Sir Christopher Wren (né le 20 octobre 1632 à East Knoyle, mort le 25 février 1723 à Hampton Court) est un savant et architecte britannique du XVIIe siècle, célèbre pour son rôle dans la reconstruction de Londres après le Grand incendie de 1666. Wren est connu en particulier pour la conception de la cathédrale Saint-Paul de Londres, considérée comme étant son chef-d'œuvre, une des rares cathédrales construites en Angleterre après la période médiévale, ainsi que la seule cathédrale classique et baroque dans le pays.
Fils de Christopher Wren et Mary Cox, Christopher Wren naît en 1632 dans le Wiltshire, où son père est membre du clergé. En 1634, ce dernier se voit offrir le poste de doyen de Windsor, occupé jusqu'alors par son frère Matthew Wren, qui vient d'être nommé évêque de Hereford. Durant son enfance, Christopher sera compagnon de jeu du prince de Galles Charles Ier.
À l'âge de neuf ans, il est envoyé à la Westminster School de Londres. La famille Wren, aux convictions royalistes affirmées, souffre de quelques difficultés dans la période troublée de la guerre civile anglaise. Matthew Wren, alors évêque d'Ely est emprisonné pendant huit ans à la tour de Londres. Son père lui-même est obligé de quitter Windsor pour se réfugier à Bristol, mais, lorsque Christopher a onze ans, sa sœur aînée se marie avec le mathématicien William Holder et la famille Wren vient s'installer à Bletchingham (en) dans l'Oxfordshire, chez les Holder. William Holder est alors le précepteur de Christopher qu'il encourage à découvrir l'astronomie.
En 1646, au sortir de la Westminster School, Wren n'entre pas aussitôt à l'université. Durant les trois années suivantes, durant lesquelles certains prétendent que sa santé est précaire, il assiste le docteur Charles Scarborough, le futur médecin royal, dans différentes études anatomiques, et fait aussi, pour son propre compte, des travaux mathématiques sur le cadran solaire, une maquette du système solaire où il met à l'œuvre tant ses connaissances scientifiques que ses aptitudes artistiques.
Wren entre au Wadham College à Oxford le 25 juin 1649 et obtient sa licence le 18 mars 1651 et sa maîtrise en 1653. Il est élu Fellow de l'université All Souls la même année et vit dans ses locaux jusqu'en 1657. Il continue ses expérimentations en anatomie, dessinant des croquis du cerveau humain pour la Willis's Cerebri anatome, une anatomie célèbre dirigée par Thomas Willis et qui sera éditée en 1664, faisant la démonstration d'une transfusion sanguine entre deux chiens. Il fait preuve à cette époque d'une inventivité débordante dans un grand nombre de domaines.
Il est ensuite nommé professeur d'astronomie au Gresham College à Londres en 1657. Il avait commencé des observations de la planète Saturne à partir de 1652 dans le but d'expliquer son étrange apparence. Il expose ses hypothèses dans le De corpore saturni lorsque Christian Huygens présente sa théorie sur les anneaux de Saturne. Wren reconnaît immédiatement que cette théorie est plus satisfaisante que la sienne et ne publie pas.
Wren fait partie d'un groupe de discussion scientifique de l'université de Gresham qui, en 1660, organise des réunions hebdomadaires formelles, et il joue un rôle incontestable dans la genèse de ce qui deviendra la Royal Society. Sa grande diversité d'intérêts entraîne de multiples échanges d'idées entre savants et ses conférences sont des réunions qui préfigurent celles de la Royal Society. Le compte-rendu de la première réunion formelle de la Société indique d'ailleurs :
« Mémorandum du 28 novembre 1660. Ces personnes, suivant la coutume habituelle de la plupart d'entre elles, se sont réunies au Gresham College pour entendre la conférence de M. Wren, à savoir : Lord Brouncker, M. Boyle, M. Bruce, Sir Robert Moray, Sir Paule Neile, Dr Wilkins, Dr Goddard, Dr Petty, M. Ball, M. Rooke, M. Wren, M. Hill. Et après la fin de la conférence, ils se sont retirés, selon la manière habituelle, pour une conversation mutuelle. ».
Wren en est donc l'un des membres fondateurs et il en sera le président de 1680 à 1682. Il devient, en 1661, professeur à Oxford, titulaire de la chaire savilienne d'astronomie, poste qu'il conservera jusqu'en 1673. C'est à cette époque qu'il produit ses plus importantes contributions aux mathématiques. Isaac Newton, pourtant avare de compliments, affirme dans ses Philosophiae Naturalis Principia Mathematica que Wren est, avec John Wallis et Christian Huygens, parmi les plus grands mathématiciens de son temps.
Le 15 juillet 1662, ce groupe de distingués gentlemen reçoit une charte royale des mains de Charles II confirmant la constitution de la Société Royale, puis une deuxième charte royale le 22 avril 1663, fondatrice de la « Société royale de Londres pour l'amélioration des connaissances naturelles » (The Royal Society of London for improving Natural Knowledge).
On n'a aucune certitude sur l'origine de l'intérêt de Wren pour l'architecture, bien que l'on sache que lors de sa période 1646-1649, il a fait des recherches sur la manière de défendre les villes et fortifier les ports. Il a certainement lu le De Architectura de Vitruve alors qu'il était étudiant à Oxford. En 1661, il est invité à travailler aux fortifications du port de Tanger et, bien qu'il ait décliné cette offre, il est considéré à cette date comme quelqu'un qui peut diriger un projet architectural d'une telle importance. En 1663, Christopher Wren visite Rome, où il effectue une étude complète du théâtre de Marcellus, travaillant tant sur les ruines du théâtre que sur les dessins le montrant dans sa forme originale. Ce travail aura de profondes répercussions dans les conceptions architecturales de Wren et l'influence du théâtre est clairement évidente dans ses premières réalisations. Un séjour à Paris, en 1665, pour échapper à la peste qui sévit à Londres, laisse aussi sa marque sur le futur architecte de la capitale anglaise, particulièrement ses visites aux églises de la Sorbonne et des Invalides.
En 1663, missionné par son oncle alors évêque d'Ely, il construit la chapelle de Pembroke College à Cambridge. La même année, il soumet à la Société royale une proposition de construction pour le Sheldonian Theatre à Oxford, un bâtiment dont l'érection débute en 1664 et qui est le premier de ses projets comportant un dôme. Wren le mathématicien est devenu Wren l'architecte. Il poursuit en 1668 avec la chapelle d'Emmanuel College (Cambridge) à Cambridge et le Garden Quadrangle de Trinity College à Oxford.
Mais, la grande occasion de faire ses preuves de maître-architecte vient lorsqu'il faut procéder à la reconstruction de Londres après le Grand incendie de 1666. Nommé commissaire pour la reconstruction de la ville de Londres (Commissioner for Rebuilding the City of London) en cette même année, il effectue un relevé de la zone détruite par l'incendie avec l'aide de trois arpenteurs, l'un étant Robert Hooke. Wren redessine le plan de la ville entière, prévoyant de larges avenues rayonnant depuis un espace central, mais les propriétaires des terrains feront échouer la mise en application de ce plan directeur. Il dirige aussi la reconstruction de 51 églises, et malgré la lourdeur de la charge, reste titulaire de sa chaire d'astronomie à Oxford.
Il s'adjoint la collaboration de nombreux artistes tels que les sculpteurs Grinling Gibbons, Pierre van Dievoet ou Arnold Quellin.
En 1669, Wren est nommé Surveyor of St Paul's Cathedral. Il avait déjà été impliqué dans les travaux de réparation de l'ancienne cathédrale en 1663 et tout naturellement ce poste lui revient depuis qu'il est devenu Surveyor-General of the King's Works, cette même année. Cette situation officielle lui permet aussi de penser au mariage et il épouse Faith Coghill, une vie commune qui ne durera que six ans, son épouse mourant en septembre 1675, peu de temps après avoir donné naissance à leur second enfant. En 1677, Wren épouse, en secondes noces, Jane Fitzwilliam, mais celle-ci meurt de la tuberculose en 1679 après lui avoir donné deux nouveaux enfants.