Ce Jour-là

Cixi

Impératrice de Chine

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Cixi, ou Tseu-Hi, ou Ts'eu-hi (chinois : 慈禧 ; pinyin : Cíxǐ ; wade-giles : Tz'u-Hsi), née le 29 novembre 1835 à Pékin et morte le 15 novembre 1908 à la Cité interdite, est une impératrice douairière de Chine de la dynastie Qing qui exerce la réalité du pouvoir en Chine pendant 47 ans, de 1861 à sa mort.

Choisie adolescente par l'empereur Xianfeng et sa mère pour devenir concubine impériale, elle donne naissance à un fils, qui devient l'empereur Tongzhi après la mort de Xianfeng. Son véritable nom est Yehenala Xingzhen mais, après l'intronisation de son fils, elle prend le nom honorifique de « Cixi » (prononcé approximativement « Ts'eu-shi ») : « mère vénérable ». Cixi parvient à renverser le groupe de régents nommé par l'empereur défunt et assume elle-même la régence durant l'enfance de son fils aux côtés de l'impératrice douairière Ci'an. Alors que Ci'an est officiellement au-dessus de Cixi dans l'ordre protocolaire, elle est en réalité effacée et laisse tous les pouvoirs de la régence aux mains de Cixi. Cixi consolide ensuite son contrôle sur la dynastie et, à la mort de l'empereur Tongzhi, contrairement aux règles de succession, elle installe son neveu sur le trône sous le titre d'empereur Guangxu en 1875.

Bien qu'elle refuse d'adopter un modèle de gouvernement occidental, elle soutient néanmoins le mouvement d'auto-renforcement technologique et militaire. Cixi rejette la réforme des Cent Jours de 1898 qu'elle considère impraticable et nuisible au pouvoir dynastique et place l'empereur Guangxu sous surveillance pour avoir apporté son soutien aux réformateurs. Après la révolte des Boxers et l'invasion des armées alliées, les pressions externes et internes forcent Cixi à effectuer des changements institutionnels qu'elle avait refusés jusque-là et amorce de très ambitieuses réformes sociales et politique. La dynastie est déposée par la révolution chinoise de 1911, trois ans après sa mort (et la nouvelle ère républicaine commence le 1er janvier 1912).

Les historiens chinois et internationaux la représentent généralement comme un despote et comme la responsable de la chute de la dynastie, tandis que d'autres suggèrent que ses adversaires réformateurs ont réussi à en faire un bouc émissaire de problèmes qui allaient au-delà de son pouvoir, qu'elle est intervenue pour calmer les troubles, qu'elle n'était pas plus impitoyable que les autres dirigeants, et qu'elle était même résolument réformiste vers la fin de sa vie.

Fille de sang noble de Huizheng, un porte-enseigne issu du clan mandchou Yehe Nara (en) (pinyin : Yèhè Nālā Shì), un clan des Jürchens Haixi, Cixi, née durant l'hiver 1835, voit son éducation prise en charge par son oncle à la mort de ses parents. À l'âge de quinze ans, elle fait partie d'un groupe de soixante jeunes filles choisies pour devenir les concubines de l'empereur de Chine Xianfeng, et se voit nommée concubine de sixième rang ou « noble dame », avec le nom honorifique « Lan » (chinois : 蘭貴人, pinyin : Lán guìrén).

Un jour, son eunuque personnel transgresse les règles de la Cité interdite et révèle à sa maîtresse qu'il peut l'aider pour que l'empereur veuille la choisir pour la nuit. Cixi se fâche mais accepte finalement de l'écouter. Cixi use de ruse et de calculs pour entrer dans les bonnes grâces du grand eunuque de la cité impériale, lequel fit ensuite l'éloge de la beauté de Cixi à l'empereur.

En 1852, l’empereur Xianfeng commence à grandement la favoriser. Au terme de trois mois entiers passés auprès de lui, elle devient la favorite impériale en titre. Le 27 avril 1856, elle donne naissance à un fils du nom de Zaichun, destiné à succéder à son père sur le trône. Après avoir donné un fils à l'Empire, elle est, après l'impératrice, la femme la plus importante de l'Empire.

Toutefois, son ascension a un prix : l'éducation du prince héritier est confiée à l'impératrice, sa rivale, et aux eunuques de la Cour. Cependant Cixi, favorite de l'empereur, est sa conseillère dans les affaires de l'Empire, ce qui constitue à l'époque une attitude sacrilège en totale rupture de la répartition des rôles. Par ailleurs, contrairement à la plupart des autres concubines impériales, elle sait lire et écrire, ce qui lui permet d'assister efficacement Xianfeng. À son contact, elle apprend rapidement la gestion des affaires d'État.

En 1860, pendant la seconde guerre de l’opium, Français et Anglais attaquent Pékin et la cour doit fuir pour Rehe en Mandchourie. Xianfeng sombre alors dans la dépression et meurt le 22 août 1861, à 30 ans.

Juste avant la mort de l'Empereur, deux groupes s'opposent afin de gouverner. Le premier est constitué de deux cousins favoris de l'Empereur, les princes Yi (en) et Zheng (en). C'est dans le second groupe que Cixi trouve sa place avec à ses côtés le commandant de la garde impériale, Rong Lu (parfois considéré comme un amant secret), et le prince Gong (en) qui garde le trône de Pékin. Cixi dispose aussi de l'appui du Grand eunuque. Quant à Ci'an, la première épouse de l'Empereur et impératrice douairière, elle reste neutre. Elle est dès lors convoitée par les deux factions car elle est supposée exercer la régence à la mort de l'empereur, excepté dans le cas de dispositions contraires de ce dernier.

Un édit accordant les titres de régents et de tuteurs du jeune héritier du trône (le fils de Cixi) est arraché à l'Empereur sur son lit de mort en faveur des princes Yi et Zheng. Par ruse, Cixi dérobe le sceau impérial, lui permettant de valider ou non les décrets impériaux.

Alors que les funérailles de l'Empereur ont lieu, les deux princes désavoués ainsi que leur allié mandarin Su Shun (en) se préparent à remettre la main sur le sceau récemment dérobé. Le convoi doit être attaqué et le sceau récupéré sur le cadavre de l'empereur. Cependant, le complot est éventé, faisant échouer la conspiration, lorsque Rong Lu s'élance à cheval et rattrape les assassins employés par le trio. Quelques jours plus tard, les instigateurs sont éliminés : Su Shun est décapité et les deux princes mandchous reçoivent l'autorisation de se pendre. Ci'an, à la personnalité peu affirmée, se range alors aux côtés de Cixi. Cette dernière, déjà impératrice mère, prend le titre d'Impératrice Mère du Palais d'Occident et Ci'an, d'Impératrice Mère du Palais d'Orient. Elles détiennent désormais le pouvoir suprême en Chine. Gong est nommé conseiller de la Couronne en récompense de sa loyauté. Zaichun, âgé de six ans, est intronisé empereur sous le nom de Tongzhi. Cette succession plutôt inattendue semble redonner du sang neuf à la dynastie mandchoue, jusqu'alors en perdition.

À la mort de l’empereur Xianfeng en 1861, Cixi devient impératrice douairière, associée à Ci'an, alors impératrice. Cixi détient alors les pleins pouvoirs pendant que Ci'an reste dans son ombre jusqu'à sa mort en 1881.

À sa majorité en 1873, Tongzhi règne sur la Chine. Cependant Cixi n’a pas l’intention de le laisser changer l’ordre établi : son fils, le nouvel Empereur, règne seulement en apparence tandis qu'elle conserve la mainmise sur les décisions importantes. Les apparences sont maintenues : l'Empereur promulgue les décrets mais la décision véritable revient en fait à la toute-puissante impératrice douairière. Cette pratique est appelée par ses contemporains « régner derrière le rideau », expression à prendre au sens littéral. Cixi a en effet installé dans la salle du trône une tenture suffisamment transparente pour lui permettre de voir le dos de l'Empereur et les gens placés devant lui, mais suffisamment opaque pour qu'elle ne soit pas vue. Assise derrière le trône impérial, elle tire les ficelles de l'Empire, réduisant le « fils du ciel » au rôle de figurant.

Cixi est de religion bouddhiste et aussi taoïste. Elle vénérait en particulier bodhisattva Guanyin, la déesse de la miséricorde.

À cette époque, le jeune Empereur sort de la Cité interdite presque chaque nuit pour se distraire avec des prostituées ou bien fumer de l'opium (drogue introduite d'Inde par les Britanniques et interdite à la consommation par décret impérial). Mais ses excès et sa vie de débauche ne lui permettent pas de tenir longtemps : il meurt à dix-neuf ans à peine, en 1875. À sa mort, selon les annales de la cour, Cixi se déclare bouleversée : « Je croyais pouvoir être heureuse une fois mon fils empereur ; à sa mort, je suis devenue une autre car c'en était fini de mon bonheur ». Mais Cixi n'a pas le temps de sombrer dans le chagrin car l'épouse de Tongzhi est enceinte. Si elle donne naissance à un fils, ce dernier sera proclamé héritier du trône et Cixi sera évincée du pouvoir car la jeune veuve assumerait la régence à sa place. C'est pourquoi elle convoque, le jour même de la mort de son fils, les hauts dignitaires de l'Empire pour faire désigner Zaitian comme héritier — le fils, âgé d'à peine quatre ans, de sa sœur et d’un prince impérial. Cette proclamation apparaît alors comme un véritable coup d'État.

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