Christian Louboutin, né le 7 janvier 1964 à Paris, est un créateur français de chaussures et de sacs à main de luxe.
Issu de la génération du Palace des années 1980, lorsque, encore mineur, il côtoie ceux qui sont ou deviendront des personnalités de la culture, de la mode, de la musique, ou des médias, ce sont surtout ses premières expériences aux Folies Bergère, puis chez les chausseurs Charles Jourdan et Roger Vivier qui transformeront son intérêt pour les chaussures de femmes en métier ; il fonde, à l'âge de 27 ans, la marque qui porte son nom. Aujourd'hui, avec plus d'une centaine de points de vente à son nom dans le monde, et une omniprésence de ses créations dans les médias liés à la mode, Christian Louboutin est internationalement connu pour ses chaussures à la semelle rouge.
Christian Louboutin est né à l'Hôpital de la Salpêtrière de parents bretons : son père est ébéniste et sa mère femme au foyer s'occupe des quatre enfants. Les trois filles sont âgées de 16, 14 et 12 ans de plus que leur benjamin Christian. Dans un entretien qu'il a donné au magazine Gala en avril 2017, Christian Louboutin revient sur ses origines et déclare que sa sœur lui apprend, à l'âge de 53 ans, la vérité au sujet de son père : « vers 9 ans, je pensais que j'étais un enfant adopté, car j'étais beaucoup plus foncé que mes sœurs, blondes aux yeux bleus. Mon vrai père est égyptien. Je suis le fils de l'amant de ma mère. » Il s'agit d'un Copte égyptien prénommé Samir. Sa sœur a 14 ans à l’époque, elle comprend, mais elle ne dit rien.
Le jeune métis, âgé d'une douzaine d'années, amateur de théâtres qu'il fréquente gratuitement après l'entracte, assiste à de nombreuses secondes parties de spectacles. Il se met à dessiner des souliers. Non loin de l'appartement familial situé 43 rue de Fécamp, la vision au musée des Arts d'Afrique et d'Océanie d'un panneau interdisant le port de talons aiguille pouvant rayer le parquet devient l'élément « fondateur » de sa future carrière ; il se met à dessiner et redessiner cette chaussure aperçue sur le panneau. Plus tard, l'artiste reconnaitra que c'est son père adoptif, ébéniste de profession, qui lui a donné le goût des détails : « Dans mon travail, je me rends compte aujourd’hui de l’importance et de l’influence de mon père. Il m’a appris à regarder les objets. »
Bon élève jusqu'à dix ans, il abandonne par la suite ses études au lycée Paul-Valéry, part en Inde. Il souhaite faire une école de dessin, qui sera sans succès : trimestre après trimestre, le nombre de ses absences grandit.
Christian Louboutin réalise son premier prototype d'escarpin en peau de maquereau. Il s'invente un stage aux Folies Bergère, établissement qu'il avait fréquenté plus jeune avec ses parents : vivant d'aides et de petits boulots, il essaie de vendre ses créations aux danseuses qu'il « adore » et précise y avoir appris son métier. « Assez soupe au lait », comme il se définit, il quitte les Folies Bergère sur un coup de tête. La Main bleue à Montreuil, Le Sept, puis surtout Le Palace occupent alors ses nuits pendant quelques années. Mineur, protégé de Fabrice Emaer, il entre au Palace grâce à Paquita Paquin : plus tard, il dira de lui qu'il s'y montre tel un « acteur ». Il côtoie là, entre autres, Helmut Berger ou Thierry Ardisson par exemple, mais surtout Farida Khelfa, qui vivait avec lui chez ses parents, Eva Ionesco, Vincent Darré, Arielle Dombasle, la famille Putman, etc. Il apparaît à la même époque dans le film La Nuit porte-jarretelles, avec certains de ses complices du Palace.
Christian Louboutin parcourt alors le Bottin, appelle plusieurs maisons de couture et, en 1982, après la première fermeture du Palace, à l'initiative d'Hélène de Mortemart, qui travaille chez Dior et à qui il présente ses dessins, il quitte Paris pour Romans-sur-Isère, « capitale française de la chaussure ». Il effectue là un stage chez Charles Jourdan, l'inventeur du talon aiguille, pendant une année. Le stage se passe mal, il « ne trouve pas sa place » : Parisien « gâté » et « loufoque » comme il le précise lui-même, protégé de l'entreprise Dior et, partant, « pistonné », il n'est pas accepté à l'usine de Jourdan ; celle-ci, par ailleurs, emploie très rarement des stagiaires. Malgré tout, il y apprend la technique de la création et le métier de modéliste. Par la suite, il travaille plusieurs années en free lance pour de grands noms de la mode comme Hervé Léger, Chanel, ou Maud Frizon en Italie. Il alterne ses activités professionnelles avec des séjours en Inde. Puis, Christian Louboutin entre chez Roger Vivier alors âgé de 80 ans.
« En 1988, je suis devenu son assistant personnel pour orchestrer son exposition au musée des Arts de la mode. Il est devenu mon mentor. Il représentait l’incarnation du Parisien élégant et distingué, courtois […]. Pendant six mois, à ses côtés, j’ai mis ma création entre parenthèses. » À l'issue de sa mission auprès de Roger Vivier, Christian Louboutin abandonne le domaine de la chaussure pour devenir paysagiste et consultant amateur pour ses amis propriétaires de jardins ou terrasses : « À travers le jardin, j’avais un regard sur les couleurs, les mélanges de matières, sur les rapports de brillance et de matité ». Cette activité fait partie intégrante de sa vie, que ce soit par ses liens avec la designer Olivia Putman ou le paysagiste Louis Benech.
Fin 1991, il lance la marque qui porte son nom avec ses deux associés et amis que sont Henri Seydoux et Bruno Chambelland. Il a déjà des milliers de croquis, il trouve une usine pour la fabrication. Sa première boutique ouvre dans le 1er arrondissement, rue Jean-Jacques-Rousseau le 21 novembre 1991, dans un local qu'il a trouvé quelque temps avant par hasard. Deux autres boutiques seront ouvertes à Paris les années suivantes. Caroline de Monaco passe dans la boutique quelque temps après l'ouverture ; une journaliste de W, Heidi Lender, également présente, écrit quelques mots sur le chausseur dans les colonnes du magazine américain de mode. Quelque temps après, à la suite de sa visite rapide de la boutique, Anna Wintour fait publier deux articles dans l'édition américaine du magazine Vogue ; après des débuts difficiles, vendant peu de chaussures, le succès est enfin au rendez vous : les acheteurs d'enseignes prestigieuses américaines se précipitent à Paris. Louboutin ouvre son premier magasin à New York deux ans plus tard, suivi d’un second quelques années plus tard.
Dès 1995 et durant les années qui vont suivre, il est le chausseur des défilés de créateurs tels Jean Paul Gaultier, Azzaro, Diane von Fürstenberg, Givenchy, Lanvin, Roland Mouret, Alexandre Vauthier, ou encore la maison Chloé. Parmi ces nombreux défilés, celui de janvier 2002, avec la maison de haute couture Yves Saint Laurent pour les « adieux » du couturier, au centre Georges-Pompidou voit la création de la marque éphémère « Christian Louboutin for Yves Saint Laurent Haute Couture 1962-2002 ». Il lance une collection de sacs à main.
Il collabore avec David Lynch pour l'exposition « Fetish » à Galerie du Passage - Pierre Passebon où sont exposés des photographies et des paires de souliers en exemplaire unique ; les pièces exposées (dont des « souliers de ballet ») sont une vue d'artiste et ne sont pas destinées à être portées. Le site internet officiel est créé en 2009. En septembre de la même année, Christian Louboutin associé au bottier Fred Rolland, ouvre une cordonnerie, à l'enseigne Minuit moins 7, galerie Véro-Dodat à Paris. Une web-série de sept épisodes intitulée Le Carrosse noir est produite par le créateur de souliers ; on y voit apparaître entre autres Arielle Dombasle, Dita von Teese, Elisa Sednaoui sa filleule, Farida Khelfa, ainsi que Mika. Durant le second semestre 2011, Christian Louboutin ouvre galerie Véro-Dodat en face de sa première boutique, son 45e magasin de chaussures, mais la première exclusivement pour hommes. On y trouve des sneakers, des mocassins, ou plus rarement des modèles classiques, toujours avec la semelle rouge qui fait sa renommée. La marque compte déjà, depuis plus d'une décennie, de nombreux clients célèbres, comme Carla Bruni-Sarkozy, son amie Dita von Teese ou Blake Lively, Uma Thurman, Christina Aguilera, ou encore Mika.