Ce Jour-là

Christian de Portzamparc

Architecte français

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Christian de Portzamparc, né Christian Hubert Marie Urvoy de Portzamparc le 9 mai 1944 à Casablanca au Maroc, est un architecte, urbaniste, artiste et auteur français diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris en 1969. Il crée son agence, l’Atelier Christian de Portzamparc, en 1980.

En 1994, il est le premier Français à recevoir le prix Pritzker. Il reçoit en 2004 le grand prix de l'urbanisme.

En 2010, les agences d’Elizabeth de Portzamparc, architecte franco-brésilienne, et de Christian de Portzamparc mutualisent leurs moyens, chaque concepteur gardant son équipe et sa spécificité. Basés à Paris, ils construisent dans le monde entier, entourés d’une équipe de plus de 100 personnes, travaillant avec des partenaires sur une grande variété de projets de dimension internationale.

Son enfance est liée aux différentes affectations de son père, Maurice, ingénieur et officier dans l'Armée : Casablanca au Maroc, camp militaire de Coëtquidan, Landau en Allemagne.

Il épouse l'architecte brésilienne Elizabeth Jardim Neves en 1982 avec laquelle il a deux fils.

Ancien élève du lycée Saint-Vincent de Rennes, Christian de Portzamparc a étudié aux Beaux-Arts de 1962 à 1969, notamment dans l'atelier d'Eugène Beaudouin. La découverte des croquis de Le Corbusier l'a poussé à s'orienter vers une spécialisation en architecture. Il s'est toutefois écarté dès cette époque de l'architecture moderniste inspirée des théories de Le Corbusier, estimant qu'on ne pouvait pas, à Paris, faire table rase du passé.

Christian de Portzamparc publie en 2003 Voir écrire, un livre d'entretiens avec l'écrivain Philippe Sollers.

Christian de Portzamparc est aussi le premier titulaire de la chaire de « création artistique » au Collège de France. Il a donné sa leçon inaugurale le 2 février 2006 sur le sujet :

« Architecture : figures du monde, figures du temps ».

Cette notion de transformation urbaine à partir des vides habités le conduit à une recherche sur l'îlot, sur l'échelle d’une sorte de micro-urbanisme, avec la conviction que pour agir sur la question urbaine il fallait repartir de cette dimension intermédiaire entre le quartier et l'immeuble. Il appellera cette vision renouvelée « îlot ouvert » dans les années 1980. Son travail se développe parallèlement sur trois thèmes majeurs : les bâtiments singuliers, les quartiers, et enfin les tours, avec leur dimension verticale et sculpturale.

Après sa première expérience de « signal vertical » pour le Château d'eau à Noisiel, Marne-la-Vallée, Christian de Portzamparc poursuit ses recherches sculpturales sur le thème de la verticalité, de la présence des tours dans la ville. Il conçoit en 1995 un projet de Tour à New York pour le siège de LVMH aux États-Unis. Situé sur la 57e rue, entre la 5e avenue et Madison Avenue, la tour LVMH (en) a été inaugurée le 8 décembre 1999 en présence de personnalités telles qu'Hillary Clinton. Ce bâtiment se distingue des façades lisses de Manhattan grâce à ses trajectoires fuyantes, ses lignes brisées, ses courbes et ses reliefs. Il a été longtemps considéré comme l’une des premières créations artistiques dans le ciel de Manhattan depuis longtemps. Le haut de la Tour est occupé par une salle ouverte à 360 degrés, baptisée magic room. En utilisant du verre sablé de différentes tonalités, Christian de Portzamparc a résolu un problème majeur : la luminosité. En effet, la tour de 24 étages doit faire face à l’immense immeuble d’IBM situé de l’autre côté de la rue.

Christian de Portzamparc est le premier architecte français à recevoir le Pritzker Architecture Prize en 1994, à l'âge de cinquante ans. En 2006, le Collège de France qui s’est doté d'une 53e chaire dite « de création artistique » a fait appel à Christian de Portzamparc pour être son premier titulaire.

De 2008 à 2009, Christian de Portzamparc est à la tête d'une équipe pluridisciplinaire avec laquelle il participe à la consultation sur le Grand-Paris lancée par le président de la République Nicolas Sarkozy et intitulée « Le Grand Pari(s) de l'agglomération parisienne ». Il y défend une conception « rhizomatique » de la métropole, où les territoires se relient par leurs fonctions complémentaires mais sans que cette continuité soit toujours clairement apparente.

En 2010, il est chargé par le gouvernement de Bruxelles des nouveaux développements du quartier des institutions européennes autour du Berlaymont, siège de la Commission européenne.

En novembre 2019, Christian de Portzamparc inaugure sa première exposition en collaboration avec la Galerie Kamel Mennour « Illuminations » du 28 novembre 2019 au 18 janvier 2020. Il y expose pour la première fois son œuvre picturale.

Par-delà la ville traditionnelle et les grands ensembles : l'îlot ouvert

L'une des premières illustrations de ses idées est l'ensemble de logements sociaux des Hautes-Formes, dans le 13e arrondissement de Paris. Alors que deux tours devaient être construites sur cet emplacement, l'abandon de la construction d'immeubles de grande hauteur dans Paris en 1974 modifie le projet. Christian de Portzamparc décide de tracer une rue à travers le nouveau quartier et de le doter d'une petite place centrale. Il crée une série d'immeubles de taille variée, moins élevés au sud-ouest afin de faciliter l'entrée du soleil. Les ouvertures sont soignées et le plan unique est rejeté au profit de plusieurs modèles différents d'appartements suivant la position dans l'ensemble de bâtiments. Cet ensemble de logements marque la fin de l'architecture uniformisée de l'opération Italie 13.

Après cette première expérience, Portzamparc formalise peu à peu le concept de l’îlot ouvert au cours des années 1980 puis conceptualise une théorie de la ville qu'il appelle l'« âge III » (urbanisation aux formes asymétriques non figées, bâtiments autonomes et non identiques autour d’une rue traditionnelle), s'opposant à l'« âge I », celui de la ville traditionnelle qui se compose autour de la rue fermée sur laquelle s'alignent des bâtiments mitoyens (le bloc haussmannien correspond à ce type d'îlot fermé) et de l'« âge II », ville de l'après-guerre jusqu'aux années 1970 issue du Mouvement moderne (bâtiments autonomes dans un plan libre sans îlot qui se décompose en réseaux et zones de fonctions).

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