Citroën est un constructeur automobile français, aujourd'hui filiale du groupe Stellantis. Son nom en forme longue est Automobiles Citroën SA. L'entreprise a été fondée en juin 1919 par André Citroën. La marque a toujours été réputée pour ses technologies d'avant-garde et, à plusieurs reprises, a révolutionné le monde de l'industrie de l'automobile. Citroën a notamment créé la Traction Avant, l'utilitaire H, les 2 CV, DS, Méhari, SM, GS, CX, BX, AX, Saxo ou encore la XM, qui sont toutes des créations d'avant-garde.
L'entreprise Citroën appartient depuis 1976 au groupe PSA intégré dans Stellantis en 2021. Le groupe PSA englobait également DS Automobiles et Peugeot, ainsi que l'anglais Vauxhall et l'allemand Opel, depuis 2017. En 2021, son siège social a été transféré de Rueil-Malmaison à Poissy. Ses bureaux d'études et de recherches sont installés à Vélizy-Villacoublay, Poissy (CEMR), Carrières-sous-Poissy et Sochaux-Montbéliard. Carlos Tavares, entré chez Renault en 1981, en est devenu le numéro deux, aux côtés de Carlos Ghosn, recruté le 1er avril 2014 comme directeur opérationnel de la branche automobile du Groupe PSA (en quasi faillite) et nommé directeur général de Stellantis à sa création en janvier 2021, a été limogé le 1er décembre 2024, avec départ immédiat.
Citroën est engagé en compétition automobile via son département Citroën Racing (anciennement Citroën Sport).
Né d'un père néerlandais et d'une mère polonaise, André Citroën voit le jour à Paris le 5 février 1878. Il devient orphelin de père à 7 ans.
En 1901, âgé de 23 ans, il s'associe avec André Boas et Jacques Hinstin, qu'il connaît depuis le lycée Condorcet, avec qui il investit une grande partie de l'héritage de ses parents pour fonder la société « Citroën, Hinstin et Cie », entreprise de fabrication d'engrenages, en particulier ceux à chevrons en V, avec une dizaine d'ouvriers, d'abord dans le faubourg Saint-Denis du 10e arrondissement de Paris, puis dès 1912 au 31 quai de Grenelle (Paris) dans le 15e arrondissement de Paris. Le logo de cette marque n'est autre qu'un double V renversé qui deviendra l’emblème de sa marque d’automobiles. Avec 900 000 francs de chiffre d'affaires en 1910 et quatre années plus tard, le premier conflit mondial éclate. Il rencontre alors le Ministre de l'armement. André Citroën lui propose un plan de fabrication d'obus de 75 mm, le Ministre passe commande pour 15 000 obus par jour. En 1915, la production atteindra 55 000 obus par jour.
À la sortie de la Première Guerre mondiale, pendant laquelle il a fondé et dirigé une importante usine de fabrication d'obus, le polytechnicien André Citroën décide de créer en 1919, sa propre marque d'automobiles.
Il transforme son usine d'obus, complexe métallurgique construit en six semaines au printemps 1915 et située sur l'actuel emplacement du parc André-Citroën, quai de Javel (actuel quai André-Citroën) dans le 15e arrondissement de Paris, pour la reconvertir dans la production de véhicules à moteur. Il absorbe le constructeur automobile Mors dont il est le directeur général administrateur depuis 1906, et industrialise le premier modèle de la marque : la Citroën Type A. Ce modèle est la première automobile construite en série en Europe. La voiture bénéficie d'une publicité par le biais d'une affiche du dessinateur Mich. En 1919, il sort quotidiennement 30 voitures, pour un total de 2 810 véhicules et 12 244 en 1920.
La grande usine de Clément-Bayard à Levallois-Perret est rachetée en 1922, ce qui permet à la marque de sortir sa première voiture vraiment populaire, la « 5 CV », inspirée des voitures Clément-Bayard.
En 1924, Citroën commence une collaboration avec l'ingénieur américain Edward Gowan Budd, qui a travaillé depuis 1899 au développement des carrosseries tout en acier pour les voitures de chemin de fer, et pour de nombreuses marques d'automobiles (Dodge, etc.). En 1925, Citroën industrialise, par ce biais, la première carrosserie « tout acier » entièrement fermée en Europe.
Le succès est au rendez-vous mais la concurrence industrielle est forte et implique un très fort développement créatif, technique et industriel.
En 1928, après la montée en puissance des sociétés industrielles françaises à la Bourse, elles représentent pour la première fois trois des cinq premières capitalisations françaises et Citroën est la cinquième. Propriété quasi exclusive de son fondateur, Renault ne figure pas dans le classement.
Citroën innove en matière de fordisme et de taylorisme avec des voitures bon marché, au détriment de ses bénéfices et des très importants coûts de développement, ruineux en pleine période de guerres mondiales et de crises de la Grande Dépression.
C'est également au cours de cette période que la banque Lazard Paris, dorénavant installée rue Pillet-Will, devient un acteur important dans plusieurs sociétés industrielles françaises, auréolé de son succès chez Citroën. En effet, dès 1927, la banque apporte au constructeur automobile les fonds dont il a besoin, renégocie sa dette, par exemple en lui rachetant la Sovac (filiale de Citroën spécialisée dans la vente d'automobiles à crédit), qui lui servira plus tard à distribuer de nombreux crédits. Mais elle va plus loin en entrant dans son capital et en installant trois de ses membres au conseil d'administration (Raymond Philippe, André Meyer et Paul Frantzen).
En 1933, lors des grèves et tandis qu'André Citroën souhaite diminuer les salaires de ses employés, Jacques Prévert écrit Citroën, texte qui sera lu à la foule des grévistes par le Groupe Octobre.
Les relations entre les deux groupes se distendent par la suite et, en 1934, la banque ne peut empêcher la faillite de l'industriel. Les deux familles restent cependant liées, avec le mariage du fils d'André Citroën et de la dernière fille de David David-Weill.
Le lancement révolutionnaire mais très coûteux de la Traction Avant, première voiture à carrosserie monocoque, qui surclassera toutes ses rivales pendant 15 ans à partir de 1934, ne sauve pas la marque de la faillite.
Fin 1934, les banques, dont la banque Lazard et créditeurs perdent confiance en Citroën et décident de ne plus suivre son surendettement chronique et ses importantes pertes financières, et de confier la gestion à son principal débiteur Pierre Michelin, du groupe Michelin second fils d’Édouard Michelin, cofondateur du groupe Michelin, un des principaux créanciers de Citroën avec la mission très difficile de lui éviter la faillite.
En revanche, dans son livre La Conjuration de Javel publié en 1996, Bernard Citroën démontre que la dette était moins sévère qu'on ne l'avait dit et que la marque, en réalité, aurait pu échapper à la faillite.