Christophe Lemaitre, né le 11 juin 1990 à Annecy, est un athlète français spécialiste du sprint, et plus particulièrement du 200 mètres. Actuel détenteur du record de France de la spécialité, en 19 s 80, il est médaillé de bronze sur la distance en 2011 à Daegu, et médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. Il est le seul sprinteur Français de l'histoire médaillé en individuel lors des Championnats du monde et des Jeux Olympiques.
Talent précoce, il est sacré champion du monde junior du 200 m en 2008 à Bydgoszcz et champion d'Europe junior du 100 mètres un an plus tard à Novi Sad, où il devient recordman d'Europe junior du 100 m en 10 s 04.
Il entre dans l'histoire de l'athlétisme européen en 2010 lors des Championnats d'Europe en 2010, en devenant le premier sprinteur à remporter les titres du 100 m (10 s 11), du 200 m (20 s 37) et du relais 4 × 100 mètres (38 s 11) pendant la même édition. La même année, il devient le deuxième sprinter français à courir le 100 mètres en moins de 10 secondes après Ronald Pognon, avec un temps de 9,98 s. Cette performance a été largement saluée, car il est en plus le premier sprinter blanc à franchir cette barrière mythique.
Un an plus tard, lors de la finale du 200 m des championnats du monde de Daegu, il remporte la médaille de bronze, dans un temps de 19 s 80 qui fait de lui le premier Français à casser la barrière des 20 secondes, et à l'époque le deuxième meilleur sprinter européen de tous les temps, à seulement 8 centièmes de l'ancien record du monde de Pietro Mennea (19 s 72). Il devient le premier Français médaillé sur 200 mètres et en sprint court depuis la médaille d'argent de Gilles Quénéhervé à Rome en 1987, et le premier de l'histoire double médaillé lors d'une même édition, puisqu'il remporte la médaille d'argent sur le 4x100 m.
Lors des Jeux olympiques de Londres 2012, il atteint la finale du 200 mètres, et monte sur la troisième marche du podium du relais 4 × 100 m avec Jimmy Vicaut, Pierre-Alexis Pessonneaux et Ronald Pognon. Lors des Championnats d'Europe de Zurich en 2014, il devient l'athlète le plus médaillé de toute l'histoire de ce championnat, avec 8 médailles (4 en or, 2 en argent, 2 en bronze).
Après des années rendues compliquées par les blessures, il obtient la consécration en août 2016 la seconde médaille olympique de sa carrière, remportant la médaille de bronze sur 200 m aux Jeux olympiques de Rio, derrière Usain Bolt et Andre De Grasse.
Christophe Lemaitre naît à Annecy en Haute-Savoie le 11 juin 1990, mais il passe sa jeunesse à Culoz, ville du Bugey dans l'Ain. De nature timide et introvertie, il passe une enfance plutôt difficile et confiera plus tard à L'Équipe qu' « il en a [alors] pris plein la gueule »; choisi dans les derniers dans les équipes en cours de sport et ridiculisé par ses camarades, il devient le souffre-douleur et le bouc émissaire de ses camarades de classe. Bien qu'il admette que « c'était dur », il nie connaître les causes de cet ostracisme. Il rapportera ensuite qu'il « fonctionnait beaucoup par rapport au regard des autres » et qu'il « n'avait pas les armes pour lutter contre les moqueries » de ses camarades.
À Culoz, Christophe Lemaitre pratique le handball, le rugby à XV et le football avant de découvrir, par hasard l’athlétisme en 2005 à 15 ans, au détour de la Fête du sport de Belley, manifestation proposée par l'Athlétique sport aixois, permettant au public de se tester sur des épreuves de sprint.
Repéré par Jean-Pierre Nehr, son premier entraîneur, après avoir réalisé le meilleur temps du 50 m tous âges confondus, il s'inscrit peu après au club d'athlétisme de Belley avant de rejoindre quelques mois plus tard l'Athlétique sport aixois d'Aix-les-Bains où il entame une collaboration avec Pierre Carraz. Auteur de 11 s 88 sur 100 m, il réalise 11 s 46 un mois plus tard, et il participe aux championnats de France cadets. Moins d'un an plus tard, alors qu'il a à peine 16 ans, il court déjà le 100 m en moins de 11 secondes (10 s 96).
En 2007, Christophe Lemaitre remporte le titre de champion de France cadet du 60 m, puis améliore le record de France cadet du 200 m (21 s 08). Sélectionné pour les championnats du monde jeunesse d'Ostrava, compétition réunissant les meilleurs athlètes internationaux de moins de dix-huit ans, il termine quatrième du 100 m et cinquième du 200 m.
Champion du monde junior (2008)
En 2008, il devient champion du monde junior du 200 m à Bydgoszcz en Pologne, rejoignant ainsi des noms aussi prestigieux que Jean Galfione (perche en 1990) ou Muriel Hurtis (200 m en 1998). Quelques semaines plus tard, il améliore son record personnel sur 100 m (10 s 26) en terminant deuxième des championnats de France, juste derrière Martial Mbandjock, premier en 10 s 06. Bien que n'ayant pas réussi les minima demandés par la Fédération française d'athlétisme, il intègre néanmoins grâce à cette performance l'équipe du relais 4 × 100 m lors des Jeux olympiques de Pékin, avant d'être contraint de déclarer forfait sur blessure.
Champion d'Europe junior et premiers records (2009)
En 2009, il participe à son premier meeting international, à Paris. Pour la 3e édition du meeting « Seat » à Bercy, le natif d'Annecy établit un nouveau record de France juniors du 60 m en 6 s 64 lors des séries, et termine 4e en finale (6 s 65) et ce, malgré un physique longiligne qui ne lui permet pas de déployer toute sa foulée sur de petites distances. Le 21 février 2009, il devient vice-champion de France du 60 m en salle à Liévin (6 s 71) derrière Emmanuel Ngom Priso, vainqueur en 6 s 63. Cette deuxième place lui octroie le droit de représenter la France aux championnats d'Europe en salle de Turin qui se déroulent au mois de mars. Il passe brillamment le premier tour en se classant deuxième en 6 s 71 derrière le controversé Dwain Chambers, et termine finalement septième de sa demi-finale en 6 s 72. Le 10 juillet, lors des championnats de France Jeunes à Bondoufle, il améliore une première fois son record personnel sur 100 m en 10 s 17 terminant largement en tête devant Romain Burel deuxième en 10 s 55. Le 24 juillet, il récidive lors des Championnats d'Europe junior de Novi Sad et remporte la finale du 100 m en 10 s 04 (vent favorable de 0,2 m/s), améliorant ainsi le précédent record d'Europe junior détenu par Dwain Chambers. Le Culozien réalise à cette occasion la 3e meilleure performance française de tous les temps à 5 centièmes de seconde du record de France de Ronald Pognon (9 s 99) ainsi que la 4e meilleure performance mondiale junior de tous les temps, à 3 centièmes de seconde du record du monde junior de Darrel Brown (10 s 01). Au bilan de l'année 2009, il termine à la 24e place mondiale.
Christophe Lemaitre est sélectionné en équipe de France A lors des Championnats du monde de Berlin, pour ce qui constitue sa première participation à une compétition internationale majeure au niveau senior. Aligné sur 100 m, il remporte sa série au premier tour en 10 s 24, mais est disqualifié en quart de finale pour deux faux-départs. Il participe par ailleurs à l'épreuve du relais 4 × 100 mètres et permet à la France de se qualifier pour la finale en terminant troisième de la première série en 38 s 59, soit le cinquième temps des équipes engagées. Le lendemain, le relais français, conclu par Lemaitre, termine huitième et dernier de la finale dans le temps de 39 s 21.
Le 28 septembre, Christophe Lemaitre est désigné « révélation de l'année » 2009 par l'Association européenne d'athlétisme (EAA) devant Ramil Guliyev, autre grand espoir européen.
Barrière des 10 secondes (2010)
Il ouvre sa saison 2010 par un record personnel sur 60 m en 6 s 62 et sur 200 m en 21 s 13 lors des championnats régionaux en salle disputés à Clermont-Ferrand. Il gagne par la suite le meeting de Val-de-Reuil en 6 s 63 et devient champion de France espoir le 13 février à Aubière. Il bat à cette occasion le record de France espoirs de Bruno Marie-Rose qui datait de 1987 (6 s 56) en s'imposant en 6 s 55. Le lendemain, il retranche 30 centièmes à son record personnel sur 200 m en salle pour le porter à 20 s 83. Le 28 février, il remporte le titre de champion de France élite, en 6 s 56 devant le recordman de France de la spécialité, Ronald Pognon deuxième en 6 s 61. Il termine la saison hivernale invaincu en s'imposant lors du 60 m de la réunion en salle de Liévin, le 5 mars, en 6 s 58, devant Harry Aikines-Aryeetey. Bien qu'ayant réalisé les minima pour les championnats du monde en salle de Doha, il décide de faire l'impasse sur cette compétition afin de se préparer pour les prochaines échéances estivales, notamment les championnats d'Europe du mois de juillet.