Evelyn Meyer dite Christiane Delyne ou Crystiane Delyne, née le 3 septembre 1902 à Philadelphie (Pennsylvanie) et morte le 17 avril 1960 dans le 15e arrondissement de Paris, est une actrice et décoratrice de théâtre française née aux États-Unis.
Evelyn Meyer naît en 1902 à Philadelphie, dernière de cinq filles nées de parents d'origine française. Son père, Georges Guillaume Meyer, né à Paris en 1856, a émigré aux États-Unis avec ses parents et ses frères vers 1870 ; sa mère, Eugenie Charve, est née à New York en 1865 d'un couple français. Tous deux se sont mariés à Manhattan en 1883. La famille s'établit à Yonkers vers 1905.
Dans les années 1930, Evelyn Meyer réside 62, rue des Vignes, avec plusieurs veuves présentées comme ses « tantes ». Vers 1938, elle s'établit au 21, boulevard Flandrin où elle vit jusqu'à sa mort.
Durant la carrière de l'actrice, la presse relaie à son sujet des rumeurs de mariage avec Raymond Cordy et Bernard Lancret, mais sur son acte de décès, Evelyn Meyer est dite célibataire et rien n'est mentionné au sujet de ces unions.
Arrivée vers l'âge de 10 ans à Paris, Evelyn Meyer y étudie le dessin et s'intéresse très tôt au cinéma, allant le jeudi voir des films, notamment ceux de Léon Mathot qu'elle adore. Elle sort diplômée d'une école située rue des Bons-Enfants et commence à travailler en décorant des abats-jours.
Son nom de scène, Christiane Delyne, apparaît dans la presse en 1920, tandis que la jeune femme joue au théâtre de la Renaissance dans une comédie de Jacques Richepin. Elle passe au cinéma en 1930 et, durant toute la décennie, joue principalement des rôles de vamp, de demi-mondaine ou de jolie Américaine, dans près de 40 longs métrages, notamment sous la direction de René Guissart, Henry Roussel ou Christian-Jaque.
En 1938, elle amorce un changement dans sa carrière avec un rôle dramatique dans La Belle Revanche de Paul Mesnier. Mais l'année suivante, près de Saulieu, au retour d'un séjour chez Maurice Chevalier en Provence, elle est victime d'un accident au volant de sa voiture, survenu en voulant éviter un cycliste. Par hasard, la comédienne Pepa Bonafé qui passait par là découvre le véhicule accidenté. Rapatriée à Paris, Christiane Delyne est opérée d'une blessure à la tête le lendemain.
Pendant la guerre, elle ne tourne dans aucun film, ne passe dans aucune émission de radio, se bornant à jouer dans des spectacles modestes en zone sud. À partir de janvier 1943, elle fait partie d'un réseau de renseignements de la Résistance. À ce titre, elle fréquente les journalistes collaborationnistes Alain Laubreaux et Jean Luchaire, auquel elle subtilise une serviette contenant des documents importants. À la Libération, elle s'engage un temps comme conductrice de camions, puis part en tournée au Moyen-Orient. À la fin de la guerre, elle est accusée d'avoir été la maîtresse d'Adolf Hitler par deux acteurs avec lesquels elle a eu autrefois un différend professionnel. Ils arguent qu'elle aurait exposé chez elle une photographie dédicacée et sans équivoque du dictateur. Elle réussit facilement à prouver son innocence devant la commission d'épuration, en faisant témoigner d'autres comédiens qui réfutent la présence d'un tel portrait.
En 1951, Christiane Delyne et Bernard Lancret montant une troupe de théâtre, qui compte notamment Paul Vandenberghe, et organisent une tournée de plusieurs mois en France, en Belgique, puis au Maghreb et au Moyen-Orient. Parmi les pièces au répertoire figurent N’écoutez pas, mesdames ! de Sacha Guitry, La Rage au cœur et Quand le chat n'est pas là de Paul Vendenberghe, La Course à l'étoile de Louis Verneuil, Barberine d'Alfred de Musset, ou encore Le Souper blanc d'Edmond Rostand.
Les années suivantes, Christiane Delyne se produit encore dans quelques films et pièces de théâtre, et travaille comme décoratrice de théâtre sous son vrai nom.
Elle meurt à l'hôpital Necker à l'âge de 57 ans, « des suites d'une longue et douloureuse maladie ». Elle est inhumée au cimetière parisien de Bagneux (division 79).
Dans les années 1930, la jeune Lucienne Delache, dont Christiane Delyne était l'actrice préférée, commence sa carrière de chanteuse sous le nom de Lucienne Delyne, avant d'opter pour le nom de scène Lucienne Delyle, remplaçant le « n » de Delyne par un « l ».
1920 : La Matrone d'Éphèse de Jacques Richepin, théâtre de la Renaissance : Nausicaa
1921 : Quand le diable y serait de Rip et Régis Gignoux, mise en scène de Robert Clermont, théâtre Michel : la petite fille (22 avril)
1923 : La Vagabonde de Léopold Marchand d'après Colette, théâtre de la Renaissance : Régine (20 février)
1928 : Sur mon beau navire de Jean Sarment, théâtre de la Michodière : mademoiselle Couvreux-Lecouvreur
1929 : Le Sexe faible d'Édouard Bourdet, théâtre de la Michodière : Dorothy
1932 : Avril de Georges Berr et Louis Verneuil, théâtre des Variétés : Nadine Bille (27 septembre)