Clémence DesRochers (née Clémence Irène Claire DesRochers le 23 novembre 1933 à Sherbrooke au Québec) est une artiste multidisciplinaire québécoise. Durant ses 50 années de carrière, elle est, entre autres, actrice, scénariste, écrivaine, chanteuse et humoriste.
Née à Sherbrooke en 1933, Clémence DesRochers est la fille du poète Alfred DesRochers et de Rose-Alma Brault (1901 - 1964).
À l'âge de 17 ans (en 1950), elle s'établit à Montréal, où elle fait son diplôme à l'École normale puis gagne sa vie comme institutrice tout en suivant des cours au Conservatoire d'art dramatique de Montréal. Peu après sa création en 1953, elle entre dans la troupe de la Roulotte, un théâtre ambulant dirigé par Paul Buissonneau et présentant des spectacles destinés aux enfants. Elle y côtoie notamment Jean-Louis Millette et Marcel Sabourin. Elle obtient son premier contrat à la télévision en 1956 dans la série Rodolphe.
En 1957, elle fait ses débuts au Cabaret Saint-Germain-des-Prés (à Montréal) aux côtés de Jacques Normand. Elle est l'une des fondatrices, en 1959, du regroupement Les Bozos, installé au deuxième étage du Lutèce, rue Crescent, avec Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée, Raymond Lévesque, Jacques Blanchet et Hervé Brousseau. En 1960, elle joue dans La famille Plouffe, puis interprète durant deux saisons la petite Julie dans Côte de Sable, un téléroman très populaire écrit par le dramaturge Marcel Dubé. Elle tient par la suite un rôle secondaire dans le téléroman Le Pain du jour. De 1968 à 1975, elle interprète le rôle de Mademoiselle Sainte-Bénite dans l'émission pour enfants Grujot et Délicat, pour laquelle elle écrit également des textes. Elle participe à des dizaines de spectacles d'humour et à des pièces de théâtre.
En 1962, Clémence Desrochers fait paraitre un premier album qui comprend des chansons et des monologues. On y retrouve une de ses œuvres les plus célèbres : La vie d’factrie, une chanson décrivant la vie quotidienne d'une ouvrière d'usine. En 2020, la chanson, dont la musique est de Jacques Fortier, sera intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens.
En 1964, avec l'aide du musicien Pierre F. Brault, Clémence DesRochers prépare la comédie musicale Le vol rose du Flamant, la première au Québec, L'œuvre est présentée en décembre 1964 à la Comédie Canadienne dans une mise-en-scène d'Albert Millaire. La distribution du spectacle comprend une vingtaine d'artistes dont Denise Filiatrault, Jean Besré, Janine Sutto, Olivier Guimond et Clémence Desrochers elle-même. La comédie musicale fait par la suite l'objet d'un disque. Avec Le vol rose du flamant, Desrochers ouvre la voie à un nouveau genre qui en inspirera plus d'un, Michel Tremblay en tête.
Un an plus tard, elle propose une nouvelle comédie musicale intitulée On l’prend pas, toujours avec la complicité de Pierre F. Brault à la musique. La distribution comprend, en plus de Clémence Desrochers, Gilbert Chénier et Yvon Deschamps.
En 1966, elle ouvre une boîte à chansons, La Boîte à Clémence, dans une salle attenante au restaurant Le Fournil que venait de fonder Yvon Deschamps. En 1968, elle produit la revue La grosse tête, à laquelle participe Gilbert Chénier et Marc Favreau.
L'année suivante, elle enchaine avec Les Girls, une autre revue conçue cette fois-ci en compagnie du compositeur François Cousineau. Créée au Patriote, la revue, qui regroupe Paule Bayard, Chantal Renaud, Diane Dufresne et Louise Latraverse, remporte un grand succès, non sans susciter une certaine controverse en raison de la 'verdeur' de certains propos. Les Girls sera présenté dans d'autres salles, dont la Place-des-Arts, pour ensuite partir en tournée un peu partout au Québec. Elle poursuit avec les revues La belle amanchure en 1971, et C'est pas une revue, c't'unshow.
En mai 2018, elle invite la Fabrique culturelle à entrer dans son monde de poésie, tout en dévoilant son processus de création des dernières années.
Au tournant des années 2000, Clémence s’est livrée sur sa vie de couple alors que Louise avec qui elle était en couple depuis quarante ans et qui était également son agente, a dû faire face à la maladie.
Le monde sont drôle, Nouvelles, suivies de La Ville depuis, Éditions Parti-Pris, 1966
Sur un radeau d'enfant, Poèmes, monologues, chansons, Éditions Leméac, 1969
Le rêve passe, Théâtre, collection « Répertoire québécois » Éditions Leméac, 1972
La Grosse Tête, Poèmes, monologues, chansons, Éditions Leméac, 1973
J'ai de p'tites nouvelles pour vous autres, Nouvelles et dessins, Éditions de l’Aurore, 1974
Le monde aime mieux...Clémence DesRochers, Poèmes, chansons, monologues, nouvelles, théâtre, Les Éditions de l’Homme, 1977
Le Choix de Clémence dans l'œuvre d'Alfred DesRochers, Textes choisis, Les Presses Laurentiennes, 1981