugal et de la duchesse de Nemours, le neveu de Léopold Ier de Belgique, le cousin germain de la reine Victoria et du prince consort Albert du Royaume-Uni et que sa mère (qui n'est pas de sang royal) soit fabuleusement riche, le mariage n’est guère prestigieux, surtout si l’on considère l’ambition de Clémentine de devenir un jour reine. Le mariage ne fait que renforcer un peu plus les liens qui unissent déjà la monarchie de Juillet à l'Angleterre et à la Belgique, monarchies libérales face aux monarchies conservatrices d'Europe.
Philippe de Saxe-Cobourg-Gotha (1844-1921), épouse en 1875 la princesse Louise de Belgique (1858-1924), fille aînée du roi Léopold II de Belgique.
Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha (1845-1907), qui se marie en 1864 à la princesse Léopoldine de Bragance (1847-1871), princesse du Brésil et fille de l’empereur Pierre II, à défaut de pouvoir épouser sa sœur aînée, la princesse héritière Isabelle de Bragance (1846-1921).
Clotilde de Saxe-Cobourg-Gotha (1846-1927), qui s’unit en 1864 à l’archiduc Joseph de Habsbourg-Hongrie (1833-1905), palatin de Hongrie et petit-fils de l’empereur Léopold II d’Autriche.
Amélie de Saxe-Cobourg-Gotha (1848-1894), qui épouse en 1875 Maximilien-Emmanuel de Wittelsbach (1849-1893), duc en Bavière et plus jeune frère de l’impératrice Élisabeth d'Autriche (Sissi).
Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha (1861-1948) qui devient, en 1908, le roi Ferdinand Ier de Bulgarie. Celui-ci se marie en 1893 à la princesse Marie-Louise de Bourbon-Parme (1870-1899), fille du duc Robert Ier (1848-1907) de Parme.
La princesse Clémentine d’Orléans est une femme d’une grande beauté et le roi Charles X ne s’y trompe pas lorsqu’il déclare à son père, alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente : « Monsieur, si j’avais quarante ans de moins, votre fille serait reine de France ! ».
Clémentine est également une femme brillante dont la plus grande ambition est de devenir un jour reine. Pourtant –ou peut-être à cause de cela– son mariage n’est pas chose aisée d’autant que le père de Clémentine, le roi Louis-Philippe Ier, est longtemps considéré comme un usurpateur par la plupart des monarques européens.
C’est pourquoi, en 1843, la princesse âgée de 26 ans se résigne à épouser, comme deux de ses frères et sœurs, un prince de la Maison de Saxe-Cobourg, le duc en Saxe Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary (1818-1881). Il faut dire qu’au XIXe siècle, selon une formule connue, les Saxe-Cobourg sont un peu « haras de l’Europe » : en 1816, le prince Léopold a épousé la princesse de Galles. Celle-ci meurt l'année suivante mais Léopold reste en Angleterre et conserve ses pensions. En 1831, après avoir refusé la couronne et le trône de la Grèce nouvellement indépendante, il est devenu le premier roi des Belges et épouse la princesse Louise-Marie d'Orléans, sœur aînée de Clémentine. La sœur du roi des Belges, la princesse Victoria a épousé en secondes noces le duc de Kent, elle est la mère de la reine Victoria du Royaume-Uni. La jeune souveraine a épousé en 1840 son cousin Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Un autre frère de Léopold et Victoria a épousé en 1815 une richissime héritière Hongroise, Maria-Antonia de Kohary de Csabrag. Pour se marier, il a dû se convertir au catholicisme ce qui permettra à ses enfants de s'allier aux grandes dynasties européennes catholiques. Son fils aîné Ferdinand a épousé en 1836 la reine Marie II de Portugal, sa fille Victoria a épousé le duc de Nemours, frère de Clémentine. Rien n’interdit à Clémentine d’espérer que son époux soit un jour élu souverain d’un nouveau pays… Pour ce faire, elle doit notamment donner des héritiers à son mari et dans les trois premières années de son mariage met au monde trois enfants : Philippe, Auguste et Clotilde.
En 1848, la révolution oblige la princesse à quitter la France avec son père et la plupart des membres de la famille royale. Elle s’installe d’abord en Angleterre puis part vivre à Cobourg où elle donne le jour à son quatrième enfant, Amélie, et enfin à Vienne, où son mari est officier. Elle donne tardivement le jour à un fils, Ferdinand, en 1861.
Réalisant qu’elle ne sera jamais reine, l’ambitieuse Clémentine concentre tous ses efforts dans le mariage de ses enfants. Clotilde, épouse en 1864 l'archiduc Joseph, chef de la branche hongroise de la famille impériale. La sœur de l'archiduc a épousé le roi Léopold II de Belgique, un neveu de Clémentine. C'est un mariage brillant mais sans réelles importance politique.
En 1864, tandis que l'archiduchesse Charlotte, sœur de Léopold II, et son mari l'archiduc Maximilien ceignent la couronne impériale du Mexique, Clémentine envoie son fils cadet et son neveu Gaston d'Orléans, comte d'Eu au Brésil; son fils a pour mission d'y épouser la fille aînée de l'empereur et de devenir prince consort tandis que son neveu devra épouser la sœur cadette de la future souveraine. Cependant, Auguste s'éprend de la cadette des deux sœurs et le comte d'Eu de l'aînée. N'écoutant que leur cœur, les jeunes gens, avec l'accord de leurs promises, échangent leurs fiancées et contractent des mariages d'inclination. Auguste ne ceindra pas la couronne du Brésil.
Quant à Charlotte, ses ambitions mexicaines se transformeront en tragédie : son mari est déchu puis fusillé par des rebelles et elle sombre dans la folie.
Cependant, alliée à toutes les cours d'Europe, ses frères et sœurs lui demandent ses services pour négocier les mariages de leurs enfants. Ainsi joue-t-elle un rôle essentiel dans le mariage de son neveu, le duc d'Alençon avec la duchesse Sophie-Charlotte en Bavière, sœur de l'impératrice d'Autriche en 1868.