Ce Jour-là

Christianisme

Religion monothéiste abrahamique fondée sur l'enseignement, la personne et la vie de Jésus-Christ

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Le christianisme est une religion originaire du Proche-Orient, fondée sur l'enseignement, la personne et la vie de Jésus de Nazareth, tels qu'interprétés à partir du Nouveau Testament. Il s'agit d'une religion du salut considérant Jésus-Christ comme le Messie annoncé par les prophètes de l'Ancien Testament. La foi en la résurrection de Jésus est au cœur du christianisme car elle signifie le début d'un espoir d'éternité libéré du mal et de la souffrance.

Les premières communautés chrétiennes naissent au Ier siècle en Terre sainte et dans les grandes villes de la diaspora juive telles que Rome, Éphèse, Antioche et Alexandrie. Le christianisme se développe à partir du IIe siècle dans l'Empire romain, dont il devient la religion officielle à la fin du IVe siècle, mais aussi en Perse, en Inde et en Éthiopie. Au Moyen Âge, le christianisme devient majoritaire en Europe, tandis qu'il s'amenuise face à l'islam au Proche-Orient. Il est devenu la religion la plus importante de la planète en raison de son expansion en Amérique à partir du XVIe siècle et en Afrique depuis le XXe siècle. Il est actuellement présent dans tous les pays. En 2021, le nombre total de chrétiens dans le monde est évalué à 2,546 milliards, ce qui en fait la religion comptant le plus de fidèles, devant l'islam (avec 1,926 milliard de musulmans) et l'hindouisme (avec 1,074 milliard d'hindous).

Les Églises chrétiennes sont regroupées en différentes branches, dont les principales sont le catholicisme, le christianisme orthodoxe et le protestantisme (avec sa branche évangélique) représentant respectivement 51 %, 11 % et 37 % du total des chrétiens en 2017.

Le nom « christianisme » vient du mot grec Χριστός, Khristós, qui traduit l'hébreu Messie, מָשִׁיחַ - mashia'h (« celui qui a reçu l'onction »). Ce mot, originellement appliqué à différents personnages de la Bible (prophètes et rois), désigne dans le judaïsme tardif un personnage, issu de la ligne du roi David, qui viendra à la fin des temps apporter une ère de paix et de bonheur éternel. Le nom de Jésus-Christ a été donné par les chrétiens à Jésus, qu'ils considèrent comme étant le Messie prophétisé dans l'Ancien Testament.

Le mot Χριστιανός (Khristianós, chrétien) n'est pas utilisé par les Évangiles pour désigner les disciples de Jésus. Les Actes des Apôtres (11:26) indiquent que le nom de « chrétien », dérivé de « Christ », signifiant « partisan du Christ », fut attribué aux disciples de Jésus de Nazareth à Antioche, en Syrie antique, qui était à l'époque une ville de langue grecque. Les chrétiens ont rapidement adopté cette désignation pour eux-mêmes (Actes 26:28 ; 1 Pierre 4:16).

L'emploi le plus ancien du terme Χρῑστῐᾱνισμός (Khrīstiānismós, christianisme) se trouve dans la lettre de l'évêque syrien Ignace d'Antioche aux Magnésiens à la fin du Ier siècle.

Le christianisme regroupe différents courants de théologie chrétienne, dont les principaux sont conservateur fondamentaliste ou modéré, libéral et progressiste.

Le fondement historique du christianisme est la foi en Jésus-Christ, Messie et Fils de Dieu, sa crucifixion et résurrection, ce qui est appelé kérygme. La résurrection est pour les premiers chrétiens le « signe indubitable » de la divinité du Christ. Le christianisme est ainsi la religion de ceux qui croient en la divinité de Jésus, le Christ. La crucifixion et la résurrection montrent « la triomphante victoire sur les pouvoirs du mal ». La résurrection du Christ symbolise l'idée que l'homme peut faire confiance au Bien, s'engager pour le Bien : « Le Seigneur est venu dans le monde (…) afin de détruire la tyrannie du mal et de libérer les hommes. (…) Par la mort, Il a détruit la mort, et réduit à rien celui qui avait le pouvoir de tuer ». La Résurrection signifie aussi que Jésus continue de vivre avec ses disciples qui, par la foi, vivent de sa présence.

Le plus ancien témoignage écrit du kérygme, le noyau de la foi chrétienne, se trouve exprimé dans la Première épître aux Corinthiens, ch. 15 : « Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, il est apparu à Céphas puis aux douze ».

Des professions de foi (ou credo) sont venues préciser la foi chrétienne, la principale étant le symbole de Nicée-Constantinople. Ces professions de foi sont divisées en quatre parties. La première confirme la doctrine monothéiste du christianisme en stipulant qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui est aussi le Créateur. La seconde partie énonce que Jésus-Christ est le fils unique de Dieu et qu'il a souffert, est mort, a été enseveli et est ressuscité avant de monter au ciel afin de juger les vivants et les morts. L'expression de fils relève de la continuité de la tradition biblique, mais les chrétiens proclament que c'est Dieu qui se révèle de façon unique en son fils Jésus-Christ. La troisième partie des professions de foi dit que l'Esprit saint, puissance agissante de Dieu, anime et sanctifie l’Église et, finalement, la quatrième partie énonce que Jésus-Christ a institué une Église sur Terre.

Nouvelle lecture de l'Ancien Testament

À la Bible hébraïque, qui correspond à ce que les chrétiens nomment l'Ancien Testament, les premiers siècles du christianisme ont adjoint le Nouveau Testament ; réunis, ces deux textes constituent la Bible chrétienne, qui présente quelques variantes selon les confessions, notamment les Livres deutérocanoniques. Le canon du Nouveau Testament est composé de 27 écrits : les quatre évangiles canoniques, les Actes des Apôtres, les épîtres de plusieurs apôtres aux premières communautés chrétiennes et l'Apocalypse ; il exclut de nombreux textes chrétiens apocryphes, parmi lesquels une douzaine d’évangiles. Il rejette en particulier celui de Thomas, qualifié de gnostique.

Dès le Ier siècle, le concile de Jérusalem dut se prononcer sur la continuité de la nouvelle foi avec la Torah. Les chrétiens précisent que le Nouveau Testament ne vient pas remplacer l'« Ancien » mais l'accomplir.

Marcion, vers 140, rejeta la présence de l'Ancien Testament dans le canon chrétien. Le marcionisme distingue le Dieu créateur de l'Ancien Testament du Dieu d'amour des écrits pauliniens. Ces idées furent condamnées par le presbyterium romain présidé par l'évêque Anicet en 144. La doctrine de Marcion resta cependant largement répandue dans tout le bassin méditerranéen pendant environ deux siècles. Elle laissera des traces dans les mentalités jusqu'à nos jours.

Irénée de Lyon affirme à la même époque que la Loi a été abrégée et non abrogée. Il bâtit une théologie de l'Histoire qui donne un sens à celle-ci, déterminé par le plan de Dieu, de la création à l'Incarnation et dans l'attente du retour du Christ.

L'inculturation du christianisme dans la civilisation gréco-romaine est l'œuvre des Pères de l'Église vers la fin du IVe siècle. Nés pour la plupart dans des familles chrétiennes de l'élite locale, ils effectuent un travail de réappropriation de la Bible hébraïque, dont les citations abondent dans leurs ouvrages, associée à la philosophie grecque.

Révélation de Dieu comme amour

« Dieu est l'Amour et rien d'autre ». Pour Hans Urs von Balthasar, cet énoncé constitue le cœur du discours chrétien sur Dieu : « Dieu interprété comme amour : en cela consiste l'idée chrétienne ». « En envoyant (…) son Fils unique et l'Esprit d'amour, Dieu révèle son secret le plus intime : il est Lui-même éternellement échange d'amour ». Benoît XVI ajoute : « "Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui" (1 Jn 4:16). Ces paroles de la Première lettre de saint Jean expriment avec une particulière clarté ce qui fait le centre de la foi chrétienne : l'image chrétienne de Dieu, ainsi que l'image de l'homme et de son chemin, qui en découle ».

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