Ce Jour-là

Clélie, histoire romaine

Roman de Madeleine de Scudéry

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Clélie, histoire romaine est un roman de Madeleine de Scudéry, publié en 10 volumes in-8°, de 1654 à 1660. Situé dans la Rome antique, il a pour personnage principal Clélie, héroïne légendaire des tout premiers temps de la République romaine. L'intrigue alterne les intrigues amoureuses, les intrigues politiques, l'aventure, les combats et de nombreuses conversations où les personnages débattent sur l'amour et l'amitié.

Il ne faut pas attendre de vraisemblance historique de Clélie. Le roman n’est que le reflet de l’actualité de son temps masquée et déguisée.

Clélie, premier roman qu’elle écrit indépendamment de son frère, avec qui elle s’est brouillée, constitue un tournant dans l’œuvre de Madeleine de Scudéry. Alors qu’elle avait pris la matière de son roman précédent, Artamène ou le Grand Cyrus, dans les événements et chez les acteurs de la Fronde, c’est le salon qu’elle vient d’ouvrir, vers 1650 qui, cette fois, lui fournit la matière Clélie. C’est ainsi qu’on y trouve, par exemple, une description de Madame Scarron, future Madame de Maintenon.

Ce roman est un excellent exemple du roman précieux, sous-genre du roman français du XVIIe siècle, engendré par le courant de la préciosité. Apparu aux alentours de 1650, le roman précieux a pour sujet de prédilection le sentiment, son analyse et son discours. Il est caractérisé par l'importance qu'il accorde à l'intériorité, par le raffinement dans l'analyse des sentiments, par son vocabulaire élevé et son style baroque. Cette préciosité se manifeste aussi dans les prises de position féministes déjà présentes dans Artamène.

Comme beaucoup de romans et nouvelles de Madeleine de Scudéry, Clélie offre « une représentation romanesque de la société précieuse et galante » dépeignant ses idéaux mondains, mais également « sa conception de l’art de vivre en société et de l’art d’aimer. » L’action romanesque s’efface peu à peu pour céder la place à des conversations morales et des analyses psychologiques qui élaborent une sociabilité nouvelle.

C’est dans Clélie que se trouve la carte de Tendre, « représentation topographique et allégorique de la conduite et de la pratique amoureuse », qui est la transposition littéraire de la relation platonique qu’elle a entretenue avec Paul Pellisson.

« Amours et aventures sont le support vivant et coloré d’une interrogation sur la « morale du monde » et ses formes d’expression, sensible à la nécessité de ménager aux femmes de valeur la place glorieuse qui leur est due. C’est à l’idéal de la conversation galante, recrutant hommes et femmes sur le seul mérite de l’esprit, que fut confié, non sans quelque clairvoyante inquiétude, ce projet résolument moderne : l’élégante discrétion de l’écriture en fait aussi tout le prix. »

En 509 av. J.-C., Aronce, fils du roi Porsenna, et Clélie, fille de Clélius et Sulpicie, jeunes amants, doivent célébrer leurs noces lorsqu'un tremblement de terre les sépare. Aronce échappe à la mort et ne pense qu’à sauver Clélie. Retrouvant les parents de Clélie dans un tombeau que le séisme avait ouvert, il espère la revoir. Mais Sulpicie lui dit avoir vu Horace près de sa fille avant que les cendres ne recouvrent le paysage. Aronce se met donc à chercher, mais ne la trouve pas. Il en vient à espérer être mort lui aussi, si Clélie a péri dans cette catastrophe. Un retour est alors opéré sur le cycle de leurs amours et fait découvrir au lecteur les péripéties par lesquelles sont passés les deux jeunes gens avant de se retrouver.

Le jour précédant les noces de Clélie, fille de Clélius et de Sulpicie, et d'Aronce, fils du roi Porsenna, dans la campagne de Capoue, les gens ressentaient encore le retard du mariage, dû au débordement récent du fleuve causé par la tempête. Mais le père de Clélie avait quand même choisi de la marier dans les belles ruines qui en avaient résulté. L’inquiétude envahissait Aronce, comme au moment où son rival, Horace, apparut au mariage. Clélie, inquiète de cette présence, demande à son père d’empêcher une bataille entre les deux. À ce moment, la terre se met à trembler, séparant les deux amants, répandant flammes, cendres et fumées partout dans la campagne. Aronce échappe à la mort et ne pense qu’à sauver Clélie. Retrouvant les parents de Clélie dans un tombeau que le tremblement avait ouvert, il espère la revoir. Mais Sulpicie lui dit avoir vu Horace près de sa fille avant que les cendres ne recouvrent le paysage. Aronce se met donc à la chercher, mais ne la trouve pas. Il en vient à espérer être mort lui aussi, si Clélie a péri dans ce tremblement.

Sans nouvelles depuis longtemps, il apprend par Sténius, ami d’Horace, que ce dernier est toujours vivant. Sténius lui fait lire cette lettre qui révèle qu’Horace est en possession de Clélie. Avec son ami Célère, Aronce part de Capoue pour retrouver Clélie. Mais arrivé au bord du lac de Trasimène, il aperçoit une barque qui contient Horace et Clélie, en plus de six autres hommes armés, combattant dix hommes dans une autre barque, sur le lac. Sur cette seconde barque se trouve le Prince de Numidie, un ami, de qui s’échappait rapidement Horace. Voyant cela au loin, Aronce est fâché de ne pouvoir se battre aussi. Mais pendant qu’il voit Horace s’enfuir, un esclave couvert de sang sort des bois et lui demande d’aller au secours du prince de Pérouse Mézence, que des traîtres veulent assassiner. L’honneur lui dicte de l’aider. Il sort de la bataille légèrement blessé et est hébergé chez Sicannus, ami de Célère, sur l’île des Saules. Là, il apprend que le prince de Numidie est également son rival auprès de Clélie. Il apprend aussi la situation politique en Étrurie. Mézence tient prisonnière sa fille Galérite et le roi Porsenna, que ses fidèles veulent libérer. Aronce se noue d’amitié avec la princesse des Léontins, Lysimène.

À la demande de celle-ci, Célère raconte l’Histoire de Clélie et Aronce, qui révèle que le roi Porsenna est le père d’Aronce. On apprend que le roi a épousé la fille de Mézence, Galérite, tout en restant l’otage politique de son beau-père. En effet, les deux ont un enfant qui, pour échapper à la justice de Mézence, est embarqué vers Syracuse. Lors du naufrage de son bateau, l’enfant est recueilli par Clélius et Sulpicie, qui eux-mêmes ont perdu leur fils durant la tempête. Cet enfant, c’est Aronce, qu’ils nomment ainsi en l’honneur du fils disparu. Ils l’emmènent à Carthage avec eux. Quatre ans plus tard, ils ont Clélie. Les deux enfants bénéficiant d’une excellente éducation, Aronce se fait ami avec le jeune prince de Carthage et le jeune prince de Numidie. Par ces amitiés, Aronce est toujours loin de Clélie, qui grandit pour devenir une belle jeune femme. Alors, accompagné d’un ami du prince de Carthage, Amilcar, ils partent à trois voir toute la Grèce, puis Rome. Là, le tyran Tarquin sévit, et le prince de Carthage fait la rencontre d’Horace, victime exilée de Tarquin, qui converse avec Aronce. Les deux deviennent amis et Horace continue le voyage de retour avec eux. Pendant les quatre ans qui précédèrent leur retour, Clélie, devenue magnifique, est la favorite de Maharbal, celui qui avait alors la plus grande autorité à Carthage. Clélius hésite à lui donner sa fille en mariage, le prince de Numidie est également amoureux d’elle, et au retour d’Aronce, ce dernier tombe amoureux d’elle. Les trois arrivent le jour de la fête de Tyr, qui donne aux Phéniciens une partie de leur fortune, et de leurs filles, pour célébrer l’alliance des deux peuples. Clélie, Aronce, Amilcar et Horace se retrouvent tous à cette fête. Aronce et Clélie se reconnaissent et se plaisent beaucoup. Mais Aronce va demander à Sulpicie des nouvelles de Clélius, alors que Clélie attendait Aronce. Lorsqu’il vient la voir, il la complimente et les deux décident de s’appeler frère et sœur. Clélius retrouve Aronce qu’il voit comme un fils, puis Horace qu’il voit comme un allié. Les trois, Aronce, le prince de Numidie et Horace passent la majorité de leur temps avec Clélie, chez Sulpicie, alors que Maharbal est aux prises avec l’administration de Carthage. C’est alors que le prince de Numidie déclare son amour à Clélie, qui rejette le prince, à la fois par dédain et parce qu’il risque les foudres de Maharbal. Quant à Aronce, il renonce à avouer son amour à Clélie, par respect pour Clélius et Sulpicie, alors que Horace, amoureux lui aussi, ne voyait pas le besoin de le lui révéler. Mais les rivaux sont tout de même amis. Clélie ignore donc l’amour des trois, sauf celle de Maharbal qui est connue de tous. S’ensuit une discussion sur l’amour, en compagnie de Barcé et Sozonisbe, deux nouvelles mariées. Aronce croit en l’amour naissant de l’amitié, pas soudain, alors qu’Horace croit au coup de foudre. Le prince de Numidie et Maharbal se joignent à la conversation et changent de sujet. La compagnie se sépare. Aronce avoue son amour pour Clélie à Célère, et son désespoir quant à son union avec elle. Il décide de s’opposer à son amour pour elle. Clélie ainsi, refuse Horace, Maharbal, le prince de Numidie, et penche plus vers Aronce.

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