Christoph Blocher, né le 11 octobre 1940 à Schaffhouse (originaire de Meilen, Zurich et Schattenhalb), est un homme d'affaires et homme politique suisse, membre de l'Union démocratique du centre (UDC).
Conseiller national de 1979 à 2003 et conseiller fédéral de 2004 à 2007, il est l'un des acteurs marquants de la transformation de l'UDC en parti national-conservateur et de l'élargissement de sa base électorale.
Christoph Wolfram Blocher naît le 11 octobre 1940 à Schaffhouse. Fils d'un pasteur prénommé Wolfram et d'Ida, née Baur, il est le septième d'une famille de onze enfants de condition modeste. Il grandit dans la localité de Laufen am Rheinfall, dans le canton de Zurich.
Contre la volonté de son père, il effectue un apprentissage d'agriculteur et obtient son diplôme à l'école d'agriculture de Wülflingen. Il obtient ensuite sa maturité (de type scientifique) en 1963 et, influencé par son grand-oncle Eugen Blocher, étudie le droit à l'Université de Zurich, avec un passage à Montpellier et à Paris. Il obtient un DEA en droit puis étudie à la faculté de droit de l'Université de Zurich, en même temps que le socialiste Moritz Leuenberger. Il obtient son doctorat en 1971.
Il est marié à l'ex-institutrice du primaire Silvia Kaiser. Ils ont trois filles et un fils. Christoph Blocher vit à Herrliberg (canton de Zurich) sur la "Rive dorée" (en allemand Goldküste), quartiers résidentiels très prisés du bord du lac de Zurich. Il loue aussi à vie le château fortifié de Rhäzüns, propriété du groupe Ems-Chemie, dans les Grisons.
En 1983, le patron de l'entreprise Ems-Chemie meurt. En tant que nouveau gérant, Blocher conseille à la famille de Werner Oswald de vendre l'entreprise. Il conduit lui-même les négociations — une seule société se montre intéressée par le rachat de l'entreprise et elle entend supprimer plus de 800 emplois sur 1 100 — et présente rapidement un mystérieux acheteur. La famille vend finalement l'entreprise (pour une vingtaine de millions de francs suisses) à l'inconnu fortuné, qui se trouve être en réalité Christoph Blocher lui-même.
En 15 ans, il multiplie le bénéfice de l'entreprise par 80 et crée plus de 1 200 emplois, qui s'ajoutent aux 1 100 existants. Il déclare qu'il fallait prendre exemple sur les entrepreneurs d'Asie et particulièrement japonais, où la direction de l'entreprise vient du bas de la hiérarchie. En tant qu'homme d'affaires, sa stratégie consiste à démanteler des groupes, tels que le producteur d'aluminium Alusuisse, ou en prendre le contrôle par surprise, ce qui lui permet d'empocher des milliards d'euros.
Il vend en 2003 les actions de l'entreprise à ses quatre enfants. Sa fille aînée, Magdalena Martullo-Blocher, en reprend la direction. Le magazine Bilanz estime la fortune de la famille Blocher à un montant situé entre dix et onze milliards de francs suisses, ce qui la situe parmi les dix familles les plus riches de Suisse.
Christophe Blocher devient député au Parlement en 1979.
Christoph Blocher est connu pour ses prises de positions pour l'indépendance de la Suisse et contre le rapprochement avec l'Union européenne. Il est associé à la victoire des anti-européens lors du référendum populaire de 1992.
Il commence sa carrière politique en adhérant au Redressement national (RN), mouvement créé dans l'immédiat après-guerre qui regroupe à la fois certaines figures notoires de l'extrême droite et des figures plus modérés à l'image de Samuel Schmid. Il en devient l'un des membres du comité. En 1984, ce comité part en campagne contre le nouveau droit matrimonial, qui introduit l'égalité dans le couple entre le mari et son épouse, passant outre au vote majoritaire des membres du RN en faveur de la loi. Il s'engage également contre la dépénalisation de l'avortement et l’assurance maternité, affirmant qu'il s'agit d'une forme de nazisme.
Fondateur de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) en 1986, il refuse tout rapprochement avec l'Union européenne (UE) et s'oppose à l'envoi de militaires suisses à l'étranger. Son ascension politique commence véritablement avec sa victoire lors du refus populaire de l'adhésion de la Suisse à l'Espace économique européen, le 6 décembre 1992. Il s'oppose cependant sans succès à l'entrée de la Suisse à l'Organisation des Nations unies en 2002. Il préside l'ASIN jusqu'en 2003.
Christoph Blocher siège au Conseil national de 1979 à son élection au Conseil fédéral en 2003. Son parti, l'Union démocratique du centre (UDC), devient le premier du pays en 1999, dépassant légèrement le Parti socialiste suisse (PSS). Il consolide cette place lors des élections du 23 octobre 2003 en obtenant 55 mandats au Conseil national (chambre basse du parlement) et 8 au Conseil des États (chambre haute).
Il dénonce les conclusions de la Commission Bergier sur l'attitude des autorités suisses pendant la Seconde guerre mondiale et mène campagne contre « le chantage des Juifs pour de l'argent » au sujet de l’affaire des fonds ayant appartenu à des Juifs disparus dans l'holocauste.
Proposant un programme socialement conservateur et mêlant des éléments de l'économie libérale au protectionnisme, il est considéré comme populiste par la majorité des médias. Il se prononce en faveur d'une privatisation de l'assurance-vieillesse et survivants (AVS) avant de se rétracter en raison des réticences de son électorat. Il prône une politique appelant à la protection des intérêts et des traditions suisses et au durcissement de la politique d'immigration et d'asile, afin dit-il de « protéger l'indépendance, la prospérité et la réputation du pays ainsi que la sécurité de la population »[réf. nécessaire].
Élection au Conseil fédéral en 2003
Il est élu au Conseil fédéral le 10 décembre 2003 à la place de Ruth Metzler-Arnold, candidate officielle du Parti démocrate-chrétien (PDC) et y siège à partir du 1er janvier 2004. Il est le 107e conseiller fédéral de l'histoire et prend la direction du Département fédéral de justice et police. À ce poste, il décide notamment la fusion de l'Office fédéral de l'immigration, émigration et intégration (IMES) avec celui des réfugiés (ODR), ce qui donne naissance à l'Office fédéral des migrations (ODM, aujourd'hui Secrétariat d'État aux migrations).
Entre 2006 et 2011, l'affaire Roschacher (du nom du procureur général de la Confédération de l'époque, Valentin Roschacher) crée des remous, en particulier quelques semaines avant les élections fédérales de 2007.